×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Modèle de développement: L’Istiqlal propose une politique de rupture

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5431 Le 15/01/2019 | Partager
    «Fini les privilèges et le piston… place à l’Etat de droit», appelle Baraka
    Son parti a remis sa copie à l’appréciation du Souverain
    nizar-baraka-031.jpg

    Pour Nizar Baraka, le gouvernement excelle dans l’attentisme et le gaspillage du temps. «Alors qu’il n’y a pas d’élection au milieu de cette législature, une pré-campagne est menée entre les composantes de la majorité. Du jamais vu!», déplore le patron de l’Istiqlal (Ph. YSA)

    Ça y est, c’est fait. Le Parti de l’Istiqlal (PI) vient de remettre son mémorandum sur le futur modèle de développement à l’appréciation du Souverain. C’est Nizar Baraka qui l’a annoncé lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques, samedi dernier, à Fès. Réuni à l’invitation de Allal Amraoui, député PI et ex-adjoint au maire de la capitale spirituelle, ainsi que l’Alliance des économiste istiqlaliens, le gotha économique a suivi avec beaucoup d’intérêt l’approche du leader de l’Istiqlal pour sortir le pays de son marasme économique et social. L’Economiste revient sur les principaux points présentés par Baraka.

    ■ Rupture avec les privilèges, le piston et la rente
     «Notre modèle de développement économique n’a pas échoué. Il a seulement atteint ses limites, d’où la nécessité d’un nouveau modèle», souligne d’emblée le patron de l’Istiqlal. Pour lui, «les mutations rapides observées au niveau international nous imposent une nouvelle approche pour le développement». Surtout que le taux de croissance réalisé depuis 2011 ne dépasse guère les 3%. Alors que celui-ci était de 4,7% entre 2000 et 2010. Avec une performance en déperdition, le Maroc ne pouvait plus garantir le plein emploi pour ses jeunes. «Car, un point de croissance équivaut aujourd’hui à 15.000 emplois, au lieu des 40.000 postes à la fin des années 1990», précise l’ancien président du CESE. Pour y remédier, il faut restaurer la confiance des jeunes dans les institutions. «Ceci passera par un nouveau pacte social. Mais surtout une politique de rupture avec les privilèges et le piston (ndlr, la rente aussi)», explique Baraka.

    ■ Pauvreté, exclusion, inégalités… les menaces
    Dans son analyse, le leader de l’Istiqlal a noté que 30% du PIB sont réservés à l’investissement. Toutefois, le rendement de celui-ci a diminué de 50%. De plus, le partage des richesses se fait de manière inéquitable. «A telle enseigne que les inégalités sociales touchent désormais les services de base (principalement la santé et l’éducation) et atteignent les 60%. Ce qui engendre une pauvreté et exclusion générationnelle héréditaire», déplore le SG du PI. Et de poursuivre: «Les inégalités concernent également le partage des ressources entre les régions». A ce titre, Rabat, Casablanca et Tanger accaparent 60% de la richesse nationale. «Seuls 9% pour la région Fès-Meknès où le taux de croissance reste inférieur à la moyenne nationale», renchérit Baraka. Pour lui, il faut répondre aux défis démographiques, restaurer la confiance, et lutter contre la migration massive et l’extrémisme… qui constituent de réelles menaces.   

    ■ Instaurer l’Etat de droit et propulser l’investissement
    Pour remédier aux problématiques «inquiétantes» qui guettent le pays, Baraka a insisté sur l’instauration d’un Etat de droit qui reconnaît l’application des lois, la responsabilité et les engagements, «pas les privilèges, le piston ou les dérogations». Ainsi, l’Istiqlal entend couper court avec les «lois surdimensionnées» dont l’application relève de l’impossible. «Ce qui encourage la corruption et le clientélisme». «Il faut simplifier les lois, opter pour des cahiers des charges et garantir une concurrence loyale… afin d’encourager l’investissement et la création d’emploi», propose Baraka. Pour donner plus de visibilité aux investisseurs, une loi de programmation fiscale s’impose. Celle-ci devrait s’appliquer quel que soit le parti au pouvoir. Par ailleurs, pour que l’investissement public soit rentable et conséquent, une politique de ciblage concertée et inclusive est vivement recommandée. Cette politique devrait s’appuyer sur le socle de la régionalisation avancée.

    ■ Jeunesse, logement, formation… des priorités
    Dans son mémorandum, l’Istiqlal consacre une bonne place à l’encadrement, la formation et l’emploi des jeunes. «C’est la priorité des priorités», déclare Baraka qui propose la création de corridors industriels inter-régions, une restructuration sectorielle, ainsi que des programmes spécifiques pour chaque région. L’idée principale qu’il défend est «d’appliquer des avantages fiscaux selon le nombre d’emplois créés». En clair, selon Baraka, tout le programme gouvernemental doit converger vers l’appui des PME, l’écosystème de l’entreprise, l’encadrement et l’intégration des jeunes dans le tissu productif industriel. Ce qui aiderait à créer une classe moyenne au sein du magma entrepreneurial. Enfin, s’agissant du logement, le gouvernement est appelé à fixer des normes qui puissent garantir un équilibre urbain dans les villes. «Ce qui éviterait d’avoir une offre supérieure à la demande comme c’est le cas dans certaines agglomérations». Ainsi, une vision d’ensemble et un suivi quotidien seraient d’un grand apport.   

    ■ Un nouveau pacte social ayant la garantie du Roi
    Pour Nizar Baraka, «seule la démocratie constituera le socle de ce nouveau pacte et tout autre développement voulu». Devant une centaine d’opérateurs, Baraka n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur le gouvernement. «Nous leur avons soumis nos propositions et recommandations. Mais en vain. L’actuelle équipe excelle surtout dans l’improvisation, l’attentisme et la formulation des lois… pas dans les projets qui hisseraient le niveau de vie des Marocains», fustige-t-il. Ce qu’il faut, selon le leader du parti de la balance, «c’est d’abord établir un bilan à mi-mandat du gouvernement, réviser le programme quinquennal selon les priorités nationales, et mettre en œuvre les politiques sectorielles». «Pour convaincre les Marocains, lassés par des promesses non tenues, ce nouveau pacte devrait être validé en Conseil des ministres», estime le SG du PI.
    Signalons enfin que le patron du PI entame une tournée dans les différentes régions afin d’expliquer son approche. A Fès, la rencontre était l'occasion de redorer l’image du parti, présenter son approche prospective et propulser Allal Amraoui qui jouit d’une grande notoriété auprès des opérateurs économiques.

    Y.S.A.

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc