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    Nouvelle augmentation des prix de cigarettes

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5494 Le 12/04/2019 | Partager
    Daoudi ordonne aux distributeurs de lui remettre leur structure des prix
    Une commission exceptionnelle se réunira bientôt
    Certains opérateurs soupçonnés de vendre à perte
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    Malgré les deux réajustements des prix du tabac, certains distributeurs ont préféré absorber l’impact fiscal (Ph. L’Economiste)

    Nouvelle hausse de tabac en vue. Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, vient de confirmer ce que les industriels et distributeurs de tabac redoutaient. La commission d’homologation des prix de tabac tiendra bientôt une session exceptionnelle. Elle statuera sur les marques de cigarettes dont les prix n’ont été augmentés ni le 1er janvier ni le 1er avril 2019.

    Les industriels et les distributeurs sont invités à présenter la structure détaillée des prix des produits commercialisés et dont les tarifs sont restés inchangés malgré l’entrée en vigueur de la nouvelle grille de la taxe intérieure de la consommation (TIC). Il s’agit de préciser le prix de la matière première, les marges (fabricants, distributeurs et buralistes), coût de distribution, taxes…

    Ils devront également présenter la structure des prix des marques homologuées et non encore commercialisées. Des éléments qui devront être déposés au ministère au plus tard le mardi 7 mai. Le ministre veut ainsi mettre à plat la grille tarifaire de l’ensemble des opérateurs pour voir dans quelle mesure ils pourraient relever encore leurs prix.

    La décision n’est pas sans rappeler le cas de deux marques de cigarettes (Next et Fox) qui avaient été homologuées comme étant du tabac brun, pour contourner la taxation, alors qu’elles étaient composées à plus de 80% de tabac blond. Le ministère avait obligé les distributeurs à augmenter leur prix en conséquence. Il a pris la même décision il y a moins d’un mois (1er avril 2019) en obligeant un opérateur à augmenter le prix d’une marque.

    Ce dernier a réajusté son prix de deux dirhams. Ce qui est insuffisant aux yeux de la tutelle. Pis encore. Le ministre soupçonne certains opérateurs de vendre des produits à des prix inférieurs à la somme des droits et taxes. Ce qui revient à pratiquer du dumping.

    «Cette pratique est une arme tactique dont l’objectif est de tuer un concurrent», analyse un opérateur. Or, la loi 46-02 sur le tabac précise bien que le prix de vente d’un produit de tabac ne doit pas être inférieur à la somme des droits de douane, des taxes, du coût de fabrication et des marges. La prochaine commission devrait découvrir le pot aux roses.

    Il y a quelques mois, le gouvernement avait mis en place une nouvelle grille de TIC pour harmoniser la fiscalité du tabac noir et du tabac blond. La dernière échéance a été appliquée le 1er janvier 2019.

    La loi de finances a introduit une nouvelle hausse de la TIC. Pour les cigarettes premium, l’impact s’est élevé à environ 7 DH contre 2 DH pour les produits bas coûts (économiques). Certains opérateurs ont préféré absorber la hausse plutôt que de la répercuter sur le consommateur. Mais à l’évidence, le ministère de tutelle n’est pas de cet avis. Il veut pousser les opérateurs jusqu’à leur dernier retranchement en augmentant le plus possible leur prix.

    En général, lorsqu’un gouvernement décide une augmentation des prix des cigarettes, il a un double objectif: renflouer les recettes fiscales et lutter contre le tabagisme. Sauf que dans un marché fortement polarisé tel que le Maroc (le premium et le bas coût représenteraient plus de 80%), le fumeur n’a plus un grand choix. Il va s’orienter soit vers les produits les moins chers, soit vers la contrebande.

    «Ce qui est pénalisant à la fois pour le Trésor puisque la pression fiscale sur les cigarettes bas coûts est plus faible et pour les opérateurs qui verront leur business décliner. C’est la raison pour laquelle nous préconisons toujours des augmentations régulières et progressives», confie un opérateur.

    Par ailleurs, selon les estimations des opérateurs, si l’on compare le fumeur marocain avec celui du Suisse, par exemple, le premier doit débourser autour de 12% de son pouvoir d’achat pour s’acheter un paquet de cigarettes tous les trois jours alors que pour le second, cela ne coûte que 2%.

    La moitié du marché au détail

    Outre l’effet d’éviction qu’une nouvelle hausse des prix du tabac pourrait entraîner, il y a de fortes chances que les consommateurs marocains s’orientent vers le marché de tige (vente au détail aux coins de rue). Depuis 2015, ce canal ne cesse d’augmenter pour atteindre 40%. C’est une partie sur laquelle les opérateurs n’ont aucune emprise. En effet, ils ne peuvent effectuer aucune opération de promotion sur ce segment illégal. Par ailleurs, la vente au détail favorise le mélange des cigarettes légales avec celles de la contrebande.
    Depuis quelques années, de nombreux buralistes se sont positionnés sur la vente des cigarettes à l’unité. Pourtant, c’est formellement interdit par la loi. Une pratique qui s’est développée depuis que la brigade, composée de la douane, des distributeurs, ne fait plus de tournée d’inspection.

    Hassan EL ARIF

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