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    Economie

    Arancha González, la directrice exécutive du CCI: «Au Maroc, tout est réuni pour accélérer la croissance»

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5485 Le 01/04/2019 | Partager
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    Arancha González, la directrice exécutive du CCI, était présente à la conférence ministérielle de la Commission économique pour l'Afrique, organisée à Marrakech. L’occasion de parler de l’accord de zone de libre-échange continentale africaine et des opportunités de valeur ajoutée à travers le commerce pour les PME (Ph. Mokhtari)

    La directrice exécutive du Centre du commerce international (CCI), Arancha González, était présente à la conférence ministérielle de la Commission économique pour l'Afrique, récemment tenue à Marrakech. Celle qui a choisi les petites et moyennes entreprises comme plaidoyer majeur de l’organisation, dresse un bilan positif. Elle aborde également la question des tensions commerciales mondiales et leurs effets sur l’Afrique. Entretien.

    - L’Economiste: La guerre commerciale fait rage. Qui en sortira gagnant selon vous?
    - Arancha González:
    Personne, c’est le drame. Certains pays se sont lancés dans des mesures unilatérales qui ont eu comme réponse des mesures de rétention d’autres pays. Une sorte d’escalade. Cela prouve que quand des différends en matière commerciale existent, la seule voie possible est de s'asseoir autour de la table et de négocier. Nos économies étant très liées les unes aux autres, frapper un pays avec des mesures commerciales revient à se frapper soi-même.

    - Quels impacts peuvent avoir ces tensions sur l’Afrique?
    - Ces tensions ont tout d’abord refroidi les investisseurs, ce qui n’est pas en faveur du continent qui cherche justement à les mobiliser. Le deuxième impact a été le changement dans la manière dont sont gérées les chaînes de valeurs. Ces tensions semblent accélérer le mouvement de sortie de la Chine pour certaines entreprises, qui se tournent ainsi vers l’Afrique. L’effet est positif. Mais un troisième élément est plus préoccupant. Le ralentissement de l’économie mondiale aura un impact disproportionné sur le continent africain. Alors même que les pays ont encore plus besoin qu’ailleurs de croissance, en raison du retard à rattraper.

    - Comment réagir face à cela?
    - Il n’y a pas de modèle de croissance pour le continent dans son ensemble. Chaque pays doit définir les leviers utiles pour produire plus de valeur ajoutée locale. Voilà sur quoi doit reposer la croissance. Il ne s’agit pas seulement que s’appuyer sur l’exportation de matières premières, de matières brutes, à faible valeur ajoutée, car elle est synonyme de faibles revenus et de faibles conditions d’emploi. Mais attention, cette valeur ajoutée locale ne doit pas uniquement concerner la main d’oeuvre. Innovation, digitalisation, qualité de l’investissement, qualité de l’infrastructure, formation… sont là des créneaux porteurs de la croissance du continent.

    - Quel regard posez-vous sur le Maroc?
    - Dans un pays comme le Maroc, où l’on forme des ingénieurs, où l’on produit de la valeur ajoutée individuelle, de l’innovation, tout est réuni pour faire de la croissance dans la digitalisation, dans l’économie du 21e siècle. S’agissant des populations des zones rurales, la valeur ajoutée repose avant tout sur la formation, l’éducation et sur le secteur de la transformation. A chaque pays de définir les combinaisons d’actions les mieux adaptées à ses atouts.

    - Quel message envoie l’accord de zone de libre-échange continentale africaine, en cours de création?
    - Cette signature a été la bonne nouvelle de l’année écoulée. Le signal donné par le continent était à contre-sens de celui envoyé par d’autres acteurs. L’Afrique prouve ainsi qu’elle croit à la coopération, à l’effacement des frontières en matière de commerce international, et au rapport gagnant-gagnant. Mais il ne s’agit pas seulement d’un message, c’est aussi une posture. Le continent, avec ses 54 pays très fragmentés, a compris que, sans cet accord, produire de la valeur ajoutée est à la fois coûteux et entravé par de multiples complications. Si le signal à l’international est fort, il l’est aussi pour les entrepreneurs africains qui découvrent la puissance de cet énorme marché régional. C’est d’autant plus positif pour les PME pour lesquelles le commerce international commence presque toujours par la région.

    - Les PME justement semblent être au coeur de vos actions...
    - Depuis ma prise de fonction en 2013, j’ai en effet choisi les petites et moyennes entreprises comme plaidoyer majeur du Centre du commerce international. Cinq ans plus tard, je constate que de la Chine au Bénin, en passant par le Maroc, la Suisse ou la Colombie, tous les pays au monde travaillent à mieux connecter les PME aux opportunités de valeur ajoutée à travers le commerce. Ils cherchent également à connecter les femmes et les jeunes entrepreneurs à cette économie pour la faire plus inclusive et plus forte. Le bilan est donc très positif.

    Propos recueillis par J.A.

     

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