International

Trafic maritime: L’autre casse-tête de l’après-Brexit

Par L'Economiste | Edition N°:5336 Le 17/08/2018 | Partager
Paris dénonce les propositions de Bruxelles
Elles ne prennent pas compte de la géographie des ports français

La ministre française des Transports Elisabeth Borne a officiellement protesté auprès de la Commission européenne. Et ce, contre sa proposition de dérouter l’itinéraire transeuropéen reliant l’Irlande au continent après le Brexit en évitant les ports français. La ministre estime que cela n’est pas acceptable pour la France.

«La proposition de la Commission ne tient absolument pas compte de la géographie et de la capacité des ports français à s’équiper le cas échéant pour disposer des capacités nécessaires au surcroît d’activité attendu», a écrit Elisabeth Borne à la commissaire chargée des Transports Violeta Bulc dans un courrier.

Bruxelles a proposé, le 1er août 2018, d’adapter le tracé du corridor transeuropéen Mer du Nord-Méditerranée, qui relie notamment l’Irlande et l’Ecosse au Benelux et à Marseille, en prévision de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Il s’agit de promouvoir des liaisons maritimes directes, évitant les futurs passages en douane à l’entrée et à la sortie du Royaume-Uni.

Alors que ce corridor aboutit actuellement sur le continent à Calais et Dunkerque, Bruxelles envisage désormais de relier directement l’Irlande (Dublin et Cork) au Benelux (Zeebrugge, Anvers et Rotterdam), en passant au large des ports français pourtant géographiquement bien plus proches.

Elisabeth Borne propose de renforcer les liaisons entre l’Irlande et les ports de Calais et Dunkerque (nord) et aussi de connecter au corridor Mer du Nord-Méditerranée une branche passant par Le Havre (nord-ouest) et Paris. Elle suggère en outre, de favoriser les ports les plus proches de l’Irlande: Cherbourg, Roscoff et Brest (ouest).

Les ports situés sur les réseaux transeuropéens de transport (appelés RTE-T, ou TEN-T) sont susceptibles de bénéficier de fonds européens pour leur développement. Faire passer le corridor Mer du Nord-Méditerranée au large de la France prive donc potentiellement les ports de l’Hexagone de ces financements.

«La décision d’exclure les ports français vient de la crainte d’une sérieuse congestion à la douane dans les ports du nord de la France et des incertitudes liées aux grèves des dockers français», selon le magazine Politico Europe.

Sur le volet économique, la croissance économique du Royaume-Uni a accéléré au deuxième trimestre 2018. Cette éclaircie (liée notamment à la météo et au football) peine à masquer un ralentissement général de l’activité à quelques mois du Brexit. Le Produit intérieur brut a progressé de 0,4% d’un trimestre sur l’autre, selon l’Office des statistiques nationales (ONS). Ce taux est meilleur que celui de la zone euro qui s’est contentée d’une hausse de 0,3% au 2e trimestre.

Un partenariat ambitieux

Le Royaume-Uni quittera l’Union européenne le 29 mars 2019. Les deux parties fixent les modalités de ce retrait ainsi que le cadre des relations futures (voir aussi la Tribune de Michel Barnier, chef de la négociation avec le Royaume-Uni pour la Commission européenne, https://ec.europa.eu). L’UE a proposé notamment un accord de libre-échange sans droits de douane et sans restrictions quantitatives pour les marchandises. Elle a proposé de mettre en place une coopération douanière et réglementaire étroite et de permettre l’accès aux marchés publics, pour ne citer que quelques exemples. En matière de sécurité, l’Union souhaite renforcer la coopération. L’objectif est de coopérer pour lutter contre la criminalité, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

F. Z. T. avec agences

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