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    Economie

    Une deuxième vie pour le Cervantès de Tanger

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5454 Le 15/02/2019 | Partager
    La donation signée en présence du Roi Mohammed VI et des souverains d’Espagne
    Le Maroc s’engage à sa restauration et à lui donner un usage en relation avec son histoire
    cervantes-de-tanger-054.jpg

    Une nouvelle vie se profile pour le Cervantès dont la propriété a été cédée au Maroc (Ph. Adam)

    Une nouvelle vie pour le théâtre Cervantès. C’est en présence du Roi et de ses hôtes les souverains d’Espagne qu’a été signé, mercredi à Rabat l’accord paraphant la donation du terrain et de la bâtisse au Maroc.

    L’accord stipule une donation irrévocable du théâtre avec l’obligation côté marocain de restaurer et d’employer le bâtiment en tant qu’outil de développement des liens entre le Maroc et l’Espagne. L’Etat marocain a déjà annoncé son intention de prendre en charge ce bâtiment et d’en assurer la restauration afin d’en faire un outil de rayonnement culturel avec en toile de fond les relations entre le Maroc et l’Espagne.

    Le Cervantès, qui a célébré son centenaire en 2013, est un témoin privilégié de l’histoire contemporaine de Tanger. En effet, peu de scènes peuvent se prévaloir d’avoir vu passer Enrico Caruso au Maroc, celui que l’on considère comme le plus grand ténor d’opéra de tous les temps.

    Dès ses premières années, celui que les historiens qualifient de premier grand théâtre du Maroc a accueilli en outre tout le gotha de la scène artistique espagnole et ibéro-américaine de l’époque. Des noms illustres comme Estrellita Castro, Imperio Argentina, ou Antonio Machin sont passés par la scène de cet imposant bâtiment. Celui qui a brillé pendant plusieurs décennies comme l’un des grands lieux du spectacle de l’époque a eu par la suite un bien triste devenir.

    Actuellement, le théâtre tombe littéralement en ruines. La scène autrefois drapée de rouge pourpre et entourée d’une large arche dorée à la main n’est plus que le reflet d’elle-même. Son millier de fauteuils, d’un luxe inouï pour cette période d’avant-guerre ont eu le temps de se décrépir depuis 1990, date de sa fermeture définitive.

    Le théâtre avait été construit en 1913 par un couple d’entrepreneurs espagnols. En 1928, il devient propriété de l’Etat espagnol. Il a connu dès lors une longue carrière avec des pièces de théâtre, de l’opéra et même des meetings politiques comme celui de Chakib Arsalane, rappelle-t-on du côté espagnol.

    Depuis, il a énormément souffert, atteignant un état de délabrement critique. Il est même menacé d’effondrement et l’accès y est interdit. Mais les vestiges d’une splendeur passée sont encore là. Situé en contrebas de la place Faro, il avait dans le temps une vue imprenable sur la mer.

    Les rumeurs sur une éventuelle restauration ont fusé et continuent mais sans aucun résultat jusqu’à maintenant. Il y a quelques années, l’Espagne avait avancé un budget pour une restauration d’urgence. Cette dernière ne lui avait pas redonné son image d’antan, mais elle a au moins limité les effets du temps.

    Ali ABJIOU

     

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