Entreprises

Platinum Power dans une zone de turbulences

Par Franck FAGNON | Edition N°:5446 Le 05/02/2019 | Partager
La construction de plusieurs barrages hydroélectriques bloque sur les aspects tarifaires
Les tensions entre les actionnaires exacerbent les difficultés
Un conseil d'administration et une assemblée générale extraordinaire décisifs ce mardi 5 février
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Pour Omar Belmamoun, PDG de Platinum Power, l'avenir de l'entreprise doit passer par des partenariats avec des groupes qui présentent une surface financière plus large à même de consolider l'actionnariat actuel (Ph. DR)

Après sept ans d'existence le développeur de projets hydroélectriques doit surmonter plusieurs écueils. Au-delà des autorisations qui rallongent les durées de réalisation des projets, l'évolution des chantiers au Maroc et en Côte d'Ivoire bute sur les aspects tarifaires. «Il y a des solutions de structuration financières avec une valeur de sortie.

Nous planchons aujourd’hui avec les parties prenantes sur les différents cas de figure qui présentent une structure optimale. Le mégawatt hydroélectrique coûte plus cher en comparaison avec les autres énergies renouvelables (coût du génie civil). Mais contrairement à l’éolien ou au solaire qui présentent une durée de vie de 20 ans, les aménagements hydroélectriques ont  une durée de vie de plus d’un siècle», confie Omar Belmamoun, PDG de Platinum Power.

«Sur les vingt premières années nous sommes plus chers que les autres technologies. Après, nous sommes plus compétitifs», poursuit-il. Il faudra en convaincre les Etats. «Je suis convaincu que l’avenir de l’hydroélectrique repose sur une volonté politique forte», indique le PDG de Platinum Power. L'entreprise qui gère un portefeuille de 3 milliards d'euros, doit aussi veiller à sa solidité financière. Les commissaires aux comptes ont émis une alerte sur la perte de 3/4 du capital.

Au-delà de l'état d'avancement des projets, la détérioration de la situation financière de Platinum Power résulte aussi des divergences stratégiques entre les fondateurs: Omar Belmamoun et Michael Toporek. Plusieurs offres de partenaires financiers et industriels auraient été rejetées par Brookstone Partners fondé par Michael Toporek.

«Aucun actionnaire n'a le droit de bloquer l'entreprise. La relation avec Brookstone Partners a changé au moment où j'ai émis mon véto pour la levée de fonds sur  Soluna», relève Belmamoun. Il s'agit d'un projet de Data Center pour produire du Bitcoin à partir d'un projet éolien. «J'ai conditionné la levée de fonds à l'obtention des autorisations de l'AMMC, de Bank Al-Maghrib et de l'Office des changes. Mais, Brookstone Partners est passé outre», indique Belmamoun.

Aujourd'hui, les désaccords entre  les deux actionnaires sont profonds. Pour Belmamoun, l'avenir de Platinum Power doit passer par des partenariats avec des groupes qui présentent une surface financière plus large à même de consolider l'actionnariat actuel. L'entreprise tiendra un conseil d'administration et une assemblée générale extraordinaire décisifs ce mardi 5 février. Contactés par L’Economiste, d’autres actionnaires sont restés injoignables.

La persistance du blocage de la gouvernance pourrait accentuer les difficultés, relève le dirigeant. Les dépenses évaluées à 30 millions d'euros ont été réalisées en fonds propres ou quasi fonds propres. La case revenus, elle, est encore vierge. «Le développement de projets de ce type peut mettre jusqu'à 15 ans pour aboutir au closing. Sur les trois portefeuilles, nous tablons sur un revenu minimum de 800 millions de DH», tempère Belmamoun.

F.Fa

 

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