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    Economie

    Transport voyageurs: Le gouvernement réchauffe son projet de réforme

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5445 Le 04/02/2019 | Partager
    Le ministre rencontre les professionnels, samedi 9 février
    Le sort des agréments et la régionalisation au menu des discussions
    Le principe d’un programme de rachat des licences refait surface
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    La réforme du transport de personnes refait parler d’elle. Cinq fédérations ont été conviées à une réunion avec Abdelkader Amara, ministre du Transport, samedi 9 février. Une journée d’étude au cours de laquelle le ministre présentera sa «vision de la réforme du secteur à la lumière de l’implémentation de la régionalisation». Il aura pris tout son temps pour.

    La rencontre intervient 4 ans après l’ultimatum qui avait été lancé aux opérateurs avant d’activer de manière unilatérale le contrat-programme. Réforme qui n’a finalement pas vu le jour.

    «Il s’agit de remettre sur le circuit la réforme du transport de voyageurs qui avait été initiée il y a quelques années avant d’être bloquée. Parmi les points qui seront débattus, figurent les modalités d’accès et de sortie du secteur, la qualité, la sécurité, la question de la location des agréments», explique le dirigeant d’une société de transport membre de la CGEM.

    La location des agréments constitue toujours le point nodal du secteur du transport de voyageurs. Après la publication de la liste des attributaires en 2012, de nombreux bénéficiaires dont l’identité avait été rendue publique ont soit vendu leurs agréments, soit constitué des sociétés pour être moins visibles. Mais l’essentiel des agréments fait encore l’objet d’une location entre titulaire et exploitant.

    Dans certains cas, la situation est encore plus inextricable et fait l’objet d’un procès interminable. En effet, ne pouvant augmenter le montant de la location d’un agrément, un bénéficiaire peut louer une licence alors qu’elle est toujours exploitée par une deuxième personne. En tout cas, sur 3.681 agréments, un millier reste inexploité pour diverses raisons.

    Certains opérateurs proposent l’idée d’un fonds pour racheter les agréments sur la base d’une grille qui s’appuie sur la rentabilité. Les agréments feraient ensuite l’objet d’une location avec option. Le principe avait déjà été intégré dans la loi de finances 2013, mais fut rejeté par le Parlement car l’idée avait été assimilée à une prime aux rentiers.

    D’autres opérateurs proposent un fonds qui serait financé par le privé avec la garantie de l’Etat. Sauf que les participants n’ont pas tous la même conception de ce dispositif. «La création d’un fonds alimenté par le public et le privé est un mariage contre nature qui ne fonctionnera jamais. L’administration nommerait un responsable qui ne partagera pas toujours l’avis du privé», prévient un membre d’une fédération de transport de voyageurs.

    L’opérateur cite l’exemple des gares routières gérées conjointement par le public et le privé dont l’exemple est un échec. Il suggère que le budget consacré au programme de renouvellement du parc d’autocars soit requalifié  pour financer le rachat des agréments qui seraient remis sur le marché, sur la base d’appels d’offres avec un cahier des charges.

    Le challenge sera de trouver une solution à la location des agréments, en évitant la reproduction des erreurs de la réforme du transport de marchandises. Celle-ci a débouché sur une atomisation du secteur, l’avilissement des tarifs, le développement de l’informel, la sinistralité...

    L’autre défi auquel le ministère de tutelle devra faire face porte sur le transfert des compétences en matière de transport de voyageurs aux collectivités territoriales conformément à la politique menée par le Maroc pour la régionalisation. Le point sera débattu lors de la rencontre du 9 février. Ce qui suscite plusieurs interrogations. Il faut de prime abord convenir que le secteur ne pourra jamais été transféré aux collectivités territoriales en l’état.

    Ce sera se débarrasser de la patate chaude au niveau central et déplacer le problème aux régions qui sont un très mauvais modèle en matière de gestion du transport urbain. En même temps, quelles sont les garanties pour que les conseils régionaux ne commencent pas à attribuer des agréments dans un but purement électoral? L’on assisterait à l’émergence de ce phénomène de rente au plan régional.

    «Si la gestion du transport de voyageurs est régionalisée, de nouveaux agréments seront accordés au détriment des opérateurs des autres régions. Par conséquent, il faut que le pilotage du secteur soit centralisé selon un schéma directeur national», prévient un opérateur. En tout cas, il faudra attendre de voir le nouveau scénario de réforme du gouvernement et l’accueil qui lui sera réservé par les opérateurs.

    Une gouvernance éclatée

    Les agréments et l’informel ne sont pas les seuls facteurs qui polluent le transport de voyageurs. Il faut également rappeler la question de la gouvernance. L’architecture actuelle n’est pas favorable à l’émergence d’un secteur moderne. En effet, le transport aérien dépend du ministère du Tourisme, le transport urbain (bus, taxis et tramway) relève des prérogatives de l’Intérieur, le reste (maritime, ferroviaire, transport de personnel, scolaire, touristique, location de voitures sans chauffeur) font partie du rayon d’action de l’Equipement. Ce qui ne permet pas d’avoir une gouvernance efficace et complémentaire dans le sens de l’intermodalité.

    Hassan EL ARIF

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