International

Mur à la frontière avec le Mexique Trump ne veut rien céder

Par L'Economiste | Edition N°:5429 Le 10/01/2019 | Partager
Il réclame 5,7 milliards de dollars pour une barrière en acier
Le «shutdown» paralyse partiellement les administrations fédérales
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Durant la campagne et depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, le président Donald Trump a envoyé des messages très différents (et parfois contradictoires) sur la longueur et la nature exacte du mur qu’il espérait construire  (Ph.  AFP)

Lors d’une allocution solennelle de neuf minutes depuis le Bureau ovale, le président américain Donald Trump a tenté de rallier les Américains à son projet de mur à la frontière avec le Mexique. Tout en mettant en avant ce qu’il a appelé une «crise humanitaire», mais ne faisant aucune concession ou proposition nouvelle.

Trump a mis en garde contre les immigrants illégaux. Cependant, il a renoncé à lancer une procédure d’urgence exceptionnelle qui aurait mis le feu aux poudres à Washington. Au 18e jour d’un «shutdown» qui paralyse partiellement les administrations fédérales, le président américain a repris les arguments qu’il assène depuis des semaines par tweets interposés, provoquant de vives réactions des démocrates qui l’accusent de jouer sur la peur de manière irresponsable, et de prolonger l’impasse budgétaire.

«Ce soir, je vous parle car nous assistons à une crise humanitaire et sécuritaire grandissante à la frontière sud», a-t-il lancé depuis la pièce la plus célèbre de la Maison-Blanche, d’où furent prononcées nombre d’allocutions restées dans l’histoire, comme celle de John F. Kennedy au plus fort de la crise des missiles soviétiques à Cuba.

Trump a une nouvelle fois réclamé 5,7 milliards de dollars pour une barrière en acier plutôt qu’un mur en béton. Promesse emblématique de sa campagne, le mur est à ce jour resté lettre morte, les démocrates refusant de débloquer des fonds pour ce qu’ils qualifient de «solution médiévale».

Ces derniers, opposés au financement de ce mur qu’ils jugent immoral, coûteux et inefficace, ont immédiatement dénoncé l’absence de main tendue du président, l’exhortant une nouvelle fois à rouvrir le gouvernement.

Les négociations budgétaires sont au point mort. Depuis plus de deux semaines, quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux sont contraints soit à rester chez eux, soit à devoir attendre la fin du blocage pour être payés. Et le record du plus long «shutdown» de l’histoire pourrait bientôt tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996, sous la présidence de Bill Clinton.

Après 24 heures d’intenses spéculations à Washington, Trump n’a finalement pas annoncé le recours au «National Emergencies Act» qui lui aurait permis de contourner le Congrès et de s’appuyer sur l’armée pour construire l’édifice. Mais il a mis en avant la nécessité, impérieuse selon lui, de mener à bien son projet, éloignant l’espoir d’une sortie rapide du shutdown.o
F. Z. T. avec AFP

 

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