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Irrigation: Magriser à la conquête du marché subsaharien

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5440 Le 28/01/2019 | Partager
60% des terres arables disponibles dans le monde localisées dans la zone
Le groupe compte y investir 15 millions de DH en cinq ans
Exporter le savoir-faire marocain en ingénierie rurale
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Le Plan Maroc vert arrive bientôt à sa fin (2020). A quelques mois de cette échéance, près de 590.000 hectares de terres arables ont été équipées en technologies d’irrigation et systèmes de goutte-à-goutte

La FAO estime que plus de 60% des terres arables disponibles et inexploitées dans le monde se situent en Afrique subsaharienne. Et seulement 3% sont irriguées. L’immense potentiel d’expansion de l’irrigation sur le continent africain aiguise l’appétit des leaders mondiaux de la distribution de système d'irrigation goutte-à-goutte. Des opérateurs marocains se lancent également sur le marché. Magriser en fait partie.

Le groupe s’y positionne en tant qu’installateur, notamment en Guinée-Conakry, où il déploie actuellement un système d’irrigation allant du pompage de l’eau au goutte-à-goutte, avec la mise en place d’un bassin d’irrigation sur une parcelle de plus de 100 hectares. Un projet d’environ 5 millions de DH dédié à des cultures maraîchères, développé avec un partenaire local.

«Il fallait sortir de notre zone de confort et faire face à de nouveaux challenges. Surtout que le savoir-faire marocain en ingénierie rurale est très demandé», explique Simohamed Azzouz, son directeur général. Parallèlement, le groupe ouvre une agence à Thiès (Sénégal), qu’il compte ériger en hub pour le reste du continent. «Pour les cinq prochaines années, nous tablons sur environ 15 millions de DH d’investissement dans la zone», annonce Azzouz.

Magriser rejoint sur ces marchés ses principaux concurrents au Maroc, notamment le pionnier israélien de l'irrigation Netafim, qui revendique l'invention du système du goutte-à-goutte, ou encore CMGP, une entreprise qui a accueilli dans son tour de table, en septembre dernier, le fonds d’investissement britannique Development Partners International (DPI) pour environ 100 millions de dollars investis.

Estimé à 2,5 milliards de DH par an, le marché marocain est dominé par deux groupes avec en tête CMGP, qui détient entre 10 et 15% de part de marché, suivi de Magriser, avec prêt de 8%. Le reste du business est très morcelé comprenant plus de 1.700 installateurs.

Le management du groupe entend également axer son développement sur son renforcement dans les énergies renouvelables, notamment le pompage solaire. Avec l’introduction de ce type d’équipement et le développement de l’activité d’installation, la structure de son chiffre d’affaires se reconfigure.

Aujourd’hui, 70% de ses revenus proviennent de la distribution BtoB auprès d’une soixantaine de revendeurs, contre 80% en 2017. Les projets d’installation contribuent maintenant à hauteur de 30% du chiffre d’affaires. La baisse des prix, le faible niveau d’électrification et l’aridité de certaines zones aidant, le tout combiné à la croissance démographique, la demande en systèmes d’irrigation à énergie solaire pourrait y croître. C’est en tout cas le pari des dirigeants.

Le groupe a dû revoir sa stratégie et son organisation avec la création d’une division EnR. Parmi ses leviers de compétitivité, Magriser parie sur la mise en service de sa nouvelle usine (cf. L’Economiste n°5080 du 04 août 2017), prévue pour être opérationnelle dans 2, voire 3 mois.

L’unité de production dont la réalisation de la première phase a mobilisé un investissement de 20 millions de DH emploiera une vingtaine d’ouvriers et fabriquera, sous sa marque propre, des équipements et systèmes d’irrigation goutte-à-goutte (tuyaux, raccords…). Créé il y a environ 30 ans, Magriser a réalisé un chiffre d’affaires de 180 millions de DH en 2018. Pour 2019, le management table sur 220 millions de DH.

M.Ko.

 

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