Régions

Nord: Plantes médicinales, un espoir pour les zones montagneuses

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5419 Le 25/12/2018 | Partager
Une niche à fort potentiel mais peu exploitée
La région dispose de la plus forte concentration en plantes de ce genre
300.000 hectares exploités et 25 coopératives seulement
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Les plantes aromatiques et médicinales, les produits du terroir aussi, une niche en or pour booster le revenu des montagnards du Rif (Ph. Adam)

Le Nord du Maroc regorge de potentialités en matière de culture et exploitation des plantes aromatiques et médicinales. Et pour preuve, le nombre d’espèces localisées entre les flancs des montagnes du Rif qui atteint les 630 dont une grande partie au Rif Occidental, soit plus de 80% des espèces endémiques du Maroc.

En plus, selon une étude sur la biodiversité marocaine, le Nord abrite à lui seul 50% de la flore nationale, un énorme potentiel pour le développement de cette filière médicinale et aromatique. Mais la filière tarde à décoller, selon plusieurs intervenants du secteur et sa valeur ajoutée est encore très limitée malgré l’appui des différents départements gouvernementaux.

L’une des défaillances pointées du doigt par les opérateurs est la faible organisation de la filière qui se traduit par l’absence de structure de coordination au niveau local et national. Elle est accompagnée au niveau local par une absence d’informations sur les potentialités existantes et sur les techniques d’exploitation adéquates pour mieux valoriser ses ressources naturelles et les commercialiser, un faible encadrement des groupements professionnels.

Les opérateurs se plaignent aussi d’un manque d’encadrement mais aussi de la surexploitation de certaines niches qui est elle-même le résultat du manque d’information et de sensibilisation. Selon la direction régionale de l’agriculture, le département de l’Agriculture s’est intéressé à la niche des plantes aromatiques et médicinales dès le lancement du Plan Maroc Vert en 2008. 25 coopératives ont été de la sorte encouragées et mises sur pied. Elles travaillent dans l’extraction des huiles essentielles, le séchage et la distillation. 300.000 hectares sur toute la région constituent une source de revenu pour un nombre important de personnes, surtout les femmes.

A noter que ces herbes remplissent plusieurs fonctions. Dans les zones montagneuses, elles jouent le rôle de première ressource naturelle disponible et abondante où la population puise directement pour améliorer ses revenus. Elle joue aussi une place thérapeutique importante, pouvant même constituer l’essentiel de l’arsenal utilisé par les tradipraticiens pour soigner diverses maladies. Elles sont aussi utilisées dans la vie quotidienne en cuisine ou comme produits de beauté et de parfumerie.

Ben Karrich: Un institut dédié à l’agriculture

L’Institut des techniciens spécialisés en agriculture de Ben Karrich à Tétouan a été inauguré en 1993. L’établissement est passé par différentes phases comme en août 2003 avec le démarrage de la formation par apprentissage et en 2011 avec le lancement de la formation en qualification au jardinage. Dans la même année, l’Institut avait lancé une formation pour technicien spécialisé en plantes aromatiques et médicinales. En 2016-2017 il lance une formation en technicien spécialisé en techniques de laboratoire en agro-alimentaire. La formation se fait en deux ans. Le programme de formation englobe 2160 heures réparties sur 30 modules couvrant les sciences de base, les traits techniques de production et techniques de transformation et valorisation ainsi que le développement personnel.

Du safran thérapeutique à Tanger

Du safran pour guérir les dépressions. C’est le pari d’Alain Steyert, un belge qui s’est installé dans les environs de Tanger. Ce dernier exploite actuellement une petite ferme de 5 hectares pour la culture de 150.000 bulbes de safran qui est utilisé pour la fabrication de compléments alimentaires utilisés dans le traitement et la prévention de la dépression. L’une de ses premières applications est la commercialisation de boissons enrichies à l’extrait de safran, une épice que certaines recherches présentent comme un anti-dépresseur naturel.

                                                                                                

Romarin, caroubier, origan...

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Cette catégorie englobe une large gamme de plantes dont les plus importantes sont le thym, le romarin, le caroubier, la menthe pouliot, l’origan, l’arganier et les feuilles de laurier. Certaines d’entre elles sont cultivées au Maroc, c’est le cas du géranium, la lavande, la rose, le jasmin, la verveine, la menthe et le safran. Certaines coopératives travaillent pour l’introduction de nouvelles espèces plus rentables et à plus forte valeur ajoutée comme l’argan ou le safran.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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