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    Guerre de sièges à Brookstone Partners Morocco

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
    Des litiges entre associés qui s’étendent de Rabat à New York
    Deux administrateurs démissionnaires s’expliquent
    Pourquoi le PDG tient à contre-attaquer au pénal

    C’est une affaire gigogne où les contentieux s’étendent du Maroc aux Etats-Unis. Deux administrateurs ont démissionné mardi 9 avril de Brookstone partners Morocco. Une démission qui se veut «à effet immédiat», selon Michael Toporek et Matthew Lipman. Le premier en est l’un des actionnaires aux côtés de Omar Belmamoun.

    Le second était le DG-délégué de la société. Les deux démissionnaires justifient leur décision par plusieurs raisons. D’abord, la rupture de confiance entre actionnaires. Ensuite, l’action pénale en cours devant le tribunal de Rabat contre Omar Belmamoun.

    Ce dernier est à la fois PDG de Brookstone Partners Morocco et de Platinum Power. Celle-ci opère dans les énergies renouvelables et compte également son lot de litiges. Depuis quelques temps déjà, un bras de fer oppose les deux associés, Omar Belmamoun et Michael Toporek.  

    La 3e raison avancée par les ex-administrateurs renvoie au rapport d’expertise sur la situation financière «alarmante» de Brookstone Partners Morocco (cf. L’Economiste n°5481 du 26 mars 2019). Cette expertise a été diligentée par deux actionnaires de Brookstone partners Morocco, Michael Toporek et MJT Park Investors. Le document a été joint à la plainte pénale déposée fin février 2019.

    Les démissionnaires accusent aussi le PDG de Brookstone Partners Morocco de «refuser l’accès à l’information économique, comptable et financière». Michael Toporek et Matthew Lipman ont fait appel «à la justice qui leur a donné droit» à leur demande d’accéder à l’information. Cette décision compte aussi «une astreinte de 1.000 DH par jour de retard». 

    Ce dernier épisode judiciaire chamboule encore une fois les plans. Ces démissions ont été notifiées à Omar Belmamoun en sa qualité de PDG de Brookstone Partners Morocco, selon nos informations. «Le nombre minimum d’administrateurs exigés par la loi (sur la société anonyme) et les statuts n’est plus atteint. Cette situation entraîne de facto l’invalidité du conseil d’administration qui doit ainsi être reconstitué», précise le conseiller juridique de Michael Toporek, Afrique Advisors.

    Le top management «est tenu de convoquer une assemblée générale extraordinaire dans les 30 jours à compter du 9 avril», poursuit la même source. Avec comme ordre du jour de «reconstituer le conseil d’administration et la nomination d’un nouveau PDG».

    Un conseil d’administration aujourd’hui  

    Que répond le principal concerné à ces accusations? En tant que PDG, Omar Belmamoun assure «avoir convoqué pour ce mercredi 10 avril» le conseil d’administration de Brookstone Partners Morocco. Cette convocation a été émise depuis une dizaine de jours.

    Cette réunion «se tiendra valablement puisque le quorum est atteint», indique le PDG qui se prévaut de 50% du capital. Le conseil d’administration a deux points à son ordre du jour. Le premier étant la révocation du DG-délégué de Brookstone Partners Morocco, Matthew Lipman. Ce projet de résolution n’est pas expressément mentionné dans la convocation dont L’Economiste détient copie.

    «Nous l’avons intégré dans les questions diverses», précise la présidence. Un huissier de justice devait être présent pour retranscrire dans un PV les déclarations de Matthew Lipman. Car le conseil d’administration prévoyait de l’interroger sur sa position au sujet du conflit avec FinCom Prime.

    Le second point à l’ordre du jour porte plutôt sur «la discussion» d’un autre litige en cours devant la juridiction de New York. Et qui expliquerait, selon le PDG de Brookstone Partners Morocco, les «vraies raisons» à l’origine de la démission des deux administrateurs, Michael Toporek et Matthew Lipman.
    Ce contentieux qui se déroule outre-Atlantique a des connexions avec celui en cours au Maroc. Il oppose cette fois-ci Brookstone Partners Morocco et son associé américain, Michael Toporek, «qui gère avec son équipe FinCo Prime». En novembre 2018, l’homme d’affaires marocain les a attaqués en justice pour «rétention» d’informations financières.

