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    Dialogue des religions: «Apprenons à mieux nous connaître»

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5490 Le 08/04/2019 | Partager
    «Volonté claire du Pape de nouer le contact avec le monde musulman»
    La montée des extrémismes ne peut qu’inquiéter
    Des avantages matériels contre une conversion, c’est aberrant!
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    Selon Frère Romaric, la vie des Dominicains est articulée autour de 2 piliers : la vie de contemplation et la vie de prière, notamment en utilisant le rosaire, trois fois la dimension d’un chapelet, pour prier. «Les dominicains prononcent des vœux de renoncer à plusieurs choses qui font le bonheur, pour donner témoignage ici bas de la vie où Dieu nous comble», a-t-il expliqué (Ph. Jarfi)

    En visite privée au Maroc, coïncidant avec l’arrivée du Pape à Rabat, le frère Romaric Morin, prêtre, Dominicain, assurant la fonction de maître des novices à Marseille, revient sur les enjeux des relations entre les mondes musulman et chrétien, dans un contexte marqué par la montée des discours extrémistes.

    - L’Economiste: C’est la 2e visite d’un Pape au Maroc. Les enjeux ont-ils évolué depuis?
    - Frère Romaric:
    Les équilibres politiques et religieux ont changé à travers le monde. Le Pape en prend acte. Il a effectué une série de déplacements dans un certain nombre de pays musulmans. Manifestement, il y a une volonté ferme et claire de nouer le contact avec le monde musulman. Il faut apprendre à mieux se connaître et dialoguer pour éviter que les choses ne s’enveniment.

    - La question des convertis et du prosélytisme suscite beaucoup de débats dans certains pays, notamment au Maroc. Quel regard portez-vous sur ce dossier?
    - C’est une question délicate. Chaque religion est convaincue du fondé de ses principes religieux, donc soucieuse de l’annoncer aux uns et aux autres. Dans le monde chrétien, il y a des groupes plus ou moins actifs dans le domaine de la conversion, notamment avec les évangéliques, où il y a une grande volonté de conversion. Je ne connais pas la situation au Maroc, mais en Algérie ça pose beaucoup de problèmes. Dans d’autres pays, certains font miroiter de grands avantages matériels en contrepartie d’une conversion. Cela me semble aberrant.

    - La gestion de la migration est également un dossier qui suscite beaucoup de débats en Europe, notamment avec les déclarations du Pape sur ce sujet
    - Le discours du Pape est parfois présenté de façon incomplète. S’il est favorable à l’accueil des migrants, le principe c’est qu’il faut que ça concerne ceux qui en ont besoin, pas tout le monde ni n’importe comment. Il faut tenir compte de la légitimité de venir et de la capacité des pays d’accueil. Il faut également soutenir les Etats de départs afin qu’ils ne perdent pas leurs jeunesses.
    - Quel jugement portez-vous sur la montée des extrémismes?
    - Cela ne peut qu’inquiéter. Surtout lorsque ça s’accompagne de violence. Le problème c’est qu’il s’agit d’un phénomène qui s’auto-entretient, peu importe celui qui commence. Il y a un juste milieu à chercher. C’est un des éléments clés de la foi chrétienne, mais également dans la philosophie grecque, avec Aristote.

    - Mais les discours extrémistes semblent séduire davantage les jeunes…
    - L’objectif est d’éduquer les jeunes à la vertu. C’est bien de se donner à fond et d’être exigeant. Tant qu’on se dirige vers le sommet, il n’y a pas d’excès. Ce dernier intervient quand on dévie dans un sens ou l’autre. Par exemple, dans l’amour ou la justice, il ne peut y avoir d’excès. C’est un long travail de discussion, d’ajustement, de recadrage. C’est important à chaque fois de rééquilibrer la balance.

    - Les accusations de pédophilie contre des prêtres ont eu l’effet d’un tonnerre. Vous l’avez ressenti comment personnellement?
    - C’est un sujet épouvantable. C’est quelque chose qui m’a profondément heurté. Même si je ne cautionne pas, je suis solidaire nécessairement. Ils sont prêtres, comme moi. Le mauvais comportement d’un des membres me touche. La seule chose positive dans le fait que ça sorte, c’est que ça nous force à prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans tout ça. C’est un mal qui a été fait et qu’il nous revient de réparer. Les faits sont suffisamment graves pour clarifier la situation. Je ne suis pas d’accord avec l’idée que pour que cela cesse, il faut que les prêtres se marient.

    Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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