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    Analyse

    Déchets électriques et électroniques: Les toutes premières actions de la filière

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5478 Le 21/03/2019 | Partager
    Un gisement de 120.000 tonnes par an!
    Préalable: l'Etat doit montrer l'exemple
    Les ménages peuvent désormais «vendre» leurs appareils hors usage
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    Modèle-pilote du processus de recyclage de DEEE à Nouaceur (unité Logipro du site Sapino). L'opération commence par la collecte, le pesage. S'ensuivent le démantèlement et la séparation des équipements (plastique, aluminium, métaux ferreux...). Juste après, c'est la chaîne de broyage, traitement thermique et chimique

    L'écosystème de la filière du traitement des déchets d'équipements électriques et  électroniques (DEEE: plus connus dans le jargon par D3E) est dans les starting-blocks. Une nouvelle impulsion vient d'être donnée à la filière représentée par l'Association de valorisation et d'élimination des déchets industriels (Amvedi), qui regroupe une quinzaine de gros industriels également membres de la Coval (Coalition pour la valorisation des déchets).

    Ce nouvel élan intervient suite à la signature de la première convention entre le Secrétariat d'Etat au Développement durable et les professionnels. Une convention à multiples enjeux puisqu'elle vient opérationnaliser la stratégie nationale de valorisation des déchets.

    Le coup d'envoi vient d'être donné pour le traitement, voire la valorisation des déchets d'équipements électriques et électroniques. Concrètement cela concerne les appareils informatiques et équipements de  télécommunications, ainsi que les vieux PC (ordinateurs de bureaux et portables), imprimantes, smartphones, tablettes, serveurs, scanners... La convention devra favoriser la structuration des opérateurs ainsi que celle du secteur informel via la création de TPE et PME.

    Ce qui permettra la création d'emplois par milliers, le transfert de savoir-faire, la montée en compétence dans les process de tri, le traitement, voire la valorisation avec plus de valeur ajoutée.

    Pour l'heure, le défi de la filière consiste à assurer la pérennité de l'écosystème de traitement, lequel est tributaire de sa capacité à  mobiliser les financements, notamment à travers le déploiement d’écotaxes, de redevances et de contributions dédiées à la gestion durable des filières.

    La nouveauté réside aussi dans la mise en place d'un système de contrôle spécifique à la gestion de la filière. En clair, des contrôles périodiques seront menés auprès des opérateurs de collecte et de valorisation afin de vérifier le respect du cahier des charges et de la réglementation en vigueur.

    A ce stade, la filière (sous la houlette de l'Amvedi) planche sur  un plan d'action annuel pour développer l'écosystème et mobiliser les fabricants et importateurs à adhérer au principe de valorisation. La priorité est donnée à la mise  en place de centres de collecte, de recyclage et de valorisation à l'échelle nationale.

    Un centre pilote de Logipro est déjà opérationnel à Casablanca avec un process déjà mis en place en partenariat avec le groupe français Morphosis. Il s'agit d'une usine modèle de tri, de traitement et de recyclage D3E basée dans le parc industriel de Sapino à Casablanca.

    C'est l'entreprise Logipro Environnement qui est derrière cette initiative. Le site, qui s'étend sur 1.200 m2, est réparti entre une unité de traitement de tubes fluorescents et une autre dédiée aux déchets électriques et électroniques.  L'investissement est de 15 millions de DH. Il s'agit d'un centre de tri, de démantèlement et de séparation des équipements doté d'une chaîne interne de broyage.

    Selon Nasreddine Yahyaoui, directeur de Logipro, «le gisement de la production annuelle des déchets est de 120.000 tonnes au Maroc, répartis à raison de 94.000 tonnes au niveau des ménages et 32.000 tonnes chez les industriels».  Et d'ajouter, la stratégie nationale de valorisation des déchets (SNRVD) estime à 12% le recyclage opéré en 2015. Elle table sur 20% en 2020.

    A l'horizon 2030, l'objectif est d'arriver à recycler 40%. Pour relever ce défi, l'exemplarité de l'Etat est un passage obligé, voire un préalable. Il va sans dire que l'administration publique devra servir de modèle en donnant l'exemple via le respect des lois liées à la préservation de l'environnement. Désormais, tous les déchets (type DEEE) de l'administration publique devront  systématiquement faire l'objet d'appels d'offres pour le choix d'une société autorisée à faire la collecte, le tri et le traitement.

    In fine, l'exemplarité de l'Etat devra contribuer à alimenter massivement la filière en équipements et matériels hors usage. Tout le défi consiste donc à formaliser et à systématiser cette culture au niveau des ministères, offices et entreprises publiques. En alimentant la filière en déchets électroniques, la logique veut que la contribution de l'Etat optimise davantage les volumes de recyclage.

    Ce qui permettra de capter des investissements conséquents dans la valorisation, créer des emplois, des avantages sociaux.... «L'enjeu est de produire de la valeur ajoutée et surtout une montée en compétence via le transfert de savoir-faire», explique l'ingénieur Yahyaoui. Pour l’instant, cette activité reste fortement dominée par l’informel.

    Autre challenge, convaincre les industriels, usines et grandes entreprises du privé (producteurs de déchets), à l'instar des filiales de multinationales qui sont très avancées dans le traitement et le recyclage. La capacité à faire adhérer les ménages à cet état d'esprit n'est pas non plus une mince affaire.

    Pour impliquer les ménages, l'Amvedi s'apprête à lancer  l'application e-Recyclage via smartphone (voir article ci-contre). Une fois les volumes importants, la filière compte à terme mettre en place un centre de tri pour l'extraction de métaux précieux au Maroc.  Il s'agit là d'une technologie de pointe pour apporter une réelle valeur ajoutée et compléter l'écosystème de bout en bout.

    «Aujourd'hui, les volumes ne sont pas suffisants pour rentabiliser l'investissement qui est de l'ordre de 20 millions de DH» , tient à préciser Nasreddine Yahyaoui. Du coup, c'est le partenaire de Logipro (le français Morphosis) qui se chargera de la partie «riche» des cartes électroniques et de l'extraction des métaux précieux (or, cuivre, aluminium...).

    Substances «cancérigènes»

    Jusque-là, les pratiques dangereuses de recyclage privilégient l'incinération à ciel ouvert de câbles, de circuits imprimés, fils électriques... Or, l'incinération à basse température et à ciel ouvert présente le risque de production de dioxines et de furanes, polluants organiques à fort potentiel cancérigène. En effet, le contenu toxique de ce type de déchets peut aussi contaminer les sols et la nappe phréatique lors de la mise en décharge. Les déchets en question contiennent des métaux lourds tels que le mercure, le plomb, le cadmium, le chrome...

    Amin RBOUB

     

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