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    Stérilisation hospitalière: 2 fois moins d’infections nosocomiales qu’à l’international?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
    Le ministère avance un taux de prévalence de 5,4% dans les hôpitaux publics
    La moyenne des pays à revenu faible à intermédiaire est de 10%
    Bientôt une nouvelle enquête englobant les cliniques privées
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    Rentrer à l’hôpital pour soigner un petit bobo pour en sortir avec une pathologie lourde. C’est le cauchemar vécu par de nombreux patients. La responsabilité du personnel soignant est déterminante. L’hygiène de leurs mains est la principale source d’infection en milieux hospitaliers. D’où l’importance d’actions de formation et de sensibilisation (Ph. DR)

    Un patient sur vingt qui rentrent dans un hôpital public au Maroc serait victime d’une infection nosocomiale (contractée en milieu hospitalier), soit un taux de prévalence de 5,4%, selon le ministère de la Santé. Les hôpitaux publics marocains enregistreraient ainsi le même taux qu’en France (5,2%, selon la dernière enquête nationale dans l’Hexagone en 2017, réalisée à intervalle de 5 ans).

    A en croire ce chiffre, quand vous rentriez dans un hôpital public marocain ou une structure de soins française, vous encourrez le même risque.

    «La première étude du genre a été réalisée en 2012 par des experts sur un échantillon représentatif, incluant des établissements de différentes tailles, relevant directement du ministère, ainsi que ceux des CHU. Nous devons nous féliciter de ce taux, car la norme à l’échelle internationale est de 10%», relève Abdelilah Boutaleb, directeur des hôpitaux et des soins ambulatoires au ministère de la Santé. Selon l’OMS, la moyenne des pays à revenu faible à intermédiaire est de 10%, contre 7% dans les pays à revenu élevé.

    Cela dit, ce taux est-il réellement représentatif de la réalité du terrain, vu le manque de compétences, de formation et de sensibilisation du personnel hospitalier, ainsi que des textes juridiques régissant la stérilisation hospitalière? La moyenne doit sans doute varier en fonction de la nature des établissements. Les grands hôpitaux des CHU, par exemple, dont les processus sont plus rigoureux, seraient moins risqués que les petits établissements régionaux ou provinciaux. Leur performance réduirait naturellement le taux global.

    «Le taux de prévalence des infections nosocomiales ne peut être qu’à titre indicatif. Il sera toujours sous-évalué, car il dépend de plusieurs paramètres», estime un professeur de pharmacie industrielle. «On y compte les patients qui séjournent à l’hôpital depuis au moins 48h. Ils sont suivis jusqu’à un mois, même après leur sortie. En cas de soupçon d’une infection, ils sont censés retourner à l’hôpital faire une réclamation. Le problème est que la majorité ne revient pas. Sans compter ceux qui changent d’établissement pour la suite de leur traitement», explique-t-il.

    Qu’en est-il de l’état des lieux dans le secteur privé? Il n’existe à ce jour aucune donnée officielle. «Nous comptons lancer une deuxième enquête cette année ou, au plus tard, en 2020. Cette fois-ci, elle intégrera même les cliniques privées», annonce le directeur des hôpitaux et des soins ambulatoires. Nous aurions donc pour la première fois un taux national de prévalence des infections en milieu hospitalier.

    Connaître avec précision les sources des infections permettrait de mieux lutter contre leur propagation, mais aussi d’en réduire le coût. «Des étude en France ont démontré que l’infection du site opératoire coûte 30% au budget de l’hôpital», souligne Farid Chehab, ancien doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, chef de service de cancérologie digestive et transplantation hépatique, également responsable du bloc opératoire de l’hôpital Ibn Rochd.

    Investir dans la prévention coûterait beaucoup moins à l’Etat et à l’ensemble de l’économie que les dégâts causés par les infections (admission à l’hôpital, traitements, sur-administration d’antibiotiques, morbidité…). 

    Hygiène des mains, principal accusé

    L’enquête réalisée par le ministère de la Santé a permis de relever les sources d’infections nosocomiales. «La principale cause est liée à l’hygiène des mains», précise le directeur des hôpitaux et des soins ambulatoires, Abdelilah Boutaleb. Le portage des germes par les mains du personnel soignant est généralement le principal canal de transmission des infections en milieux hospitalier à l’international. «Le facteur humain est déterminant. Il est primordial de sensibiliser et de former le personnel de santé à cette question. Certaines études estiment la part de l’hygiène des mains à 80%. D’autres facteurs peuvent être cités, comme le linge, le traitement des surfaces, la gestion des déchets, la stérilisation du dispositif médical… une stratégie globale est nécessaire pour gérer cet aspect», souligne Soufiane Derraji, fondateur de la Société marocaine de stérilisation (SMS), professeur de pharmacie clinique à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, et responsable de son CU (certificat universitaire) en stérilisation.

    Ahlam NAZIH

     

     

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