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    Analyse

    Enseignement: Les langues de la discorde!

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5429 Le 10/01/2019 | Partager
    Les groupes parlementaires divisés entre la protection de l’arabe et l’ouverture sur les langues étrangères
    Ces dernières restent l’un des principaux motifs du choix des écoles privées
    Préparer les élèves aux métiers du futur, un chantier stratégique
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    C’est une question qui suscite beaucoup de débats depuis quelques années. Les Marocains ne sont pas d’accord sur le choix de la langue d’enseignement, particulièrement des matières scientifiques et techniques. Interrogés sur la langue dans laquelle les matières scientifiques doivent être enseignées à l’école, près de la moitié des répondants, lors du sondage publié par L’Economiste en décembre 2017, ont opté pour l’arabe, l’autre moitié pour le français, alors qu’une minorité n’a pas encore tranché son choix

    Les Marocains ne sont visiblement toujours pas d’accord sur la langue d’enseignement. C’est l’un des principaux résultats de l’enquête L’Economiste-Sunergia, publiée en décembre 2017. Aujourd’hui, ce constat semble toujours d’actualité. C’est ce qui ressort de la réunion de la Commission de la culture et de l’enseignement, à l’occasion de la discussion générale du projet de loi-cadre sur la réforme de l’enseignement.

    Ce sujet, qui avait fait couler beaucoup d’encre lorsque le Conseil supérieur se penchait sur l’élaboration de la Vision 2030, continue de diviser les groupes parlementaires, même au sein de la majorité. Parmi les plus grands défenseurs de la consécration de l’arabe en tant que principale langue d’enseignement, les groupes du PJD et de l’Istiqlal. Pour l’ancien ministre et actuel chef du groupe parlementaire du PJD, Idriss Azami, la Constitution a reconnu l’arabe et l’amazighe en tant que langues officielles.

    «Elles doivent être présentes dans toutes les filières et les niveaux éducatifs, y compris les matières scientifiques». L’objectif, selon lui, est de «préserver l’identité nationale».  Même son de cloche chez le groupe de l’Istiqlal, qui a insisté sur l’importance de prendre en compte les spécificités nationales dans la production des lois. Surtout que «certains échecs sont dus à des pratiques inspirées de modèles étrangers».

    En face, le groupe du RNI, également membre de la majorité, a plutôt insisté sur l’importance de la diversité linguistique. C’est décisif pour assurer aux générations futures un enseignement moderne et de qualité, est-il noté. De son côté, le groupe du PAM estime que «la consécration du statut de l’arabe et de l’amazighe est tranchée par la Constitution».

    Mais il est également incontournable de «s’ouvrir sur les langues étrangères, notamment dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques». Son chef de groupe, Mohamed Chrourou, a rappelé que «plusieurs familles optent pour les écoles privées à cause de la capacité de ces établissements à introduire les langues étrangères dans le cursus scolaire».

    Pour d’autres députés, membres de cette commission, l’exclusion des langues étrangères risque de miner les chances des générations futures, surtout qu’il est difficile de décrocher un emploi dans le privé pour une personne ne maîtrisant pas au moins la langue française.

    Pour d’autres députés, au-delà de la question linguistique, d’autres sujets seront également décisifs pour l’efficacité de la réforme. Il s’agit notamment d’adopter une approche prospective. Surtout que «40% des métiers existants aujourd’hui devront disparaître dans les prochaines décennies», selon Chrourou. D’où l’urgence de se préparer pour bien négocier ce virage.

    Sur ce point, certains groupes parlementaires ont estimé que la formulation des articles 28, 29 et 30 du projet de loi-cadre reste vague sur ce point, et nécessite d’introduire plus de précisions. Des amendements devront être présentés dans ce sens.

    Par exemple, l’article 28 du texte déposé au Parlement prévoit la création de commissions permanentes en charge de la réactualisation et de l’adaptation continue du contenu des programmes et des formations. L’idée est de favoriser une planification de manière anticipative, en prenant en compte les besoins de l’environnement économique et social.

    Comment financer le système

    La question des sources de financement de la réforme et de la mise à niveau du système éducatif a été également au centre des discussions. L’opposition a critiqué l’absence de prévisions concernant le coût de ce processus de réforme. Certains députés ont également estimé que «l’article 48, prévoyant que des familles devront payer des frais d’inscription, sera difficilement applicable». Pour le groupe du PAM, par exemple, «il sera pratiquement impossible de fixer la liste des familles aisées, en l’absence d’un système d’information moderne, permettant de recouper les données des différentes administrations publiques». Mohamed Chrourou, le chef de ce groupe, a mis en avant les difficultés rencontrées pour verrouiller le système des bourses, qui connaît certaines pratiques malsaines. A l’instar d’autres parlementaires, il a déploré l’absence d’une étude d’impact, déterminant la valeur ajoutée de cette mesure, avant son application.

    M.A.M.

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