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Pièces de rechange: Offensive contre les origines douteuses

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5391 Le 13/11/2018 | Partager
Le Maroc renforce son dispositif de normalisation
5 nouvelles normes assujetties au contrôle obligatoire
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Le ministère de tutelle a déjà rendu obligatoire une vingtaine de normes sur les pièces automobiles, notamment celle relative aux pneus, disques de freins, amortisseurs, vitrage, câbles de frein à main, embrayage, accélérateur, filtres… (Ph.T.X.)

L’offensive contre les pièces de rechange automobile non-conformes se durcit. Pour réduire les flux de ce fléau, le ministère de l’Industrie a diffusé un avis (Arrêté n°2922-18) rendant obligatoire le contrôle de cinq nouvelles normes marocaines se rapportant aux roues, jantes, courroies ainsi qu’aux chaînes et chambres à air pour motocycles et vélos.

Compte tenu de leur importance pour la sécurité routière, ces produits sont assujettis au contrôle obligatoire selon les normes correspondantes au niveau des postes frontaliers du Royaume et du marché local, explique le ministère de l’industrie.

La résistance à la rupture après traction des courroies, les méthodes d’essai des roues et jantes pour la conduite sur route des véhicules particuliers seront scrutées. Les performances mécaniques, les caractéristiques physico-chimiques ainsi que les méthodes d’essai des chaînes et chambres à air des motocycles et vélos seront évaluées.

Dans le processus de contrôle, le ministère de tutelle procède au prélèvement des pièces et échantillons à l’import, qu’il transmet au Centre technique des industriels des équipements pour véhicules (Cetiev). En tant qu’organisme technique, son laboratoire procède aux essais et établit un rapport détaillé basé sur une dizaine de caractéristiques, sur lequel la tutelle statue.

Pour supprimer le contact humain, le contrôle a été dématérialisé. Le rôle d’Imanor dans la chaîne de contrôle est d’élaborer la norme marocaine sur la base de celles établies à l’international. L’application de ces normes est en phase avec la politique d’attractivité du Maroc, qui s’érige comme base d’investissement, production et exportation pour les équipementiers automobiles.

«Une bonne norme combinée à un bon système de contrôle permet d’attirer plus d’investisseurs», explique Abderrahim Taïbi, directeur de l’Institut marocain de normalisation (Imanor).

Le Maroc, qui avait une réputation de passoire, s’attaque depuis quelques années à une situation de rente. En effet, le marché des pièces de rechange est gangrené par la contrefaçon. Suite à des investigations réalisées en 2016 par l’Amica (Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile), en concertation avec l’administration, plus des deux tiers des produits en vente n’étaient pas conformes aux normes.

Le business des pièces automobiles contrefaites ne date pas d’aujourd’hui. De nombreux commerces ouvrent régulièrement pour se positionner sur ce business lucratif. Dans les grandes villes, des dépôts se sont même spécialisés dans la pièce de rechange «adaptable».

M. Ko.

 

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