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    Entreprises

    Managem résiste aux vents contraires

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Le conflit commercial USA-Chine a fait dévisser les cours des métaux
    Le chiffre d'affaires décroche de 16%, mais les bénéfices s'améliorent de 2%
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    La volatilité des cours restera forte en 2019, prévoit le management. Le plan de transformation entrepris depuis trois ans doit notamment permettre au groupe de réduire son exposition à la volatilité des cours

    Boostés par une cession d'actifs (transaction avec le chinois Wanbao sur la mine de Pumpi en République Démocratique du Congo) et une orientation favorable des cours en 2017, les bénéfices de Managem se sont établis à 370 millions de DH (+2% retraité de l’opération exceptionnelle) en 2018, malgré une perte de 179 millions de DH au niveau de la filiale SMI.

    «Depuis deux à trois ans, nous arrivons à stabiliser nos bénéfices malgré la forte volatilité des cours», commente Imad Toumi, président-directeur général de Managem.

    La bonne dynamique des cours des principaux métaux exploités par le groupe s'est brusquement cassée sur fond de conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les métaux de base ont décroché de 15%. La baisse des cours du cobalt est plus spectaculaire.

    Porté depuis deux ans par les perspectives dans le secteur automobile, le cours s’est effondré pour terminer l'année autour de 30 dollars/lb(1) après avoir coté jusqu'à 44 dollars au premier semestre. Les prix ont poursuivi leur plongeon cette année à moins de 15 dollars actuellement.

    «Nous espérons que c’est le plancher. Toutes les analyses montrent que les fondamentaux sont bons. Le cobalt est un métal indispensable dans la production des batteries des véhicules», veut croire le PDG de Managem.

    Sur les métaux précieux, le contexte n'est guère favorable pour l'argent. Le repli des cours s'accompagne d'une baisse des performances de la mine. Par ailleurs, Managem a enregistré une année quasi vierge en termes de production d'or, depuis l'arrêt de la mine Bakoudou au Gabon.

    Les tensions au Soudan ont perturbé l'exploitation dans ce pays, limitant la production de l'unité pilote à 700 kilogrammes! Résultat, le chiffre d'affaires du groupe Managem a décroché de 16% à 4,4 milliards de DH. Les revenus de SMI se sont effondrés de 40%. «Une bonne partie de la contre-performance sur l'activité argent a été compensée au niveau des autres métaux. Cela nous conforte dans notre modèle de diversification», relève Imad Toumi. 

    A court terme, la volatilité des cours restera forte, prévoit le dirigeant. Malgré ces contretemps, le groupe maintient ses principaux objectifs notamment sur l'or. «Nous avions prévu une à deux années de creux sur ce métal en attendant que d'autres projets ne rentrent en production. Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre notre objectif de 7 à 8 tonnes annuel à l’horizon 2021».

    Pour y arriver, le Soudan reste un actif stratégique avec des réserves estimées à 50 tonnes d'or. Le groupe doit engager de gros investissements pour exploiter ce potentiel. «La situation politique dans le pays n'est pas favorable à la levée des financements internationaux», reconnaît Imad Toumi. Managem a donc investi en fonds propres dans la première phase du projet au Soudan.

    La première usine de traitement, au-delà du site pilote, a été mise en service en février dernier. Elle produira 2 tonnes par an. «L’usine a atteint le régime nominal de production en quatre semaines. Nous sommes sur un rythme de croisière pour pouvoir produire entre 1,7 et 2 tonnes par an», espère le PDG.

    A terme, le Soudan devrait contribuer à hauteur de 4 à 5 tonnes dans la production d'or du groupe.  La contribution de Tri-K en Guinée est attendue autour de 3 à 4 tonnes sur une dizaine d'années. Les études de faisabilité ont confirmé 30 tonnes d'or de réserves. Managem espère démarrer la construction de la mine au premier semestre 2019 pour une mise en production à partir de fin 2020.

    «Nous sommes bien avancé dans le tournant d'aller vers de grands projets en Afrique», note Imad Toumi. Le groupe est en pourparlers avec l'Etat gabonais pour la signature d'une convention minière sur le projet Eteke. Ce site pourrait produire jusqu'à 1,5 tonne par an.  

