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    Economie

    Nouveau modèle de développement: Des pistes pour revigorer la croissance

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5490 Le 08/04/2019 | Partager
    La révision des choix d’investissement, décisive pour sortir l’économie de son atonie
    Les banques appelées à prendre davantage de risques dans le financement des secteurs productifs
    Nécessité de recentrer la production nationale sur des activités intensives en travail
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    Le diagnostic, mené par l’économiste Yasser Tamsamani et les co-auteurs d’un mémorandum sur la refonte du modèle de développement, a montré que la répartition actuelle de la richesse perpétue les disparités et favorise la concentration et l’accumulation du capital, qui se traduit par une transmission intergénérationnelle des inégalités  (Ph Bziouat)

    L’Association pour le progrès des dirigeants (APD) se greffe sur le débat autour de la refonte du modèle de développement. De nouvelles propositions ont été formulées par l’économiste Yasser Tamsamani, chercheur affilié à l’Observatoire français des conjonctures économiques, à Sciences Po Paris, lors d’une conférence organisée jeudi dernier à Rabat.

    Un mémorandum a été élaboré par cet économiste, ainsi que d’autres chercheurs, notamment de l’Université Hassan II Casablanca, comme Fouzi Mourji. L’intervention de Tamsamani a mis l’accent sur «les raisons et les mécanismes à l’origine des limites que connaît le modèle de développement qui prévaut au Maroc».

    Pour cet économiste, il est important d’agir sur la répartition primaire de la richesse, qui reste encore inégalitaire. Surtout que le partage actuel perpétue les disparités et favorise la concentration et l’accumulation du capital, qui se traduit par une transmission intergénérationnelle des inégalités, est-il indiqué. Résultat: la promotion de l’investissement productif est compromise au profit des placements de rentes, expliquant, in fine, l’atonie de la croissance.

    Tamsamani a proposé notamment de s’attaquer à la rente foncière. «Il n’y a aucune logique pour que le coût de la rareté du foncier revienne uniquement aux promoteurs». Pour sortir l’économie marocaine de son actuelle atonie, cet économiste appelle à repenser les choix en matière d’investissements publics.

    Ceux-ci doivent privilégier les branches ayant des effets d’entraînement plus larges. Cette redynamisation de l’investissement constitue une réforme à mener d’urgence, insiste cet économiste. Surtout que la dynamique de l’investissement au Maroc «est relativement instable, marquant aussi un décrochage inquiétant sur la période récente», selon Tamsamani.

    En comparaison avec les pays de la région, la Tunisie semble faire mieux que le Maroc, dans la mesure où ce pays dispose d’une «intensité capitalistique, calculée sur la base du stock capital/salariés, plus importante». Globalement, «le Maroc enregistre un déficit d’investissement tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Ce qui risque d’enfermer son économie dans un cercle vicieux de croissance molle, peu créatrice d’emplois, avec des perspectives moroses de profitabilité des entreprises».

    Cet économiste tient à préciser que «c’est le privé qui explique la baisse considérable de cette dynamique». Actuellement, «le seul levier viable, capable de redresser la situation de l’investissement privé et de créer les conditions d’émergence d’un régime de croissance soutenue, est l’investissement public utile».

    L’idée est de favoriser un effet d’entraînement direct, qui dopera la demande effective à court terme. Cet économiste plaide également pour une réorientation de l’appareil productif national. Surtout que «les politiques sectorielles en vigueur, ainsi que les investissements publics ont montré leurs limites». Il propose de «repenser ces schémas obsolètes en s’appuyant sur un nouveau critère d’orientation de la décision publique et du choix des incitations à introduire dans l’économie, permettant de recentrer la production nationale sur des activités intensives en travail».

    Cette nouvelle configuration passe également par la révision du rôle des banques. L’idée est de renforcer leur financement des secteurs productifs. Cela devra passer par «une régulation moins laxiste du secteur bancaire, qui relie constamment les profits des banques au degré de risque qu’elles prennent au sein de l’économie».

    Renouveau du syndicalisme

    Au-delà des revendications sociales et du bras de fer continu avec le gouvernement, les syndicats sont appelés à jouer de nouveaux rôles. C’est ce que propose l’économiste Yasser Tamsamani. La nouvelle configuration implique un renouveau du syndicalisme, avec une orientation basée sur des idées et des opinions, et une mission qui dépasse le champ classique. L’idée est de constituer une force de conception et de proposition de politiques publiques alternatives favorables à toute la population, qu’elle soit occupée ou à la recherche d’un emploi, explique-t-on. 

    M.A.M.

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