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    Tribune

    Les ambulances... à réformer en urgence

    Par Abdelhamid EL MOUADDEN | Edition N°:5478 Le 21/03/2019 | Partager

    Abdelhamid EL MOUADDEN est président de l’Association nationale des services ambulances du Maroc. Il est également conseiller de la Fédération française des pompes funèbres et consultant sur la stratégie des secours et assistance au Maroc  

    Le transport sanitaire privé est un maillon clef dans la chaîne de secours.

    Il concerne aussi bien les services d’ambulance que celui des pompes funèbres.

    Aujourd’hui, ce métier, noble et difficile, est dans une impasse, et il n'y a pour lui aucun plan d’urgence.

    Ses trois activités sont:
    - Le service ambulance
    - Les pompes funèbres pour musulmans
    - Les  pompes funèbres pour non musulmans

    Ces trois activités ont été confiées aux communes urbaines pour une gestion à travers des concessions qui s’étalent sur 5 années. Aujourd’hui, les communes sont dépassées et ne peuvent plus gérer ces  activités aux nouvelles exigences nationales et internationales élevées.

    Le secteur ambulancier marocain est aujourd'hui composé de 270 entreprises qui possèdent un parc de 570 véhicules dont 50% datent de plus de 20 ans; 10% du parc seulement a moins de 5 ans.

    Pour les soins à bord, 70% des ambulanciers ne les pratiquent pas et seules 10% des entreprises marocaines sont organisées avec un infirmier à bord et un matériel de haute gamme. Il est même rare qu’une ambulance soit désinfectée pour éliminer les bactéries et les différents germes.

    Les prématurés sont les principales victimes de cette situation car 90% des ambulanciers ne disposent pas d’incubateur dite «couveuse» pour la prise en charge et le transport sécurisé. Dans le sud comme dans le nord, les bébés sont pris en charge par leurs mamans à travers un véhicule de fortune dans l’espoir d’arriver en vie à l'hôpital.

    Quant au dernier voyage, vers la «dernière demeure», nous n’avons pas non plus  d’activité des pompes funèbres privées de qualité. Et quand elle existe, elle est en voie de disparition. La principale raison est une concurrence déloyale de la part de certaines communes qui sont donneurs d’ordre… et opérateurs.

    Beaucoup de communes imposent aux concessionnaires le payement d’une taxe  sous forme de redevance allant jusqu'à 10% du résultat fiscal ou un montant minimal de 20.000 DH/an. Cette procédure décourage la majorité des entreprises de répondre aux appels d’offres mais exercent quand même… dans l’informel.

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    Le secteur ambulancier marocain est aujourd’hui composé de 270 entreprises qui possèdent un parc de 570 véhicules dont 50% datent de plus de 20 ans. Pour les soins à bord, 70% des ambulanciers ne les pratiquent pas et seules 10% des entreprises marocaines sont organisées avec un infirmier à bord et un matériel de haute gamme (Ph. L’Economiste)

    D’autres communes accordent des concessions moyennant une redevance annuelle, mais en parallèle, elles concurrencent les concessionnaires avec leur propre parc communal d’ambulances et de pompes funèbres. A travers leur cahier des charges, elles exigent un parc neuf pour une durée de 5 ans avec un investissement de plus de 1,2 million de DH. Au-delà de 5 années d’activité, ces exploitants privés sont dans l’obligation de retirer leur parc, et les communes, elles, continuent de faire circuler leurs parcs vétustes dont la majorité dépassent les 10 années.

    À travers tout le pays, le secteur privé des ambulances et du transport funéraire (voir encadré) est donc livré à lui-même. Il doit improviser seul la formation et la prévention.

    Mais avec courage, des ambulanciers continuent à maintenir le cap et avancer pour améliorer la situation. Ils n’arrêtent pas de réclamer une réforme sérieuse pour exercer dans la légalité, avec une concurrence loyale et contre toute forme de monopole. Actuellement, plus de 75% des entreprises exercent leur activité sans autorisation à cause de la gestion communale et ses conséquences.

    Le secteur des ambulanciers privés est en mesure de prendre le relais en partenariat avec le ministère de  la Santé et le ministère de l’Intérieur dans le cadre du projet SAMU à l’échelon national. C'est un métier noble qui est aussi considéré comme un pilier du tourisme dans le cadre de l’assistance médicale.

    En effet, l’ensemble de compagnies d’assistance traitent chaque année plus de 12.000 transports et évacuations par ambulance. Donnons à titre d’exemple les pays voisins comme l’Algérie, la Tunisie ou la France, l’Espagne et le Portugal où cette activité est gérée par le ministère de la Santé sous forme d’agrément. Ce qui encourage les chefs d’entreprises à investir dans des moyens de transports fiables, médicalisés, et le parc bien entretenu  circule au-delà de dix ans sous un double contrôle technique et sanitaire.

    Un transport funéraire à l’agonie

    Même à Casablanca, notre ville moderne et étendue, le secteur de transport funéraire compte 80 entreprises à l’agonie nécessitant des traitements d’urgence. En effet, plus de 50 fourgons ont été retirés et plus de 50 entreprises ont déposé leur bilan.
    Il est dit que le transport funéraire est assuré gratuitement par la commune de Casablanca. Gratuit? Mais à quel prix? Dans le cadre du service pompes funèbres pour non musulmans, trois sociétés se partagent le marché au Maroc,  imposant un prix excessivement  élevé lors du rapatriement. Les familles en deuil  ou les consulats sont soumis  à une concession d’exclusivité où le concessionnaire ne laisse aucun choix aux familles et paye un prix discrétionnaire. Les services consulaires ne cessent de réclamer la libre concurrence pour laisser le choix à la famille du prestataire et du prix.

     

     

     

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