Régions

A Nador, Akhannouch prend la défense des commerçants

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5431 Le 15/01/2019 | Partager
Il a appelé à revoir le code des impôts
La concertation avec les opérateurs est impérative
Le RNI convoque son conseil national pour le 27 janvier

Qui aurait cru il y a encore peu que Aziz Akhannouch devienne l’avocat zélé des commerçants! Le président du RNI a monté tout un argumentaire pour faire valoir leurs droits et légitimer leur mécontentement face au nouveau système de contrôle. Il en a fait la démonstration lors d’une réunion du bureau politique (BP) et d’un meeting avec la jeunesse de l’Oriental du RNI samedi dernier à Nador.

En effet, le parti suit de près l’évolution de ce dossier. Sur l’ensemble du territoire, il a déjà entamé un dialogue avec cette catégorie d’opérateurs lors de la création de l’organisation des commerçants indépendants à Bouznika.

A Nador, Aziz Akhannouch a confirmé avoir reçu des dossiers de commerçants de Derb Omar, de Tiznit, de Tanger… qui démontrent qu’ils n’ont pas été écoutés ni impliqués dans un sujet vital les concernant. C’est pour cette raison que le président du RNI a lancé «un appel à la nécessité de revoir le code des impôts et celui des douanes en vue de corriger la situation et revenir à la situation d’avant 2014».

Pour rappel, le chef du gouvernement a annoncé la suspension de l’application des dispositions en vigueur. Le but est de démarrer le dialogue avec les commerçants. D’ailleurs, ces derniers avaient une réunion avec la DGI et la Douane hier lundi. Une autre avec le ministre du Commerce et de l’Industrie est programmée pour demain mercredi.

En tout cas, pour le ministre de l’Agriculture, l’origine du mal vient de l’absence de concertations avec les commerçants avant la prise de décision. «Le courage politique dicte une conduite: si des responsables s’aperçoivent que les mesures prises n’abondent pas dans le sens de l’intérêt du pays, ils doivent procéder à leur révision».

Akhannouch, devant une assistance composée de 3.000 personnes, a remis sur le tapis certaines évidences: «La loi ne peut changer par des déclarations à la presse. C’est le Parlement qui est l’institution habilitée à le faire». Il est revenu sur l’origine du problème des commerçants qui menacent, par des grèves, de stopper l’approvisionnement du pays.

Le point de départ du «problème est lié à la loi de finances de 2014, qui a étendu le contrôle des agents de la douane aux autoroutes au lieu de se limiter aux postes-frontières», a affirmé Aziz Akhannouch, avant d’ajouter que quand, en 2013, il assura l’intérim du ministère des Finances, il préparait le budget de 2014. La mesure relative à la facturation informatique lui avait été présentée, mais il l’avait «rejetée à cause de l’absence de concertations avec les concernés». 

En 2018, ce type de facture, avec une base de données pour le contrôle, a été adopté par le Parlement. Dans cette affaire, l’ancien et l’actuel gouvernement assument la responsabilité de ces décisions, a-t-il affirmé. «S’ils avaient consulté les professionnels, ils auraient introduit les spécificités de rigueur. Car cet arsenal s’applique aux sociétés, mais certains opérateurs ne sont pas arrivés à la maturité requise.

Cette sortie du président du RNI n’est pas isolée. Son contenu a été également discuté au bureau politique. Outre la convocation du conseil national du parti pour le 27 janvier à Rabat, le président a cherché à galvaniser les jeunes de l’Oriental et attirer leur attention sur les effets dévastateurs de l’obscurantisme. Ce qui sème le nihilisme et le désespoir.

Ce discours encourage l’extrémisme, le terrorisme et fait perdre aux jeunes le goût de la vie et du pays. Il faut assécher les affluents de ces marécages, a noté le président qui rappelle les valeurs de l’islam modéré et tolérant qui caractérise la société marocaine. En avançant sur ce terrain, le ministre «ne vise pas un adversaire politique, mais tire la sonnette d’alarme contre ce fléau qui menace l’esprit des jeunes. Une manière de les réconcilier avec la politique», indique-t-il.

Par ailleurs, le parti a fêté l’année amazighe à Nador. Elle coïncide avec la présentation de la proposition de loi du groupe parlementaire du RNI visant à instaurer cette fête comme un jour férié officiel. Le RNI veut accélérer l’adoption de la loi organique relative à l’officialisation de la langue amazighe.

Visiblement, le président commence à chasser sur les terres du MP qui, depuis sa création, a placé la question de l’amazigh au cœur de son dispositif. Toutefois, pour le RNI, aucune formation n’assure la tutelle de ce dossier qui concerne tous les Marocains.

Sortir de Rabat

Le président du RNI continue de sillonner le Maroc les week-ends. Après des bureaux politiques à Agadir et à Azilal, il en a organisé un samedi dernier à Nador. Avec ces réunions périodiques dans différentes régions du Maroc, Aziz Akhannouch cherche à inscrire la régionalisation avancée dans le cadre de la gestion des affaires du parti. Il est convaincu que l’ouverture sur les préoccupations des populations ne peut se réaliser qu’à travers l’engagement de la politique de proximité. En tenant des BP en dehors de Rabat, il renforce les rencontres avec les bases du parti, les initiatives de communication visant l’ouverture sur les différentes régions et catégories de la société. Indirectement, il oblige des ministres à se rendre dans des contrées enclavées du Maroc qu’ils n’auraient jamais découvertes sans son initiative. A Nador, Akhannouch était accompagné par Mohamed Aoujjar, Rachid Talbi Alami, Lamia Boutaleb ainsi que plusieurs autres membres du BP et de la direction régionale.

Mohamed CHAOUI

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