    «J’ai dû agir dans l’intérêt de la société que je dirige pour obtenir l’audit de FinCo Prime. Et ce, afin d’être éclairé sur les 3,5 millions de dollars investis par nos soins aux Etats-Unis. La justice américaine m’a donné raison fin janvier 2019», déclare Omar Belmamoun. Ses adversaires ont fait appel à cette décision.

    Parallèlement, notre interlocuteur reproche au DG-délégué de Brookstone Partners Morocco d’avoir joué double jeu. D’une part, Matthew Lipman était en possession des données financières réclamées à FinCo Prime. D’autre part, il refusait de les remettre à la société actionnaire qui les réclame, Brookstone Partners Morocco.

    Son PDG assure que Lipman «a attesté de ces faits devant le juge à New York». Datée du 2 avril 2019, une lettre de ses avocats, Saul Ewing Arnstein & Lehr, revient sur ce même fait. Il y est mentionné que «Lipman a allégué ne pas pouvoir divulguer l’information à cause d’une méfiance et/ou l’illégalité des activités» du PDG de Brookstone Partners Morocco. «La Cour n’a pas été persuadée par l’argument de Lipman», note les avocats de l’homme d’affaires marocain.

    Omar Belmamoun prévoit ainsi «d’attaquer au pénal» le DG-délégué démissionnaire. Il lui reproche sa «complicité avec FinCo Prime» et «d’avoir porté préjudice» aux intérêts de Brookstone Partners Morocco. Ce feuilleton judiciaire ne s’arrête pas là.

    Il est reproché également au DG-délégué d’avoir mis la société dans une situation embarrassante vis-à-vis de l’Office des changes. Ayant le statut de Casa Finance City (CFC), Brookstone Partners Morocco est tenue de rendre des comptes aux autorités monétaires. Le détracteur de Matthew Lipman voit ainsi dans ces démissions «une anticipation, une fuite en avant...».

    Et ce, eu égard aux actions projetées par le PDG et le conseil d’administration notamment la révocation du DG-délégué de Brookstone Partners Morocco.

    Deux expertises pour l’audience du 11 juin

    Omar Belmamoun est le PDG de Brookstone Partners Morocco. Il plante le décor général pour expliquer pourquoi ses adversaires américains tentent de l’évin   cer de la présidence. Le jeune homme de 37 ans voit dans la plainte pénale déposée contre lui au tribunal de Rabat une manière de «nuire à sa réputation». Une première audience s’est tenue le 2 avril dernier et une autre suivra le 11 juin 2019. «Leur citation directe devant la justice c’est du vent et l’expertise financière qui l’appuie est orientée», déclare Omar Belmamoun. Sur le plan de la procédure pénale, la citation directe n’induit pas une enquête judiciaire. Les explications entre adversaires se font directement dans un procès. L’expertise financière mettant en cause la gestion de Brookstone Partners Morocco a été diligentée par l’un des administrateurs, Michael Toporek. «Il l’a commandité sur la base de relevés bancaires de la société. Je n’ai jamais vu l’expert (Jamaleddine Ilyass). Il  ne m’a jamais contacté et ne s’est jamais déplacé au siège. S’il y  avait plainte auprès du parquet, elle allait être classée en deux minutes», déclare le PDG de Brookstone Partners Morocco. Omar Belmamoun finira par  initier une contre-expertise auprès du cabinet Exet Audit. Non encore finalisé, le rapport d’audit dont L’Economiste détient copie conclut provisoirement ce qui suit:
    «PV du conseil d’administration et courriels à l’appui, nous pouvons attester à ce stade que le PDG de Brookstone Partners Morocco n’a usé que de ses droits en prélevant salaires et indemnités». Soit un peu plus de 7,1 millions de DH. Ce montant ne tient pas compte des 3,5 millions de DH alloués au PDG au titre de sa prime annuelle de 2013 ainsi que des frais personnels et de représentation.

    Faiçal FAQUIHI

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