Société

Conseil national de la presse: Le syndicat reprend la main

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
L'ex-patron pour un dialogue national afin d'établir les bases de la nouvelle institution
43,3% de participation... un taux élevé comparativement à d’autres expériences
Les travaux du CNP démarreront sans attendre la création du Conseil des langues
abdallah-bekkali-002.jpg

Après l’élection des membres, les regards se tournent vers le ministère de la Communication, chargé de superviser les étapes suivantes, essentiellement l’élection du président et du vice-président. Ici Abdallah Bekkali lors de sa conférence de presse (Ph. Bziouat)

«Nous n’allons pas attendre la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine ou le congrès de l’Union des écrivains du Maroc pour démarrer le travail de la nouvelle instance élue», a souligné Abdallah Bekkali, président du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) lors d’une conférence donnée hier au siège de sa centrale.

Pour lui, l’absence de ces deux représentants n’est pas un obstacle à la mise en place du Conseil national de la presse (CNP). D’ailleurs, ils n’auront pas de présidence des commissions. C’est pour cette raison que le président, qui est également membre de la liste élue au collège des journalistes, a appelé à l’accélération du processus pour que tout le dispositif démarre avant septembre.

Les regards se tournent vers le ministère de la Communication qui est chargé de superviser les étapes suivantes pour la mise en route du Conseil. Outre le règlement intérieur qui devra être élaboré dans un délai inférieur à six mois après son installation, l’urgence consiste à élire le président et le vice-président du Conseil.

«Celui-ci doit émaner soit du collège des éditeurs ou bien de celui des journalistes», s’est contenté de souligner Abdallah Bekkali, avant de préciser officiellement, «que le débat sur cette question n’a pas encore commencé».

En attendant, il a livré des statistiques définitives. Ainsi, le nombre de journalistes inscrits s’élève à 2.373. Ils sont localisés à hauteur de 1.061 à Rabat, 893 à Casablanca, 125 à Tanger, 65 à Fès,… Si le taux de participation à l’échelle nationale est de 43,3%, il diffère au niveau régional. Il est de 35% à Rabat, 44% à Casablanca, 66% à Fès et 64% à Marrakech. Mais le score record a été enregistré à Laâyoune avec 78,2%.

Revenant sur le taux de participation de 43,3%, Younès Moujahid le trouve au contraire «élevé, et ce comparativement avec les autres pays ayant des expériences similaires». L’intermède de l’élection du CNP étant terminé, le SNPM semble reprendre la main.

Pour le président de son conseil national, le défi aujourd’hui est d’avoir un syndicat fort. Pour convaincre, il rappelle que «la liste élue l’a été grâce à l’unité syndicale». Dans le même élan et sans attendre la mise en place du CNP, il a rappelé la nécessité d’ouvrir un dialogue national à travers tout le pays, en impliquant les professionnels. Cela servira à la construction de la nouvelle institution, a-t-il ajouté.

«Ce chantier sera ouvert dès la semaine prochaine», a annoncé Younès Moujahid. Lors de sa conférence de presse, le DG de la MAP a été pris à partie. Abdallah Bekkali a saisi le chef du gouvernement en tant que président du Conseil d’administration de l’agence de presse pour attirer son attention sur l’interdiction faite aux journalistes de participer à l’élection du 22 juin dernier.

En effet, a-t-il dit, ce sont 111 journalistes de l’agence qui ont été empêchés d’aller voter. 15 autres ont défié l’interdiction. Selon lui, la MAP est tombée dans un piège politique là où elle devait faire preuve de neutralité.

Sur les dérapages enregistrés au cours de la campagne, particulièrement en provenance de certains sites électroniques, Abdallah Bekkali s’est dit prêt à passer l’éponge. Il faut regarder l’avenir. Par ailleurs, il a tenu à préciser certaines choses particulièrement celle relative au rôle de la médiation et de l’arbitrage. Il a cité le cas de la suspension de la carte de presse. C’est la justice qui tranchera. Le journaliste concerné a le droit de faire recours devant les tribunaux.

Comment cela fonctionne

Le Conseil national de la presse est composé de 21 membres dont 7 sont des journalistes élus par leurs pairs et 7 autres membres choisis par et parmi les éditeurs de journaux et de sites électroniques. Le mandat du Conseil est de 4 ans, renouvelable une seule fois. Les 7 autres membres du Conseil restants viennent de divers horizons, à la condition de disposer d’une expérience dans la presse. