Economie

Bourse: L’année des profits warning

Par Franck FAGNON | Edition N°:5472 Le 13/03/2019 | Partager
1 entreprise sur 4 concernée pour les résultats annuels 2018
Assurances, construction et agroalimentaire parmi les plus touchés
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18 entreprises, pesant plus de 10% de la masse bénéficiaire, ont déjà émis une alerte sur les résultats. C’est un record! Dans beaucoup de cas, le timing de la publication de ce type d’information est en infraction par rapport à l’obligation de transparence envers les investisseurs (Ph. L’Economiste)

La Bourse vient de battre un triste record. Dix-huit émetteurs ont déjà alerté sur les résultats 2018, soit 1 entreprise sur 4. Elles pèsent 3,4 milliards de DH de profits, soit plus de 10% de la masse bénéficiaire (2017). Le plus inquiétant dans tout cela est qu’une bonne partie de la cote n’a pas encore publié les indicateurs d’activité.

Dans les alertes publiées jusqu’ici, sept (Wafa Assurance, Saham Assurance, Addoha, Société des Boissons du Maroc, Centrale Danone, Oulmès et Lesieur Cristal) auront un impact significatif sur la performance du marché en 2018.

L’impact négatif engendré par les cinq premières sur les profits de la cote sera de 1,4 milliard de DH. Hors Centrale Danone, CFG Bank anticipe un recul de 2,1% de la masse bénéficiaire à 31,3 milliards de DH en 2018. En intégrant la société agroalimentaire, qui a publié une perte de 538 millions de DH, la baisse atteindrait 4%.

Les motifs des alertes sont nombreux et plusieurs d’entre eux sont la conséquence des «mauvaises» interprétations de la réglementation fiscale. Saham Assurance, Jet Contractors, Lesieur Cristal, Société des Boissons du Maroc ou encore Addoha ont réglé ensemble près de 400 millions de DH au Trésor pour différents contrôles fiscaux.

A cet élément exceptionnel, s’ajoute une conjoncture qui se dégrade pour plusieurs entreprises notamment les compagnies d’assurances. La hausse de la sinistralité automobile comprime leur rentabilité. En dehors de Saham, Wafa Assurance, qui présente ses résultats ce mercredi,  a émis une alerte sur ses résultats pour la même raison. Son profit baisserait de plus de 200 millions de DH. Le secteur de la construction suscite des inquiétudes.

Après les difficultés de Stroc Industrie, Delattre Levivier Maroc a, à son tour, pâti de la persistance de la tension sur sa trésorerie. Le dénouement d’un dossier en arbitrage international renflouera la trésorerie de 74 millions de DH. La société espère clôturer un autre dossier cette année. Mais, elle aura besoin de plus de cash pour honorer ses commandes.

Comme Stroc Industrie, la société est en quête de nouveaux bailleurs de fonds. Dans l’immobilier, la conjoncture demeure difficile et les interrogations sur certains opérateurs restent nombreuses. En 2018, Oulmès et Centrale Danone, eux, ont composé avec un phénomène inédit avec le boycott de certaines de leurs marques.

Les secteurs assurances, construction, agroalimentaire ont principalement alimenté les profits warning. En Bourse, le Masi affichait en séance mardi 12 mars une baisse annuelle de plus 2,3% et une chute des transactions au cours des dernières séances. Malgré l’avalanche des profits warning, les analystes restent mesurés sur le comportement du Masi.

Les difficultés dans les secteurs de la construction et de l’immobilier seraient déjà intégrées par le marché. Par ailleurs, les performances de Maroc Telecom et les premiers résultats des groupes bancaires rééquilibrent quelque peu les débats.

F. Fa

 

 

 

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