Société

«Dans le noir»: Un concept gastronomique à l'honneur des non-voyants

Par Amin RBOUB | Edition N°:5434 Le 18/01/2019 | Partager
diner_dans_le_noir_034.jpg

Après Paris, Londres, New York, Barcelone, Saint Petersbourg, Ryad... le concept «Dans le noir» arrive à Casablanca. Et c'est le Sofitel qui ose cette formule inédite au Maroc. Le principe est pour le moins original. C'est une expérience hautement sensorielle et ludique qui consiste à dîner dans l'obscurité totale, tout en se faisant servir par des non-voyants. Il faut dire que partout où il a été testé dans le monde, le concept rencontre un franc succès.

L'Economiste a vécu l'expérience. Le principe consiste à vivre une expérience culinaire en totale perte de repères et de confiance en soi, sans aucune notion du temps, et partager un repas avec des gens que vous ne connaissez pas. C'est une sorte de redécouverte de l'odorat, l'ouïe, le toucher, le goût... qui sont en plein éveil. Une redécouverte de soi.

D'emblée, il faut trouver les couverts, les plats, les verres, l'eau...  Plus encore, vous n'avez aucune idée de ce que vous allez manger et boire. Les chefs cuisiniers retravaillent les goûts et les textures pour dérouter les clients. En plus vous n'avez pas la moindre idée des personnes avec qui vous dîner.  Du coup, sur la base d'une conversation, l'on imagine une personnes avec une couleur de peau, des yeux, un style vestimentaire... Tout le challenge est là.

L'idée consiste à se mettre dans la peau d'un non-voyant, le temps d'un repas. Un exercice certes difficile et atypique,  mais ô combien riche en enseignements! Finalement, c'est une expérience d'empathie et de solidarité avec les non-voyants où qu'ils soient.

Curieusement, en une heure et demie, ce sont les malvoyants qui s'improvisent guides et serveurs avec un service presque parfait et une forte dose d'humour et de drôleries amicales. Du coup, les rôles sont inversés puisque les non-voyants sont au service des voyants.

Derrière cette initiative pédagogique et humaine, il y a une démarche assez originale de responsabilité sociale envers une population souffrant de déficience visuelle. La composante RSE réside dans la création de valeur via le recrutement et la formation d'un personnel non-voyant.

A partir de là, ils ont un statut social et une fierté. Mieux encore, le concept est très prisé par une clientèle corporate, notamment pour les exercices de team building. De surcroît,  tous ceux qui veulent témoigner leur solidarité à cette catégorie de la population, ils se rendent à un restaurant de ce type pour pérenniser l'activité de ce personnel, voire vivre comme lui, le temps d'un repas.

A.R.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc