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    Régions

    Fès: Restauration ratée pour la place Lalla Yeddouna?

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    Le Roi appelle à «une restauration à l’identique des anciennes médinas»
    Matériaux originaux de construction, histoire du patrimoine, respect de la civilisation… en priorité
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    Un rappel à l’ordre pour les responsables des projets de restauration des médinas. Désormais, la réhabilitation des tissus anciens doit se faire à l’identique, en respectant les matériaux originaux de construction. Car la restauration n’est pas exclusivement une affaire d’innovation et d’esthétique (Ph. YSA)

    Rénovation trop moderne pour la place Lalla Yeddouna à Fès. Cet endroit historique situé au cœur d’un tissu urbanistique ancien était censé, après travaux, garder son aspect historique et ancestral, surtout qu’il est classé patrimoine mondial de l’Unesco. Une situation qui ne devrait plus se reproduire pour aucune médina.

    Désormais, les travaux de rénovation de toutes les médinas devront répondre à ces exigences, indique l’Intérieur. L’objectif est d’harmoniser l’approche d’intervention avec la vision du Roi, qui a précisé lors de sa visite à Fès, lundi dernier, que la restauration des bâtiments doit être conforme à certaines conditions. Cela concerne les caractéristiques architecturales et matériaux originels.

    Pour rappel, la rénovation du complexe artisanal et d’animation place Lalla Yeddouna a pris 6 ans de retard et à coûté 333 millions de DH, au lieu des 192 millions de DH prévus initialement. Décryptage.

    Le projet exécuté avec… 6 ans de retard
    Pour rappel, la place Lalla Yeddouna et ses alentours constituent le cœur pour les activités artisanales traditionnelles, principalement la tannerie et la dinanderie. La restauration de cette place devait démarrer en avril 2011 et s’achever en septembre 2013 (date d’expiration du Compact MCA-Maroc). Mais, finalement les travaux n’ont démarré qu’en 2012 pour prendre fin en 2019, enregistrant ainsi plus de 6 ans de retard. A noter que la réhabilitation de Lalla Yeddouna intervient dans l’exécution du Compact MCA-Maroc, doté de 697,5 millions de dollars, signé entre les gouvernements du Maroc et des Etats-Unis à travers le MCC, le 31 août 2007. Par ailleurs, le budget initial qui était de l’ordre de 192 millions de DH a été largement dépassé pour atteindre les 333 millions de DH. Le gouvernement marocain y a contribué à hauteur de 228 millions de DH, et le MCA a mobilisé 105 millions de DH. Le tout pour créer quelque 500 emplois dans les métiers d’artisanat.

    ■ Modernité vs authenticité  
    Techniquement, les travaux ont consisté en l’aménagement de la rivière Oued El Jawahir et des espaces extérieurs, la restauration du pont historique de Bin Lamdoune, ainsi que la réhabilitation de 11 bâtiments traditionnels et la construction de 7 nouveaux bâtiments. Et ce sont ces bâtiments qui sont à l’origine des nouvelles directives. Outre une architecture très moderne et des couleurs très osées, les reproches concernent l’utilisation de matériaux qui ne correspondent pas à l’aspect traditionnel, architectural, civilisationnel et historique de la vieille cité.
    A titre d’exemple, la galerie d’exposition, sise au milieu de la place Lalla Yeddouna, est construite en fer découpé à l’aide de machine CNC, au lieu d’un fer forgé d’artisanat. Pourtant, le lieu est supposé être le cœur de l’artisanat fassi. Pour les nouveaux bâtiments, le «béton-immeuble» fait office d’accueil tout au long d’Oued El Jawahir. A l’intérieur, on découvre des zelliges avec des couleurs vert, violet, jaune, bleu… où il est difficile de ressortir le vrai cachet de Fès, la ville ancestrale de la culture arabo-musulmane et andalouse. Pour la peinture, le projet a retenu le Tadellakt en dépit d’un vrai travail d’artisanat recherché mais surtout authentique.

    ■ Une réunion d’urgence chapeautée par l’Intérieur
    A l’issue de la visite royale, une réunion d’urgence a été tenue, le 16 avril, à Rabat. La rencontre a réuni le Comité central de pilotage des programmes de réhabilitation et de mise en valeur des médinas de Rabat, Salé, Fès, Meknès, Marrakech, Essaouira, Tétouan et Casablanca. Ont pris part à cette réunion plusieurs ministres, secrétaires généraux, walis et gouverneurs.
    Le mot d’ordre: mener une réhabilitation conforme aux aspects des tissus anciens. «Cette réunion intervient dans le sillage des hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, qui a souligné lors de sa visite à Fès que la restauration des bâtiments doit être conforme à certaines conditions, notamment les caractéristiques architecturales et l’utilisation des matériaux originaux de construction, de manière à les restaurer dans des conditions identiques à leur état d’origine, sans altération aucune et sans sortir du cadre général des villes», a déclaré Abdelouafi Laftit. «La rencontre d’aujourd’hui vise en effet à clarifier cette vision», a ajouté le ministre de l’Intérieur, notant que «les travaux de restauration de toutes les médinas doivent répondre à cette démarche».

                                                                            

    Une bonne note pour Hammam Seffarine

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    Restauration réussie pour Hammam Seffarine. Celui-ci aurait séduit au plus haut niveau. Normal puisque sa réhabilitation a été confiée à Rachid El Haloui, un ancien architecte en chef de la ville. Lequel avait également réussi la remise en état du mausolée de Moulay Idriss ainsi que d’autres sites ancestraux.

    S’agissant de la place Lalla Yeddouna, un concours international d’architecture avait été lancé. Et c’est le projet gagnant qui a retenu la construction de nouveaux bâtiments très modernes et très esthétiques, mais pas authentiques. Sur les 18 bâtiments que compte ce complexe, un seul était encore inachevé. Il devrait être livré vers fin avril.

    «Le retard enregistré est dû à des trouvailles archéologiques», a indiqué Fouad Serghini, directeur de l’Ader-Fès qui assure la maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation de la médina de Fès (Meknès aussi). Signalons par ailleurs que la place Lalla Yeddouna est dotée d’un Centre de patrimoine et d’information «Fès: Heritage Center».

    Nécessitant une enveloppe de 500.000 DH, cet espace vise à communiquer et sensibiliser le grand public quant à l’importance et à la valeur patrimoniale de la médina de Fès ainsi que les opérations de réhabilitation dont elle bénéficie.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

     

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