Régions

Ce que contient la poubelle des Casablancais?

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
Plus de la moitié constituée de déchets organiques
425,8 kg/an produits par habitant
Le marché de la collecte sera attribué avant le 18 octobre
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Les déchets organiques ou fermentescibles (plantes, rebuts de cuisine ou du potager) constituent plus de la moitié des volumes à la décharge de Médiouna (55%), suivis par le papier/carton et le plastique. Les déchets organiques très humides (65%) ont un faible pouvoir calorifique (un élément-clé pour la valorisation énergétique)

L’éternelle problématique du ramassage d’ordures à Casablanca ne sera pas résolue de sitôt. L’étude des dossiers des nouveaux postulants pour la collecte et la gestion de la décharge arrive à des stades avancés. Les adjudicataires seront connus d’ici le 18 octobre prochain, date à laquelle les élus devront entériner le processus de sélection lors de la session d’octobre du Conseil de la ville de Casablanca.

En attendant l’attribution de ces marchés, la situation est catastrophique sur le terrain. Les ordures s’amoncellent partout et les odeurs pestilentielles se répandent partout. Le jus nauséabond (appelé aussi lixiviat) en est en partie responsable. En cause, la nature des ordures des ménages casablancais  (ou plutôt marocains) composées en grande partie de déchets organiques ou fermentescibles (rebus de cuisine ou du potager, plantes, jus de légumes...). E

n effet, ces derniers représentent plus de la moitié des volumes (55%). Ils sont suivis par le papier/carton (14%), le plastique (10%), les gravats (6%)… (voir aussi infographie). Il s’agit là «d’estimations non fiables en l’absence d’une véritable étude de caractérisation de la poubelle casablancaise», estime Abdelaziz Moumen, rudologue (spécialiste de la gestion des déchets).

L’étude devrait permettre de définir qui produit quoi ainsi que les quantités en déterminant la part valorisable. Or, les déchets organiques très humides (65%) avec une forte teneur en matière organique ont un faible pouvoir calorifique (un élément-clé pour la valorisation énergétique). L’option de l’incinération est donc compromise, car elle nécessitera plus d’énergie.

Outre la nature des déchets, le comportement des populations est également mis en cause dans l’état actuel des lieux. Le Casablancais lambda, qui produit en moyenne 425,8 kg/an, déverse ses déchets n’importe où sans se soucier de l’environnement, ni de la salubrité publique.

En 2017, les Casablancais ont produit  plus de 1,4 million de tonnes de déchets ménagers et assimilés. La production de déchets, qui est en forte croissance (2,5% par an), atteindra les 2 millions de tonnes/an d’ici 2035.

Les campagnes de sensibilisation, menées jusqu’ici par les ex-délégataires (Sita et Averda), n’ont pas été d’une grande utilité. «Pour mieux cibler les ménages producteurs de déchets, on pourrait à titre d’exemple utiliser la base de données de Lydec», suggère le rudologue.

Des équipes formées pourraient faire la tournée et approcher ces ménages pour distribuer les prospectus, effectuer des études sur le terrain, sensibiliser… Les schémas directeurs d’urbanisme devraient aussi intégrer cette donne en mettant en place des déchetteries  (où les populations peuvent jeter les déchets inertes, non dangereux…), des centres de transfert (en attendant la mise en décharge) ou des centres de tri…

Pour rappel, les deux marchés décisifs pour la propreté (la collecte des déchets et la gestion de la décharge de Médiouna) sont aujourd’hui en phase d’étude de dossiers. Pour la collecte et le nettoiement, 4 sociétés sont en lice pour 8 lots (chaque lot comprend 2 arrondissements). Il s’agit de Derichbourg (France), Mecomar (Maroc), Averda (Liban) et NORM (Turquie). Les 3 premières entreprises sont déjà favorites dans la course, puisqu’elles assument depuis un an la collecte durant la période provisoire après le retrait de Sita (avant le terme de son contrat).

La gestion de la décharge de Médiouna intéresse visiblement plus de monde. Onze entreprises ont présenté leurs offres en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en juin dernier. Parmi lesquelles, figurent Entsorga Italia, groupement Lotus Engeneering (Corée)/SOS/Dohwa, groupement Energy China/ Somagec//Moldec Halector (Grèce), CNIM (France), Conch Venture (Chine), Plamb, Urbaser Emar (France).

 

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