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    Culture

    Expo: Hassan El Glaoui, des chevaux, mais pas seulement

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5488 Le 04/04/2019 | Partager
    Une rétrospective au MM6
    Des œuvres rarement montrées en public
    Un parcours en 3 actes
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    Tout un univers équestre, peint avec une extrême dextérité, représente la marque de fabrique de l’artiste qui était fasciné par les chevaux (Crédit Fouad Maazouz)

    Il y a bien sûr les chevaux, les cavaliers, les fabuleuses chevauchées de la fantasia, les sorties du Roi… Tout un univers équestre, peint avec une extrême dextérité, des fois à peine esquissé.  Des compositions presque immatérielles, éthérées qui font la marque de fabrique d’un artiste qui a su très tôt créer un genre nouveau dans la tradition de l’art figuratif marocain. L’exposition le «Sel de ma terre» dédiée à Hassan El Glaoui, à voir jusqu’au 31 août au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat, ne focalise pas uniquement sur cet aspect de l’œuvre d’El Glaoui. La plus connue du grand public. Commissarié par sa fille, Touria El Glaoui, fondatrice de la 1.54 Contemporary African Art fair, Marrakech, Londres, New York, la rétrospective donne à voir  quelque sept décennies du travail de l’un des premiers artistes figuratifs du Maroc, qui a exposé à Paris dès 1950 et à New York dès 1951. Elle  présente une centaine d’œuvres datant de 1940 à 2010. Une occasion rare de plonger dans le travail intime, connu des seuls connaisseurs, du peintre décédé le 21 juin 2018. L’artiste s’était en effet attelé sa vie durant à peindre des personnages de son entourage intime (sa femme et ses filles notamment, ou certains amis) tout autant que des scènes d’intérieur propres à la vie au Maroc dans les années 1940 et 1950 ainsi que des natures mortes. Des œuvres très peu montrées de son vivant, rendant compte de l’évolution du travail du peintre, dès ses jeunes créations d’inspiration fauviste à ses paysages et scènes aériennes aux couleurs lumineuses et apaisées.

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    Couleurs fauves, touche impressionniste, sujets pris sur le vif… Les premières œuvres de Hassan El Glaoui sont loin de l’univers équestre si familier au grand public (Crédit Fouad Maazouz)

    L’exposition  est divisée en trois parties thématiques: Les œuvres de prime jeunesse qui  présentent les toutes premières œuvres que Hassan El Glaoui peint autour des années 1947/1946. Il est alors âgé d’environ 24 ans et n’est pas encore inscrit à l’Ecole des beaux-arts de Paris. L’influence des grands modernes est bien là: couleurs fauves, touche impressionniste, aplats à l’intérieur et contours au noir à l’extérieur, sujets pris sur le vif, et… point de chevaux.  En deuxième partie du parcours, le visiteur découvre les natures mortes et les portraits qui sont au coeur de l’œuvre de l’artiste. «Les gens qui affirment que je suis le peintre des chevaux ne connaissent pas ma peinture», disait-il. Des personnages, mais également des objets «sciemment hiérarchisés, ou qui se trouvent là en attente d’être immortalisés sur le papier» et un questionnement constant: Les objets, les fleurs ont-ils une âme? Comment en dessiner les contours tout en les dotant d’une vie propre? Enfin arrive la section des chevaux et des cavaliers. De véritables chevauchées

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    Les portraits et natures mortes occupent une grande place dans le travail de l’artiste. «Les gens qui affirment que je suis le peintre des chevaux ne connaissent pas ma peinture», disait-il (Crédit Fouad Maazouz)

    par le biais desquelles l’artiste dompte l’espace de la toile, brise les perspectives pour laisser s’élever l’élan sacré à la manière de ses ancêtres, les grands seigneurs de l’Atlas. Né à Marrakech en 1923, fils de Thami El Glaoui, pacha de Marrakech, et de Lalla Zineb, fille du grand vizir El Mokri, Hassan El Glaoui n’était certainement pas destiné à une carrière d’artiste. Il commence très tôt à peindre en secret. La visite à Marrakech du général Conrad Goodyear, fondateur du Musée d’art moderne de New York (MoMA), et du Premier ministre Winston Churchill chez son père vont changer son destin. Ils vont voir ses peintures et l’encourageront dans cette voie. En 1952, il se rend à Paris, et s’inscrit pour le dessin au cours de Souverbie,  professeur des beaux-arts et a la chance d’être accepté par Emilie Charmy, peintre très célèbre, comme élève pour la peinture à l’huile pendant quinze ans. Vont suivre plusieurs expositions dans les galeries les plus prestigieuses de Paris, Londres, New York, Bruxelles et une reconnaissance internationale. Ses tableaux figurent dans les plus célèbres collections. En 1965, il revient définitivement au Maroc et expose pour la première fois à Casablanca et Rabat, où il connut la consécration.


    Sauvé par Sir Churchill

    Le jeune Hassan El Glaoui montra très tôt son inclination pour la peinture si bien que sa mère, Lalla Zineb, avait autorisé l’installation d’une pièce dédiée dans sa vaste demeure. Son tout premier atelier. L’activité ne devait cependant faire l’objet que d’un loisir toléré et pratiqué en dilettante. Par sa naissance, l’adolescent était promis à une toute autre destinée: mon grand-père, à l’époque pacha de Marrakech, promettait ses fils à des carrières administratives qui en feraient des serviteurs zélés du pouvoir. Du reste, ses propres origines de grand caïd berbère, issu des confins du Haut-Atlas, le portaient davantage au maniement des armes que des pinceaux. Il était l’héritier d’une coutume ancestrale à laquelle rien n’était censé le faire déroger. Il fallut l’intercession providentielle d’un hôte ô combien illustre pour que le projet paternel vacillât sur ses bases! En 1937, Sir Winston Churchill fut pour la première fois l’invité du Glaoui dans la casbah familiale de Telouet. Séduit par les couleurs du Grand Sud, il y planta son chevalet, révélant que la peinture était une passion à laquelle il s’adonnait dès que la charge politique lui en laissait le loisir. A la faveur d’un séjour à Marrakech, le premier des sujets britanniques découvrit l’œuvre encore débutante de mon père et la salua de son éminente bienveillance en recommandant au Glaoui de ne pas contrarier la vocation artistique de son fils. 
    L’admiration du pacha pour le «vieux lion» fit le reste: Hassan s’envolait bientôt pour Paris, de même que les prémices d’une longue carrière. Poussée par l’extraordinaire postérité de cette rencontre, il m’est venu l’envie de célébrer ces destins croisés. J’ai pris la liberté de m’en ouvrir au meilleur interlocuteur qui soit: Celia Sandys, petite-fille de Sir Winston et experte reconnue de son œuvre. Par bonheur, sa réaction enthousiaste a fait écho à celle dont avait témoigné, jadis, feu son grand-père. Grâce à son aide, les œuvres exposées dans ce merveilleux Musée de Leighton House sont un hommage rendu à leurs auteurs autant qu’à la principale vertu de l’art: celle d’abolir le temps qui passe. 
    Extrait Touria El Glaoui. Novembre 2011

     

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