Economie

Maroc-Espagne: Nouveaux accords pour renforcer le partenariat

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5454 Le 15/02/2019 | Partager
Vers une plus grande fluidité des trafics aériens et maritimes
Une coopération plus étroite dans la lutte contre la criminalité
Un comité pour le partenariat énergétique pour bientôt
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Reportée à plusieurs reprises, cette visite d’Etat intervient dans un contexte favorable où l’Espagne a pris conscience de l’importance de cultiver un partenariat distingué avec le Maroc (Ph. Bziouat)

Sur le tarmac, les premières images de l’arrivée du Roi d’Espagne Don Felipe VI et la reine Dona Letizia, sont saisissantes. Elles résument l’intensité des relations bilatérales tout en mettant en relief le cachet familial et fraternel qui lie les deux monarchies.

En effet, à l’accueil à l’aéroport de Rabat-Salé, le Roi Mohammed VI était accompagné des princes et princesses. Avec cette séquence, qui exprime la profondeur de l’amitié et de la proximité, le Souverain perpétue une tradition développée par feu Hassan II.

Cette visite, reportée plusieurs fois, intervient dans un contexte favorable où l’Espagne a pris conscience de l’importance de cultiver un partenariat distingué avec le Maroc. Devant les instances européennes, notre voisin a été un ardent défenseur des accords agricole et de pêche. Au point qu’au fil du temps, Rabat est devenu un sujet de politique intérieure espagnole. Les opérateurs ibériques ont multiplié les déplacements au Maroc.

Cette proximité n’exclut pas les dossiers en suspens qu’il faudra traiter avec franchise, hauteur et prospective. C’est le cas notamment de Ceuta, Melilla et les Iles Jaâfarites, la prospection pétrolière dans les eaux territoriales ainsi que la situation des MRE. La forte présence du polisario au sein de la société civile parasite parfois la politique officielle.

La particularité de la force du partenariat stratégique des deux pays se traduit dans la nature des 11 accords signés mercredi dernier sous la présidence des deux rois. En effet, ces documents marquent des étapes avancées de la relation bilatérale et abondent dans le sens de la spécialisation. C’est le cas du mémorandum entre les deux compagnies aériennes, Ibéria et la Ram. 

Par cet accord, celles-ci ont décidé d’élargir l’accord code-share, incluant les codes de vols des deux compagnies dans des points spécifiques entre le Maroc et l’Espagne, en Afrique de l’ouest et d’autres pays. En plus, Ibéria exploitera le Terminal 1 de l’aéroport Mohammed V de Casablanca pour le stationnement de sa flotte vers d’autres destinations.

Idem pour la convention signée entre les patrons des deux ports, Tanger-Med et Algésiras, destinée à mettre en place un dispositif pour anticiper la croissance future du trafic des marchandises et des flux de passagers dans le détroit de Gibraltar. Les deux signataires, Fouad Brini et Manuel Moron Ledro, veulent valoriser le pont maritime sur le Détroit par la définition d’un nouveau modèle pour l’offre portuaire, maritime et logistique compétitive.

L’idée est  d’adapter la qualité de service de la flotte passagers et fret reliant les ports de Tanger Med et d’Algésiras. Ces accords dans les domaines précis donnent une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale.  En 2018, les flux portuaires se sont élevés à un peu plus de 2,8 millions de passagers et 326.000 camions Tir.

Si du côté passagers, les niveaux ne devraient pas connaître de grands changements, le volet marchandises enregistre une pleine explosion avec un trafic prévu de 600.000 camions à l’horizon 2025. Cette évolution est portée à la fois par la dynamique des exports industriels et agricoles. Compte tenu de cette dynamique, les deux autorités portuaires ont mis en place un cadre qui repose sur la facilitation du commerce et en parallèle l’échange accru de données entre les deux plateformes portuaires.

En outre, l’accord signé entre les deux ministres de l’Intérieur visant le renforcement de la coopération en matière de lutte contre toutes les formes de criminalité, s’inscrit dans cette lignée. Là encore, il s’agit de créneaux pointus comme la détention arbitraire, l’enlèvement, les infractions contre les biens, le trafic illicite de stupéfiants, de substances psychotropes et la traite des êtres humains.

A cela s’ajoutent l’exploitation sexuelle des enfants, la production, la distribution ou la détention de matériel à caractère pornographique impliquant des enfants. Cette convention s’étend au trafic illégal d’armes, de munitions, d’explosifs, de substances radioactives, de matériels biologiques ou nucléaires. Le blanchiment d’argent et les transactions financières irrégulières, les infractions dans les domaines économique et financier, le faux monnayage, les falsifications et les contrefaçons des moyens de paiement sont également sur la liste.

Par ailleurs, un mémorandum d’entente vise à établir un partenariat stratégique en matière d’énergie. L’objectif est de jeter les bases d’une coopération à travers l’intégration des réseaux,  des marchés énergétiques et le développement des énergies renouvelables. Les deux ministres de tutelle comptent mettre en place un comité de partenariat énergétique qui sera composé des représentants des deux ministères et des établissements publics et privés des deux pays.

Par la même occasion, ils ont signé un autre accord pour le développement d’une 3e interconnexion électrique Maroc-Espagne à travers le détroit de Gibraltar. Le but est de promouvoir le commerce régional d’électricité, l’amélioration de la fiabilité des systèmes électriques et le maintien de la sécurité des réseaux maghrébins interconnectés.

Les deux gouvernements ont décidé de confier aux gestionnaires des réseaux de transport électrique de développer et de construire cette interconnexion pour une mise en œuvre  à l’horizon 2021-2026. Les études techniques et économiques seront menées afin de présenter des propositions aux deux gouvernements durant cette période. 

Le renforcement de la protection des investisseurs et la sécurité des marchés des capitaux n’a pas été en reste. Selon le mémorandum signé mercredi soir, l’Autorité marocaine des marchés des capitaux et la Commission  nationale du marché des valeurs vont organiser des consultations périodiques sur des questions d’intérêt commun afin d’améliorer la coopération entre les deux institutions.

Des échanges bilatéraux en progression

  • Exportations marocaines

     2011: 3,1 milliards d’euros
    2017: 6,35 milliards d’euros                       

  • Exportations espagnoles

   2011: 4,13 milliards d’euros
  2017: 8 milliards d’euros.

Les nouveaux métiers

Le lancement du nouveau format du Conseil économique Maroc Espagne (CEMAES), programmé hier jeudi devra développer les échanges entre les deux pays de manière plus rationnelle. D’ailleurs, en marge de cet évènement, un forum est organisé à Rabat, avec la participation des opérateurs économiques et des officiels espagnols et marocains. Deux thématiques sont abordées en plénière. Il s’agit des nouveaux métiers porteurs d’une croissance partagée et les moyens mis en œuvre pour réussir l’intégration industrielle. Le programme prévoit la clôture de la rencontre avec la présence du Roi d’Espagne Don Felipe VI.

M. C.

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