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    Informaticiens: Les ¾ prêts à s’expatrier

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5377 Le 23/10/2018 | Partager
    60% ont été approchés par des recruteurs étrangers en 2018
    Ils sont plus attirés par des profils hautement qualifiés et expérimentés
    Les deux tiers de cette population ne sont pas satisfaits de leur salaire
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    Plus ils sont expérimentés, plus ils sont approchés par les entreprises étrangères. Toutefois, même les profils juniors sont convoités. Plus de la moitié de ceux justifiant de moins de 4 ans en entreprise ont été contactés en moyenne 4 fois durant l’année

    6 informaticiens sur 10 ont été approchés par des recruteurs étrangers durant les 12 derniers mois. Parmi eux, 16% ont été sollicités plus de cinq fois, et 44% entre 1 et 5 fois. Ce qui démontre la forte attractivité des profils IT marocains au niveau international. Ils en sont, d’ailleurs, bien conscients, puisque près des ¾ de cette population affirment être optimistes concernant leurs conditions de travail dans le futur.

    Travailler à l’étranger n’est pas pour déplaire aux informaticiens. En effet, selon la récente enquête du jobboard ReKrute.com sur les métiers de l’IT, menée auprès d’un échantillon de 1.246 informaticiens et ingénieurs, les ¾ disent être prêts à quitter le pays si une bonne opportunité se présentait. 5% sont déjà en poste à l’étranger, et 3% confient que le contrat de travail est en cours de négociation.

    «D’après les dernières études qui mettent le doigt sur cette problématique, c’est un climat général en entreprise et au sein de la société qui pousse ces jeunes à quitter le pays. Toutefois, les DRH essayent de changer la donne. Plusieurs moyens sont déployés pour retenir ces talents. Il y a une préoccupation en ce sens», assure une DRH. Ce qui n’échappe pas à cette diaspora, dont les deux tiers se disent prêts à revenir au Maroc d’ici quelques années. 

    Ce sont, sans grande surprise, les profils les plus qualifiés qui sont le plus convoités par les entreprises étrangères. 85% des bac+4 ont été approchés en moyenne 5 fois, et 70% pour les bac+5. Les profils avec un niveau bac+3, eux, le sont à hauteur de 48%.

    «Les entreprises internationales et étrangères cherchent donc aujourd’hui à recruter les informaticiens marocains ayant au minimum un bac+4 ou un diplôme en école d’ingénieurs. Ils veulent des profils pointus qui vont les accompagner dans leurs projets d’envergure», souligne l’étude.

    Cette forte demande se traduit par de grandes pertes pour les entreprises locales. «Elles ont du mal à tenir leurs engagements vis-à-vis de leurs partenaires, et voient leurs objectifs de croissance revus à la baisse», regrette Youssef El Alaoui, vice-président de l’Apebi, et co-fondateur de Mobiblanc (voir page suivante).

    Les recruteurs étrangers sont aussi intéressés par des profils expérimentés. Plus de 8 informaticiens sur 10 ayant entre 6 et 8 ans d’expérience ont été approchés durant cette année, tandis que ceux ayant entre 8 et 10 ans d’expériences l’ont été à hauteur de 67%, et ceux justifiant de plus de 10 ans environ 64%.

    Les juniors eux aussi ne sont pas en reste. Près de la moitié affirment avoir été chassés, au moins, par 3 recruteurs étrangers. Ce qui démontre le réel intérêt pour les informaticiens marocains. Par ailleurs, ceux qui sont en poste dans de grandes structures sont les plus recherchés aussi (70% dans des GE, et 67% dans des TGE).

    Plusieurs raisons les poussent à quitter le pays,  parmi elles, les faibles rémunérations qu’ils perçoivent. En effet, les sondés attribuent la note de 5,78/10 à leur salaire, et près des deux tiers affirment ne pas être satisfaits de leur rémunération, contre 68% en 2016. Ceux qui s’en plaignent le plus sont ceux travaillant dans des TPE (77%).

    Plus en détails, 4 informaticiens sur 10 touchent un salaire variable, en plus de leur rétribution. 42% bénéficient d’une prime sur objectifs, 22% du treizième, voire quatorzième mois, 16% d’un bonus annuel. D’autres avantages pécuniaires sont octroyés, comme les intéressements sur le résultat de la société et les commissions sur CA.

    Côté augmentation, seuls 39% en ont perçu une durant cette année, contre 35% en 2016. Parmi eux, à peine le quart a bénéficié d’une hausse de plus de 40%. La plupart (45%) ont été augmenté de 1 à 9%, et 25% de 10 à 19%.

    Autre constat relevé par le jobboard ReKrute.com, les formations à l’étranger donnent lieu à de meilleurs salaires. Près de la moitié des informaticiens ayant étudié hors du Maroc touchent plus de 15.000 DH. C’est le cas aussi pour 54% des profils ayant eu une formation au Maroc et une partie à l’étranger. «Beaucoup de recruteurs font davantage confiance au système d’enseignement anglo-saxon et francophone, ce qui explique la différence des salaires.

    Pourtant, nos écoles produisent de bons profils. Elles devraient néanmoins prendre le temps de rafraîchir leurs programmes pour y intégrer le volet soft skills», souligne la DRH de Phone group. Ce manque patent en savoir-être des ingénieurs issus d’écoles marocaines est la principale cause de leur maigre rétribution. A peine 23% d’entre eux ont un salaire de plus de 15.000 DH. Le tiers, lui, touche entre 4.000 et 8.000 DH.

    Echantillon

    Plus de 1.200 ingénieurs et informaticiens ont été sondés par le cabinet ReKrute.com. La moitié des enquêtés ont moins de 2 ans d’expérience. 18% justifient de 2 à 4 ans en entreprise, 19% entre 4 et 10 ans, et 12% de plus de 10 ans d’expérience. Parmi les sondés, 42% ont un bac+5 et plus, 34% ont un bac+2, et 19% un bac+3 et bac+4. Pour ce qui est des postes qu’ils occupent, 39% sont des techniciens systèmes, 24% des ingénieurs études et développement, 10% des ingénieurs systèmes, 9% des responsables informatiques, 8% des responsables réseaux. Près des ¾ des enquêtés ont effectué leurs études exclusivement au Maroc, 9% sont issus d’écoles et universités étrangères et 5% sont lauréats à la fois d’établissements supérieurs marocains et étrangers. Les ¾ des répondants sont jeunes (moins de 34 ans), et seul 21% sont des femmes.

                                                                        

    Le secteur de l’offshoring en prend un coup

    La situation devient alarmante au niveau de l’activité offshoring. «Plusieurs projets sont en stand-by en ce moment. Les entreprises ont du mal à se projeter, vu la pénurie en main-d’œuvre, et le turnover de plus en plus élevé», déplore Youssef El Alaoui, vice-président de l’Apebi.

    «La sonnette d’alarme a été tirée par certaines entreprises qui se demandent maintenant si la destination Maroc est toujours rentable», confie-t-il. Et pour cause, la fuite des cerveaux de près de 600 ingénieurs par an mettent en péril l’avenir d’un secteur porteur ayant un potentiel de création d’emplois pour les jeunes.

    Ce manque cruel de main-œuvre qualifiée dans le secteur des nouvelles technologies impacte négativement le Maroc qui, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI), vise à l’horizon 2020 d’atteindre un PIB de 16 milliards de DH et 100.000 emplois. A noter que les principales entreprises du secteur sont Capgemini, CGI, BNP Paribas, Axa, IBM, Accenture, Dell, Amazon, Ubisoft, Webhelp, Atos, Steria, Gfi Informatique, Sqli.

     

     

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