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    Mission française: L’Osui lance un grand programme de formation de ses profs

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Et construit une nouvelle école à Rabat, dans les environs du lycée André Malraux
    Un établissement «du futur» d’une capacité de plus de 650 places
    Frais de scolarité: une hausse de 1.500 DH à la rentrée
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    A la rentrée 2019-2020, le réseau Osui franchira la barre des 11.000 élèves. Les effectifs augmentent lentement, mais sûrement. Cette progression est due à la hausse du nombre d’élèves du lycée Louis Massignon à Casablanca, qui continue sa croissance. Mais également à un afflux «inattendu» à Agadir, en raison des implantations d’entreprises françaises, et d’une fréquentation marocaine accrue. Sans compter la contribution du lycée André Malraux à Rabat, qui a été reconfiguré

    La compétence des enseignants fait partie des principales préoccupations des parents d’élèves de la mission française au Maroc. La réduction des budgets alloués au réseau, pouvant l’obliger à terme à recruter plus parmi les profs locaux, fait craindre une dégradation accélérée de la qualité de l’enseignement dispensé.

    A la Mission laïque française (OSUI), où les deux tiers du corps enseignant sont constitués de locaux et de quelques étrangers francophones, et le tiers de détachés français, la question est prise à bras-le-corps.

    «Nous montons aujourd’hui, non seulement au Maroc, mais à l’échelle internationale, un dispositif de formation très responsabilisant pour les enseignants, une sorte de forum pédagogique virtuel avec des échanges entre pairs, depuis les Etats-Unis jusqu’au bassin méditerranéen», annonce Jean-Christophe Deberre, directeur général. «Nous développons, aussi, des diplômes universitaires pour certifier les professeurs dans les différents métiers de l’enseignement», poursuit-il.

    L’offre concerne à la fois les anciens et les nouvelles recrues. L’Osui est, par ailleurs, signataire d’un programme de formation diplomante des enseignants conçu par l’ambassade de France au Maroc, en partenariat avec l’Université internationale de Rabat (UIR) et l’Université de Lorraine. 

    Malgré la concurrence accrue, les effectifs du réseau sont en constante progression (voir illustration). Le groupe s’apprête, d’ailleurs, à s’agrandir à Rabat. Un projet d’une deuxième école primaire est en gestation à proximité du lycée André Malraux.

    «Nous sommes en train de penser véritablement à ce que pourrait être une école du futur, avec des espaces considérablement accrus pour accueillir les élèves, et leur permettre de construire leur autonomie, d’agir par eux-mêmes et pas uniquement être assis derrière un pupitre», confie Deberre.

    La nouvelle école, qui intégrerait de hauts standards environnementaux, serait d’une capacité de plus de 650 places. Le numérique pédagogique, prioritaire pour le réseau, y occuperait, également, une place importante.

    Côté numérique, à la rentrée 2018-2019, l’Osui souhaitait lancer un projet d’enseignement digital au lycée Louis Massignon à Casablanca. Mais contesté par les parents, il a été reporté. Il sera reconduit à la prochaine rentrée, selon le DG du réseau, qui assure que tous les malentendus ont été dissipés, et que les parents souscrivent désormais pleinement au projet.

    Comme chaque rentrée, une hausse des frais de scolarité est prévue. Pour 2019-2020, il faudra compter une augmentation de 3%, soit près de 1.500 DH supplémentaires. Les surplus sont de plus en plus difficiles à supporter par les parents, dont une grande partie relève de la classe moyenne.

    «L’enseignement français est dans des coûts médians par rapport à l’offre privée nationales ou à d’autres missions étrangères, beaucoup plus chères», tient à préciser le DG de l’Osui. «Il coûte chaque année plus cher, en raison des salaires qui augmentent, des dépenses pédagogiques, numériques... Négocier à la baisse nuirait à la qualité de l’offre», explique-t-il.

    La Mission laïque française est, néanmoins, consciente des préoccupations des parents. Les augmentations seront désormais fixées bien à l’avance. Les parents pourront disposer d’une visibilité sur trois ans.

    Une nouvelle approche d’apprentissage des langues

    L’Osui relève le défi du multilinguisme. Cette année, le groupe généralise le modèle de ses «classes 3 langues», jusque-là expérimentales. «L’objectif en est de construire un bilinguisme très solide entre l’arabe et le français. Cela a souvent été problématique, simplement parce que les pédagogies ne sont pas les mêmes», explique le DG de l’Osui, Jean Christophe Deberre. «L’expérience a montré qu’il est possible d’introduire ce bilinguisme, en mettant à égalité les deux langues devant les enfants. Un des défauts du passé est que le système international est toujours élaboré de telle sorte qu’une langue paraisse supérieure à l’autre», poursuit-il.
    Les classes 3 langues intègrent aussi l’anglais, une langue que les parents sont nombreux à plébisciter. Les enfants sont donc exposés aux trois langues dès la maternelle, «majoritairement à l’arabe et au français, et progressivement, mais avec une sensibilisation forte et déterminée, à l’anglais», précise Deberre. Chacune des langues donnera lieu à une certification: Cambridge pour l’anglais, le Diplôme d’études, ou d’études approfondies, de la langue française (Delf/Dalf), le Diplôme DELE pour l’espagnol, et même une certification de la langue arabe pour les non- arabophones.

                                                                       

    Qualité des enseignants: Les parents inquiets

    «La qualité de l’enseignement de la mission française s’est dégradée depuis les années 90. Avant, nous payions la scolarité de nos enfants au prix fort, mais nous avions droit à un enseignement de qualité, dispensé par plus de 75% de détachés français très engagés.

    Aujourd’hui, nous concédons des tarifs élevés, et nous sommes aussi obligés de payer en plus des cours de soutien», fustige Ahmed Mansouri, président honoraire de la Fédération des associations des parents d’élèves (FAPE-OSUI). Un avis que partage une maman de deux élèves à Rabat.

    «Avant, seul l’arabe faisait l’objet de cours de soutien. Actuellement, c’est devenu nécessaire pour plusieurs matières, dont les maths, la physique, le français… Au lycée et même au collège. Ce n’est pas normal», regrette-t-elle. Les parents déplorent surtout «la baisse de niveau» des enseignants du réseau.

    «Nous avons l’impression que les recrutements s’opèrent de manière aléatoire. Les départs à la retraite sont remplacés par des profils de détachés français ou de locaux malheureusement sous-qualifiés. Auparavant, nous avions notre mot à dire sur les nouvelles recrues. Mais c’est devenu plus opaque», relève Mansouri.

    Selon certains parents, une bonne partie des expatriés français ne relève pas de l’Education nationale française, et ni les critères de sélection, ni le parcours des candidats n’est partagé, comme ce fut le cas avant. «Nous ne sommes pas suffisamment impliqués. Nous aimerions une école réceptive, qui nous écoute et qui nous associe à ses décisions», souligne la maman d’élèves. D’autres parents nuancent, cependant, leurs propos.

    «L’Osui a, toutefois, été avant-gardiste par rapport à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Le groupe a démarré il y a deux ans une formation sur plusieurs mois pour son corps enseignant, avec de bons résultats. Cela reste, malheureusement, insuffisant. Il faudrait surtout engager des profs à vocation, et non se baser sur un simple diplôme», estime Amina Moutaoufik, SG de la FAPE. Avec son nouveau dispositif de formation, l’Osui espère rectifier le tir.

    Ahlam NAZIH

     

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