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    Economie

    Emploi: A quoi sert vraiment le diplôme?

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5464 Le 01/03/2019 | Partager
    Le taux de chômage à 25% pour les diplômes supérieurs des facultés et à plus de 20% pour la formation professionnelle
    Le réseau familial, meilleur canal pour trouver un emploi
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    Le taux de chômage des jeunes, des femmes et des diplômés dépasse le niveau national de plusieurs points. Selon le HCP, les trois quarts des personnes au chômage souhaitent travailler en tant que salarié et 67,6% dans n'importe quel secteur

    Etre bien formé ne garantit pas l'accès à un emploi. Les chances pour une personne non qualifiée de décrocher un job sont plus élevées que chez celle qui a une formation. Le paradoxe est tel qu'il est arrivé à pousser beaucoup de jeunes à penser que «faire des études ne sert à rien». Le taux d'abandon au premier cycle des facultés en est un indice.

    Le taux de chômage des diplômés est à 17,2% dépassant la moyenne nationale de 7,8 points. De fortes inégalités sont également observées: quatre personnes au chômage sur dix ont un diplôme de niveau supérieur et 14% de niveau moyen. Un constat alarmant et récurrent que les plans sectoriels ne sont pas parvenus à inverser.  

    Le phénomène touche plus les diplômés des facultés (25,9%) et de la formation professionnelle: 24,2% pour les certificats en spécialisation professionnelle, 23% pour les diplômes de techniciens et 21,4% pour les diplômes de qualification professionnelle,… au point où l'on parle de plus en plus de «fabriques à chômeurs».

    Dans la formation professionnelle,  les efforts consentis ont été concentrés sur la quantité au détriment de la qualité. A l'exception de quelques secteurs, les cursus sont déconnectés des besoins de l'entreprise. Une partie de l’inadéquation des compétences  s'explique par le défaut d'informations sur les besoins de l'entreprise et les opportunités du marché du travail.

    Le taux élevé du chômage des diplômés tient ainsi à la qualité de la formation et à l'inadéquation entre les compétences acquises et requises sur le marché. Il est aussi lié à un déficit de demande de compétences par les entreprises puisque le tissu productif connaît une transformation structurelle lente qui ne permet pas d’accompagner la croissance des flux de diplômés.

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    Les femmes, les jeunes et les diplômés de niveau supérieur sont les plus touchés par le chômage de longue durée

    Aujourd'hui, les jeunes, les femmes et les diplômés restent les catégories les plus touchées par le chômage. Les jeunes (15 à 24 ans) sont à un taux de 26% au niveau national. Il grimpe à 43,2% dans les villes. Ni les avantages fiscaux accordés, ni les programmes de soutien de l'Anapec ne sont parvenus à infléchir la courbe du chômage des jeunes dans un  contexte marqué par une croissance économique peu créatrice d'emplois.

    Les programmes de formation et d’emploi, notamment Idmaj et Taehil, ont très peu d'impact. D'ailleurs les demandeurs d'emploi recourent rarement à l’intermédiation institutionnelle. Le réseau familial est le plus souvent privilégié: plus de 6 personnes sur 10 font appel à l'entourage et trois sur dix au contact direct de l'employeur  (37,7%). La participation aux concours et les réponses aux annonces sont utilisées par deux personnes au chômage sur dix.

    Si, au niveau national, le taux de chômage des femmes atteint 14%, dans les villes, une femme sur quatre est sans emploi (24,3%). Encore plus inquiétant, leur taux d'activité s'établit à 22,2% seulement. D'ailleurs l’écart des taux d’activité entre les deux sexes atteint 48,7 points.

    Le HCP avait relevé que la proportion des femmes «exclues» du marché du travail atteint 10 millions dont 34,9% ont moins de 30 ans. Plus de sept femmes sur dix sont au foyer, 13,4% sont étudiantes et près des deux tiers ne disposent d’aucun diplôme.

    La population active au chômage se caractérise aussi par le nombre élevé des primo-demandeurs d’emploi:  57,9%! La majorité d'entre eux sont des citadins  (87%), plus de neuf sur dix sont âgés de 15 à 34 ans.

    Le chômage de longue durée devient presque sectoriel: plus de six chômeurs sur dix sont à la recherche d'un emploi depuis plus d'une année.

    Khadija MASMOUDI

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