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    Economie

    Loi-cadre sur l’enseignement: La CDT prépare ses conseillers

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5498 Le 18/04/2019 | Partager
    Une journée d’étude pour l’examen de ce texte bloqué à la 1re Chambre
    El Othmani et Benchamach ont boudé cette rencontre
    Pour la CDT, ce projet ne reflète pas les slogans ayant accompagné la vision stratégique

    Le groupement de la CDT à la Chambre des conseillers a organisé une journée d’étude pour faire  une lecture critique du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement. Ils veulent se préparer  avant que le texte n’arrive chez eux. Surtout que la centrale syndicale compte une grande partie d’enseignants dans ses  rangs.

      Pour Mbarek Sadi, coordinateur du groupement, l’objectif est de contribuer au débat sur cette question stratégique, devant impliquer les différentes composantes de la société. Toutefois, au démarrage de cette journée, la déception était visible sur les principaux responsables de la CDT. Et pour cause, plusieurs absences parmi les officiels attendus sont enregistrées.

    Ainsi, le chef du gouvernement s’est excusé par écrit en raison d’un engagement pris ailleurs. Le président de la Chambre des conseillers a décliné oralement l’invitation. Hakim Benchamach n’allait pas s’aventurer sur un terrain miné, surtout après la poursuite judiciaire et la condamnation de Abdelhak Hissan, conseiller de la CDT à 6 mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 DH.

    Ce jugement qualifié de sévère pour un élu est venu à la suite d’une plainte déposée par le président de la Chambre des conseillers au sujet de la publication d’informations justes sur le travail de la commission d’enquête parlementaire consacrée à la Caisse marocaine des retraites. Pour rappel, le parlementaire de la CDT a été condamné, en compagnie de quatre journalistes en première instance. Ils ont tous interjeté appel.

    Autre absence: le ministre de l’Education nationale. En effet, la veille, lors des questions orales, Saaid Amzazi a été surpris de constater que son nom figurait sur la liste des intervenants de cette table ronde. Comme son programme prévoyait un déplacement hier à Nador pour inaugurer des écoles d’enseignement en préscolaire, il ne pouvait répondre présent. Il a reconnu que «s’il était informé suffisamment à l’avance, il serait venu», a-t-il confié à L’Economiste. L’autre absence constatée est celle du président délégué du Conseil supérieur de l’enseignement. Etait-il au moins au courant de l’invitation?

    Qu’importe, pour Mbarek Sadi, dans les réformes et les actions stratégiques, «il est impératif d’impliquer les ressources humaines. Si l’Etat prenait en compte les acteurs concernés, il ira loin dans la conduite des réformes». De son côté, Khalid Alami Houir, secrétaire général adjoint de la CDT et ancien parlementaire, ne mâche pas ses mots. Pour lui, la réforme de l’enseignement exige une forte volonté politique et une implication de la société pour garantir une forte mobilisation.

    Selon lui, «le contenu du projet de loi ne comporte pas les conditions de la réforme souhaitée. Il fallait mettre en place un dialogue profond avec la participation de toutes les composantes de la société, politique, syndicale et la société civile. Le projet ne devait pas rester prisonnier d’une discussion fermée, à la merci des calculs politiciens et idéologiques, sur fond d’une logique populiste, loin des bases scientifiques nécessaires à tout développement».

    Ce responsable syndical vise le groupe parlementaire du PJD qui a bloqué l’adoption du projet de loi-cadre au niveau de la Commission d’enseignement de la Chambre des représentants. Après un accord la veille du vote, le PJD a fait marche arrière. Sur deux articles du projet, il est pour l’abstention.

    L’un de ses articles porte sur l’apprentissage des matières scientifiques et techniques dans les langues étrangères. Sur les autres dispositions et le texte global, il votera pour. Par cette manœuvre, le PJD se prépare d’avance à la campagne électorale où il sortira la carte de l’abstention. Cette tactique est contrecarrée par le RNI et l’USFP qui exigent un consensus sur le projet puisque c’est le gouvernement qui l’a proposé et le conseil des ministres présidé par le Roi l’a adopté.

    Sur la question de l’ingénierie linguistique, Azeddine Akesbi de Transparency a son avis. Pour lui, le projet vise à maîtriser les langues étrangères de manière précoce, sur une période de 6 ans maximum. Il s’agit d’accorder la priorité au rôle fonctionnel des langues. Cela permet d’assurer une ouverture sur le plan national et universel et l’intégration socio-économique.

    Par ailleurs, il considère que le projet de réforme vise à inscrire dans la loi, des engagements de la réforme éducative qui ont été envisagés et reportés depuis longtemps sans qu’ils ne puissent se concrétiser. Ainsi, ils ont fait partie aussi bien de la Charte de l’Education que du programme d’urgence. La plupart des dispositions sont reprises dans la vision stratégique 2015-2030. Il en cite quelques exemples comme notamment la lutte contre l’abandon scolaire, la généralisation du préscolaire…

    Au-delà des slogans

    Pour la CDT, le projet de loi-cadre ne reflète pas les slogans ayant accompagné la vision stratégique pour une école d’équité et d’égalité des chances. Certaines dispositions sont en contradiction avec les principes généraux. La centrale fait allusion à la tentative de l’Etat de se soustraire de sa responsabilité de garantir un enseignement public gratuit et de qualité pour tous. «Cela se fait sous le prétexte de la diversification des sources de financement et de l’implication des familles», note le secrétaire général adjoint.
    Sur le chapitre du personnel enseignant, la CDT est catégorique: la logique de réforme exige d’en finir avec les tensions qui caractérisent le domaine scolaire. L’Etat doit, selon elle, répondre positivement aux revendications de toutes les catégories, y compris les enseignants contractuels en les intégrant dans la fonction publique.

    M.C.

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