    Par ailleurs, le deal avec le chinois Wanbao marque une évolution dans le mode opératoire du groupe minier sur le reste du continent. Dans des marchés qui sont parfois difficiles, les coentreprises avec des acteurs solides permettent de mitiger le risque.

    «Notre partenariat avec les Chinois nous permet de viser des projets de grande taille, mais aussi d'avoir des alliés capables de mobiliser les financements et d'opérer dans un pays difficile», explique le PDG de Managem.

    Le groupe marocain détient encore 20% du projet Pumpi en République Démocratique du Congo. Cette mine va produire 40.000 tonnes de cuivre et 5.000 tonnes de cobalt par an. Sa construction nécessitera un investissement de 580 millions de dollars.

    L'apport de Managem s'élève à près de 40 millions de dollars. L'industriel a conclu un accord avec son partenaire lui permettant d'importer 1.000 tonnes d'hydroxyde de cobalt qui seront ensuite transformées en cathode de cobalt au Maroc.
    F.Fa

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    (1)  environ 454 grammes.

                                                                                    

    Le virage vers les activités à forte valeur ajoutée

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     Imad Toumi, PDG de Managem (Ph. F. Al Nasser)

    - L'Economiste: Les cours restent mal orientés depuis le début de l'année. A quoi faut-il s'attendre pour Managem qui demeure assez sensible à la volatilité des prix?
    - Imad Toumi:
    Tout le travail que nous effectuons dans le cadre du plan stratégique depuis trois ans vise à rendre notre business modèle plus robuste à la volatilité des cours. L'impact de la baisse des cours peut atteindre 400 millions de DH sur un semestre. Nous travaillons continuellement pour optimiser nos coûts de production et nos procédés. Le groupe investit massivement dans la recherche et développement. Chaque point de rendement gagné sur les process correspond à une économie de l'ordre de 100 millions de DH. Nous agissons sur plusieurs leviers, ce qui nous permet de stabiliser nos bénéfices dans un contexte très volatil. En même temps, Managem veut capitaliser sur vingt ans d'expérience dans l'hydrométallurgie pour développer de nouvelles activités à forte valeur ajoutée. Cela passera par le recyclage d'un certain nombre de minerais. Aujourd'hui, 1/3 de notre production de cathode de cobalt provient de la transformation de produits importés. Cette transformation génère une marge qui est moins sensible à la fluctuation des cours. Le centre de recherche est très actif pour soutenir cette ambition.

    - La baisse des teneurs de l'argent est devenue structurelle. Comment comptez-vous redresser votre filiale SMI?
    - La baisse des teneurs a été plus prononcée qu'anticipée. Mais, cela ne remet pas en cause la pérennité de la mine. Nous avons changé notre façon de travailler en nous aidant des nouvelles technologies. Les solutions digitales nous permettent d'exploiter plus efficacement la mine. Cet actif a plus de quarante ans et les structures minéralisées deviennent de plus en plus complexes à exploiter. La technologie nous permet d'avoir une meilleure vision de la mine souterraine et une planification plus précise et efficiente afin d'optimiser notre production et les teneurs que l’on exploite. Nous avons accéléré la transformation de SMI depuis deux ans et le processus va durer encore douze à dix-huit mois. Nous avons fortement  investi dans la mine et les résultats s'évalueront à moyen terme.
    Les rejets historiques de la mine contiennent environ 600 tonnes d'argent stockées dans les digues. Le recyclage du minerai contenu dans ces digues va apporter entre 30 et 40 tonnes d'argent par an tout en améliorant la protection de l'environnement. Cela représentera 15 à 20% de notre production future. L'usine de traitement des digues est opérationnelle depuis quelques jours. Nous restons confiants dans l'avenir de cette mine. Nous espérons retrouver rapidement les niveaux de production des années 2016-2017. Les transformations qui ont été entreprises vont permettre de pérenniser la mine sur au moins une dizaine d'années.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

     

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