Politique

Bientôt une session extraordinaire du Parlement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5469 Le 08/03/2019 | Partager
Les dirigeants de la majorité ont retenu le principe
Au menu, le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement, bloqué par le PJD
Une réunion des groupes parlementaires le 11 mars pour débloquer la situation
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Les enseignants contractuels ont crié tellement fort qu’ils ont fini par être entendus au point de constituer l’un des points inscrits à l’ordre du jour de la réunion de la majorité, tenue mercredi soir à la résidence officielle du chef du gouvernement, au quartier Souissi à Rabat.

Au cours de cette rencontre, les patrons des partis de la majorité ont insisté sur la nécessité de trouver une solution à ce problème soulevé par une population estimée à 70.000 enseignants si l'on prend en compte les 15.000 postes budgétaires à créer au cours de cette année.

Pour les responsables politiques, ces enseignants, qui multiplient les mouvements de contestation et les grèves, doivent avoir un statut similaire à leurs autres collègues qui ne sont pas recrutés dans le cadre d’un contrat. Cependant, ce statut est régional, passé avec les Académies régionales d’éducation et de formation (AREF), a souligné un responsable politique ayant participé à la réunion de la majorité.

Ces dirigeants n’étaient pas les seuls à se trouver acculés à s’exprimer sur ce sujet d’actualité. Le ministre de l’Education nationale Saïd Amzazi a organisé une conférence de presse sur ce même thème quelques heures auparavant. Lundi dernier, la réunion hebdomadaire du bureau politique du PPS avait également abordé cette question brûlante.

Le parti avait invité le gouvernement à s’engager dans la voie du dialogue constructif avec les enseignants contractuels sans devoir systématiquement recourir à la violence. Visiblement, sur le sujet des enseignants contractuels, la majorité fait preuve de fermeté. Ses dirigeants réaffirment le choix de la contractualisation comme axe stratégique entre les enseignants et les AREF.

«Il est important de maintenir ce choix stratégique visant l’intérêt suprême de la nation, sur le plan démocratique, institutionnel et de développement garantissant également la justice spatiale, vu les déficits  dont souffrent certaines régions», souligne Saâdeddine El Othmani, via un communiqué, en tant que président de la majorité.

De même, les dirigeants de la coalition insistent sur la nécessité de préserver les droits des élèves, en assurant la continuité des cours. En outre, ils saluent l’initiative du gouvernement de doter les cadres  des Académies régionales des mêmes droits et garanties prévus pour les fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales, dans le cadre d’un statut de base spécifique. Ce qui devra leur assurer la stabilité professionnelle. D’ailleurs, les partis de la majorité appellent au renforcement des efforts de communication avec les cadres et les parties concernés ainsi que l’opinion publique.

Réunion au sommet

Cette réunion au sommet ne pouvait pas ignorer le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement. Ce texte, qui a franchi plusieurs étapes du circuit allant du conseil du gouvernement au conseil des ministres, est bloqué au niveau de la Commission de la culture et l’enseignement de la Chambre des représentants. Cette action a été orchestrée par le PJD lors de la présentation des amendements en février dernier.

En effet, la question linguistique, particulièrement l’enseignement des matières scientifiques dans les langues étrangères, divise la majorité. D’un côté le PJD. De l’autre, le RNI, l’USFP... Ces responsables politiques ont décidé de sensibiliser leurs groupes parlementaires en vue de trouver un compromis pour sortir de l’impasse.

Ces groupes devront se réunir le 11 mars prochain pour trouver une solution. L’un des responsables de la majorité a confirmé la tendance. «Même si sur la question linguistique, l’orientation générale impose une nécessaire ouverture sur les langues étrangères, ce qui n’est pas encore ficelé», a-t-il précisé.

En tout cas, les patrons des partis de la majorité ont proposé de tenir une session extraordinaire du Parlement. L’objectif est d’accélérer le rythme d’adoption des textes prêts comme celui relatif  à l’officialisation de la langue amazigh et la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine. Ils comptent introduire au menu de cette cession extraordinaire le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement.

Surtout que l’ouverture de la session du printemps sera marquée par l’élection de la présidence de la Chambre des représentants. Ce qui retardera le démarrage effectif du travail au sein de cette institution. Toutefois, il y a de fortes chances que Habib El Malki rempile à ce poste.

Les différentes composantes de la majorité sont contentes de son travail et le PJD ne semble pas avancer une candidature pour le perchoir. Il sera également question de renouvellement des différentes instances de la Chambre, notamment les membres du bureau et les présidences des commissions permanentes.

Une occasion pour ces dirigeants de saluer publiquement le travail mené par les groupes parlementaires en matière de contrôle du gouvernement, de la législation et de la diplomatie. Le dernier exemple est la réunion, le 6 mars, de la Commission du contrôle des finances publiques qui s’est penchée sur le rapport de la Cour des comptes relatif à la CDG. Une manière de rappeler que les commissions fonctionnent même entre les sessions.

Coup de pouce pour le dialogue social

Les patrons de la majorité ont visiblement pris conscience que l’initiative de confier le dossier du dialogue social au ministre de l’Intérieur, Abdelouahad Laftit, n’a pas été d’une grande utilité. C’est pour cette raison qu’ils ont demandé au chef du gouvernement d’inciter les partenaires sociaux à s’activer pour élaborer un pacte social, équilibré et permanent. L'objectif est de répondre aux attentes des fonctionnaires et de la classe ouvrière en vue de combler le retard enregistré sur ce dossier.

M.C.

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