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    Economie

    SIAM/Oléiculture: Tolérance zéro pour la pollution

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    20 unités de trituration fermées à Taounate, les propriétaires sanctionnés
    La nouvelle loi pour la protection de l’environnement impose des règles très strictes
    Résidus de trituration et de biomasse dans la ligne de mire
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    Les rejets des huileries constituent une réelle menace pour l’environnement, mais aussi des gisements pour l’économie circulaire et le développement durable. C’est la conviction des responsables de l’Agro-pôle olivier qui appellent une véritable prise de conscience de la part des producteurs (Ph YSA)

    La dernière campagne oléicole a été marquée par la fermeture d’une vingtaine d’unités de trituration, notamment au niveau de la province de Taounate. En effet, les autorités marocaines sont de plus en plus soucieuses quant à la protection de l’environnement, développement durable, et respect des normes d’hygiène.

    C’est ce qui ressort des différentes conférences organisées en marge du 14e SIAM. Unanimes, les acteurs du secteur se félicitent des nouvelles lois environnementales et de sécurité alimentaire et sanitaire qui sont mises en exergue.

    Celles-ci imposent à la filière oléicole de nouvelles normes, en adaptant des principes nouveaux et des technologies de trituration innovatrices à impact environnemental réduit intégrant le traitement et la valorisation des sous-produits de l’olivier. L’Economiste revient sur les principaux défis de la filière oléicole.

    ■ La collecte et valorisation de la biomasse régulée
    Le législateur a anticipé les vastes programmes d’extension des superficies oléicoles en cours. Lesquels risqueraient d’impacter négativement la faune et la flore. D’autant plus que cette extension de superficie engendrera une importante production de résidus de trituration et de biomasse. D’où l’intérêt d’une véritable gestion de la collecte et la valorisation des sous-produits de l’olivier. Ceci, à l’instar de ce qui est opéré dans d’autres pays dont notamment l’Espagne, premier pays producteur d’huile d’olive et d’énergie électrique à partir de la biomasse de l’olivier. «Cette année, chez notre voisin du nord, à cause de l’importance de la production, la profession a exigé la création de nouvelles centrales bioénergétiques, afin de faciliter le travail des industriels de l’huile d’olive et permettre aux industries d’extraction de l’huile à partir de grignons de poursuivre leurs activités avec un intérêt économique pour la filière huile de grignons d’olive», confie un expert du secteur. Pour lui, «le Maroc fait face à un dilemme de durabilité, soit choisir le système de trituration à 3 phases et on va produire aussi des margines très polluantes pour l’environnement ou utiliser les technologies propres, cas du système de trituration à 2 phases, dans ce cas les producteurs de l’huile d’olive doivent valoriser/ou se débarrasser du grignon humide sans interrompre la production».

    ■ Une campagne oléicole record qui pose problème
    Déjà avec la production record de cette année, les producteurs ont dû faire face à un grand problème de gestion de la collecte et la valorisation des sous-produits de l’olivier. Surtout, celui du grignon humide. Car, la notion environnementale est de plus en plus présente. Faute de quoi, des unités de trituration ont été fermées et leurs propriétaires sanctionnés. Signalons par ailleurs que le lobbying européen de l’huile d’olive veut limiter l’accès au marché européen uniquement aux huiles d’olive dont la production respecte les normes de protection de l’environnement. «Le problème des margines a été abordé de manière diverse par les différents pays oléicoles méditerranéens qui ont adopté des solutions temporaires pour résoudre ce problème. Même, l’idée des bassins de stockage et d’évaporation des margines développée dans certains pays n’ont pas eu de succès à cause de problèmes de pollution (odeur), risques d’infiltration et difficultés de gestion des résidus secs après évaporation», souligne Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agro-pôle olivier ENA Meknès. Et d’ajouter que l’adoption du système écologique 2 phases est la solution incontournable pour une oléiculture durable respectueuse de l’environnement, à l’instar des pays oléicoles leaders, comme c’est le cas pour l’Espagne.

    ■ Valorisation des rejets, un projet pilote à Meknès
    Pour endiguer le phénomène des margines et autres rejets des huileries, la gestion et la valorisation des sous-produits de l’olivier est inévitable. Il s’agit de mettre à profit les dernières innovations technologiques propres de production d’huile d’olive (système 2 phases) et d’énergie verte à partir des résidus de trituration et de la biomasse de l’olivier pour la production d’énergie thermique, électrique et/ou bio-combustible. En fait, la biomasse de l’olivier pourrait intégrer la stratégie pour le développement des énergies renouvelables qui se fixe comme objectif d’atteindre 52% d’énergie verte en 2030. L’olivier, espèce d’une grande importance socio-économique au Maroc, constitue non seulement une alternative durable face aux enjeux du changement climatique mais aussi une source d’énergie nouvelle et renouvelable, pour les stratégies de développement durable en cours au niveau national. Et c’est dans cette optique que le projet Olea Green-Food de Meknès, labélisé et présenté à la COP22, est considéré comme une solution innovante pour lutter contre la pollution des margines. D’autant qu’il propose une nouvelle filière de collecte et de valorisation des résidus et biomasse de l’olivier. Porté par le Groupe LCM-Aïcha, ce projet pilote, avec une puissance électrique de 14 MWe, pourrait être développé dans le cadre d’un partenariat Public-Privé (ministères de l’Agriculture, Intérieur, Energie, Industrie et la Région Fès-Meknès). D’autres projets similaires devraient voir le jour dans les principales zones oléicoles marocaines, appellent les écologistes.

    Innover ou disparaître

    Croissance et compétitivité, des impératifs pour l’huile d’olive marocaine. Dans un marché oléicole international dominé par des pays leaders comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Tunisie, le Maroc n’a d’autre choix que d’innover tous azimuts pour tenir la course et maintenir son évolution. Le secteur oléicole doit développer des connaissances et des compétences techniques et technologiques toujours plus avancées avec un professionnalisme sans faille. Ces efforts doivent être accompagnés par la stimulation de la consommation de l’huile d’olive sur le marché local et la création de la demande de l’huile d’olive marocaine de qualité (conventionnelle et biologique) sur les marchés internationaux traditionnels et émergents avec une approche intégrée «Production huile d’olive qualité-labellisation-commercialisation», s’accordent à dire les experts de la filière. A titre d’exemple, la Grèce, mobilise annuellement environ 5 millions d’euros pour la promotion de l’huile grecque sur les marchés américain et canadien, l’inter-profession espagnole mobilise chaque année plus de 6 millions d’euros pour ses programmes de promotion de l’huile d’olive.

    Youness SAAD ALAMI

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