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    Tibu veut transformer les «nini» en champions de vie!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5431 Le 15/01/2019 | Partager
    L’ONG lance un programme ciblant les 18-25 ans exclus de tout
    Ils auront droit à des formations, une bourse, des stages, un compte bancaire…
    Création d’espaces sûrs pour le sport avec les préfectures et wilayas
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    Un jeune de 15 à 24 ans sur trois est nini, soit quelque 1,7 million. Les trois quarts sont des filles (1,3 million, contre 366.000 jeunes hommes). La tranche des 18-24 ans est celle qui en compte le plus, avec un taux de prévalence du phénomène de 34,6%. Aucune stratégie ni programme public ne leur est dédié

    Faire sortir les «nini», ces jeunes ni à l’école, ni en formation, ni en entreprise, échappant à tous les radars, de leur léthargie. Leur permettre d’apprendre un métier, d’être actifs et pleinement intégrés dans la société. Le projet est signé Tibu, l’ONG qui a fait du développement personnel à travers le sport, et plus particulièrement le basketball, sa raison d’être.

    Le pari est osé, puisque le Maroc compte près de 1,7 million de 15-24 ans (2,7 millions si l’on monte à 29 ans), exclus de tout et ne faisant l’objet d’aucun programme gouvernemental. Une jeunesse laissée pour compte. «Notre objectif aujourd’hui est de faire des jeunes des champions de vie grâce au sport», relève Mohamed Amine Zariat, président de Tibu. Mais pour cette catégorie, le défi sera de taille.

    Le programme de réinsertion professionnelle des nini par le sport, baptisé «Intilaka», sera mené entre 2019 et 2021. Il cible 60 bénéficiaires par an, âgés entre 18 et 25 ans, soit au total 180 sur trois ans, dont 20 seront accompagnés pour créer des startups spécialisées dans l’éducation à travers le sport.

    «L’idée est de transformer ces jeunes sans diplôme et sans compétences, issus de familles vulnérables, en coaches de vie par le sport», explique Zariat. Le projet est pour le moins audacieux. «Pour les faire sortir de leur précarité, les aider à se déplacer, manger… Nous leur offrirons une bourse de 1.500 DH par mois», précise-t-il.

    Des formations techniques en coaching sportif, sanctionnées par des certifications nationales (avec des fédérations sportives) et internationales, leur seront dispensées. Les nini recevront, également, des cours certifiants en langues avec des cabinets spécialisés, ainsi qu’en informatique (Word, Excel…) et en e-réputation, afin de mieux travailler leur image sur les réseaux sociaux. Ils seront, en outre, initiés en management, pour apprendre à gérer des salles de sport, et à mesurer l’impact de leurs projets avec des indicateurs de performance précis.

    En parallèle, ils pourront participer aux caravanes Tibu de vulgarisation du basket et de promotion des valeurs du sport, touchant chaque année 35.000 jeunes dans 32 villes, ainsi qu’à ses summer camps. A l’issue des 12 mois de formation, les ex nini accèderont à des stages chez les entreprises partenaires de l’ONG. Ils auront aussi la possibilité de chapeauter des activités parascolaires d’écoles privées.

    Le programme intègre, par ailleurs, un parrainage de coaches seniors, destiné à les soutenir sur le plan psychologique. Tibu a pensé à tout. «Ils profiteront de notre large réseau de partenaires. Nous leur offrirons une carte de tramway, des codes de remise de Careem, et les aiderons à ouvrir un compte bancaire avec des conditions avantageuses, et à souscrire au statut d’auto-entrepreneur.

    Au final, ils deviendront des personnes responsables», se réjouit le président de Tibu. «Mon souhait, est que l’Ofppt s’approprie ce projet après son lancement», ambitionne le jeune entrepreneur social.      

    Intilaka rentre dans le cadre des six axes stratégiques de Tibu, comprenant les caravanes annuelles, la formation de talents du basketball, l’insertion des jeunes à mobilité réduite, et l’ouverture de centres pour le développement des compétences motrices, cognitives et socio-affectives dans les écoles primaires publiques. 17 ont été ouverts dans 11 villes, et 52 sont visés d’ici 2021 dans toutes les régions.

    Le dernier axe a trait à la création d’espaces sûrs pour le développement du basket pour tous. L’association prévoit de s’allier à des préfectures pour construire des playgrounds de basket dans les quartiers. Une première expérience est déjà en cours avec la préfecture de Aïn Sebaa, où quatre terrains ont été mis en place, avec un financement de 1,2 million de DH.

    Un coach et un administratif sont mobilisés à plein temps dans chaque playground. Des animations sportives, à la méthode Tibu sont également prévues les mercredi, samedi et dimanche. L’accès est gratuit pour les enfants de 6 à 12 ans.

    Au-delà de cet âge, un montant symbolique de 50 DH par an, couvrant le coût de la carte d’abonnement et de l’assurance, est exigé. Ces espaces peuvent être loués pour les activités d’écoles primaires privées, dénuées de terrains de sport. Un deuxième playground est prévu à Aïn Chock.

    «Ce modèle est duplicable rapidement, partout au Maroc. Les gouverneurs et walis apporteraient le financement et le foncier, et nous le savoir-faire. Il pourrait être ouvert aux mamans, aux seniors et à tout le monde», s’enthousiasme Zariat.
    Les nini formés par Tibu pourraient aussi être recrutés dans cet ambitieux projet.

    Et un lab pour former des entrepreneurs socio-sportifs

    Pour Mohamed Amine Zariat, le moment est venu pour le «give back». Ce qu’il a appris durant les huit dernières années en tant qu’entrepreneur social, il souhaite le transmettre à d’autres jeunes. Dès avril prochain, il lance un «sport social business lab», destiné à former pendant un an des passionnés de sport (boxe, surf, athlétisme, handball, foot, pétanque…) à devenir des entrepreneurs socio-sportifs. Une première promotion de dix participants sera choisie. Les lauréats pourront monter leur propre association, startup, fondation ou club privé, tout en générant un impact social.

                                                                           

    Des terrains de sports dans les écoles primaires publiques

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    Dans les écoles primaires publiques, il n’y a pas de terrains de sport. Les activités physiques ne sont même pas prévues dans le programme. Tibu ambitionne d’y installer des terrains de foot, de volleyball, de basketball, de handball, une place de pétanque et un mur d’escalade. Le projet, baptisé «Marky», coûte dans les 180.000 DH par école.

    L’ONG créera à partir de ce 14 janvier une fondation, «Trust in sport foundation», pour le chapeauter. «Nous avons appelé la fondation ainsi afin d’inciter les pouvoirs publics à croire en le sport et à y investir», explique Mohamed Amine Zariat. Marky prévoit des formations pour les enseignants, sur comment organiser des séances d’éducation physique et véhiculer des valeurs grâce au sport. Avec le GMT+1, beaucoup d’écoles ne fonctionnent qu’une demi-journée.

    Les élèves auront donc du temps à dépenser. «Nous souhaitons que Marky soit l’espace le plus inspirant pour les élèves après l’école», confie Zariat. D’après l’expérience de l’ONG, 88% des enfants s’adonnant au sport dans les centres de Tibu voient leur moyenne augmenter de 4 à 7 ou 8/10.

    Ahlam NAZIH

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