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    Droit de substitution: Contre-offensive des pharmaciens

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
    Ils revendiquent la «compétence exclusive» en matière de médicaments
    Pour eux, le rôle des médecins se limite au diagnostic et la prescription
    Un mauvais deal sans le transfert de marge, estiment des professionnels
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    Le droit de substitution consiste pour un pharmacien à vendre à un patient un générique à la place du princeps pour des raisons économiques ou de disponibilité (Ph. L’Economiste)

    Dans la polémique sur le droit de substitution, c’est la réponse du berger à la bergère. Comme nous vous l’annoncions dans notre édition n°5486 du 02/04/2019, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens a finalement rendu publique sa réponse à la position des médecins qui contestent le droit de substitution aux officinaux.

    Le droit de substitution consiste pour le pharmacien à vendre au patient un générique à la place du princeps prescrit par son médecin, et ce pour des raisons de disponibilité ou d’économies. Pour les médecins, cela reviendrait à empiéter sur leur compétence».

    Les pharmaciens n’ont pas tardé à réagir. Leur Fédération soutient que «de par leur formation et leur expérience, ils sont les seuls compétents dans le domaine des médicaments».

    La requête des officinaux pour la consécration du droit de substitution est récurrente. Cette fois-ci, elle coïncide avec la publication il y a deux semaines environ du décret sur la bioéquivalence.

    Pour la Fédération des syndicats de pharmaciens, c’est une prérogative et une liberté qui doivent être réglementées, comme dans la majorité des pays sur la base de mécanismes scientifiques et économiques. Le but étant d’assurer un équilibre entre l’intérêt financier du pharmacien et du patient.

    Dans leur argumentaire, les médecins relèvent que le droit de substitution poserait la question de la responsabilité en cas de problème dans le suivi d’un patient. Ce à quoi les pharmaciens ripostent que la «surenchère autour du droit de substitution n’est en fait qu’une tentative pour minimiser la place des pharmaciens et leur formation».

    Pour les officinaux, le rôle des médecins se limite à diagnostiquer la pathologie et déterminer la DCI (nom de la molécule présente dans le médicament) nécessaire à son traitement sans parti pris pour une marque commerciale. En d’autres termes, le médecin doit prescrire une molécule et ne pas se préoccuper de la marque du produit.

    Par conséquent, du moment que le médicament servi par le pharmacien au patient contient le même principe actif, cela ne pose pas problème. Du moins, c’est la position des pharmaciens. En cas de rupture de stock ou lorsqu’un patient n’a pas les moyens financiers pour s’offrir un médicament, certains pharmaciens téléphonent au médecin pour lui proposer un autre produit. Mais cela n’est pas systématique. De plus, le patient doit revenir chez son médecin pour se faire prescrire le médicament de substitution. A défaut, le pharmacien n’est pas protégé en cas de problème.

    La Fédération des pharmaciens réclame donc que la possibilité de proposer une alternative thérapeutique soit portée par une loi. Cela pour protéger les pharmaciens dans l’exercice de ce droit.

    Les médecins ne sont pas unanimes à contester le droit de substitution aux pharmaciens. Certains y sont favorables à condition que les pharmaciens les consultent au préalable.

    Les pharmaciens restent partagés sur les modalités d’application. Pour certains d’entre eux, la question du droit de substitution est un faux débat. «Le droit de substitution ne marchera jamais s’il n’est pas assorti du transfert de marge. C’est ce qui a fait le succès de ce dispositif en France», précise un pharmacien. Le transfert de marge consiste pour un pharmacien à percevoir le même gain que ce soit en vendant un princeps ou un générique.  Sans cela, le pharmacien serait plutôt perdant.

    En effet, si l’on prend, par exemple, un médicament au prix de 150 DH, la marge bénéficiaire serait d’environ 50 DH. Dans le cas d’un générique coûtant 60 DH, elle serait de 20 DH. Ce n’est pas ce niveau de marge qui changera la situation financière des pharmacies. En France, pour ces mêmes exemples, la marge est la même parce que les caisses d’assurance maladie sont gagnantes dans tous les cas: il vaut mieux rembourser 80% du prix du générique que du princeps.

    Si le gouvernement voulait instituer le transfert de marge comme mesure d’accompagnement au droit de substitution, il devrait l’intégrer dans le décret sur le prix des médicaments. Mais cela se traduirait par une augmentation générale.

    Comment font les Français

    En France, qui vient de régler la question du droit de substitution, par exemple, les médicaments continuent d’être prescrits sous leur nom commercial à l’inverse d’autres pays où les médecins mentionnent plutôt la DCI (nom de la molécule du princeps). A charge pour le pharmacien de servir au patient le produit disponible. Sur le terrain, les caisses d’assurance maladie ont systématisé le droit de substitution malgré les réserves des médecins. Ce qui permet aux pharmaciens de proposer à leurs patients de manière automatique les génériques selon leur disponibilité.

    Hassan EL ARIF

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