Régions

Développement du Nord: Encore trop d'inégalités

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5436 Le 22/01/2019 | Partager
Faiblesse des infrastructures, disparités en matière de santé: mauvaise passe pour le rural
Gare à la concentration urbaine: en 2030, une personne sur deux vivra entre Tanger et Tétouan
El Othmani promet des solutions... avant fin 2019
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Veiller au suivi des programmes en cours, lancer des chantiers pour réduire les disparités, ne surtout pas recommencer les mêmes erreurs qui pourraient conduire à un Al Hoceïma Gate... El Othmani, accompagné de son équipe gouvernementale, presque au complet, a rencontré élus, associations et opérateurs économiques afin de trouver des solutions aux défis de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Des promesses ont été faites pour des réalisations avant fin 2019 (Ph. Adam)

Week-end studieux à Tanger pour Saâdeddine El Othmani, et plusieurs membres de son gouvernement. Le chef de l'exécutif et son équipe se sont réunis avec les élus, les associations locales et les opérateurs économiques de la région afin de s’enquérir de la situation dans cette partie du pays et des défis qui la menacent.

Certes, le développement de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma fait figure de modèle, grâce au dynamisme industriel de Tanger. En revanche, «la région demeure un bien piètre exemple en matière de répartition de ressources avec de grandes inégalités entre urbain et rural, et même entre les différents noyaux urbains», constate El Othmani.

C’est le cas des routes rurales. Ces infrastructures, censées aider au désenclavement du monde rural, sont en net retard, selon la wilaya de la région. La couverture du rural au Nord est à 66%, en dessous de la moyenne nationale. Et un piètre taux de couverture pour Chefchaouen et Larache, avec tout juste 57%. «Le retard est imputé à la nature escarpée du terrain dans ces zones, ce qui rend difficile l’exécution des projets», indique la wilaya.

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Les infrastructures qui font la notoriété de Tanger (maritime, ferroviaire et autoroutes) font cruellement défaut dans les zones rurales marquées aussi par de grandes disparités en matière d'urbanisme et de santé (Ph. Adam)

Chefchaouen souffre également de difficulté d’accès à l’eau potable avec seulement deux ménages sur trois desservis contre presque 98% à Tanger. Et Larache affiche le triste record de forte concentration en matière de bidonvilles: la ville et ses environs accueillent les 2/3 des bidonvilles de la région.

Un autre aspect sur lequel la région est en net retard, la santé. Le Nord dispose d’une des plus faibles couvertures sanitaires du pays avec un médecin pour 4.000 habitants, 3 fois moins que la moyenne nationale.

Les inégalités touchent aussi la préfecture d’Al Hoceïma qui, malgré les efforts, a du mal à se hisser à des niveaux respectables dans les indices de développement. La ville, fortement touchée par le chômage des jeunes et par les récentes manifestations dont les blessures n’ont pas fini de se refermer, est en deçà des réalisations de Tanger en particulier.

A cet égard, El Othmani a tenu à rassurer quant à l’avancement du programme Manarat al Motawassit que plusieurs responsables gouvernementaux ont payé de leurs postes en affirmant que les projets seraient finalisés... avant fin 2019.

Même à Tanger, chef-lieu de la région, le constat n’est pas reluisant. Malgré de grands investissements dans la région dont l’industrie et les infrastructures, la situation laisse à désirer avec une mairie qui peine à payer ses dettes et à traiter ses déchets.

Une situation à laquelle El Othmani, optimiste, a promis une solution rapide... avant fin 2019.

La pression s’accentue sur les côtes

L’urbanisation galopante menace la région de Tanger-Tétouan- Al Hoceïma. Selon la wilaya, 45% de la population totale du Nord à l’horizon 2030 se concentrera au large des côtes de Mdiq à Asilah. Un véritable handicap auquel la région doit se préparer dès maintenant. La croissance démographique atteint 3,27% à Tanger, soit deux fois plus que la moyenne nationale et se place en tête des grandes villes du pays. A noter que la région est l’une des plus densément peuplées avec 221 habitants par km2 pour un total de 3,7 millions d’habitants.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

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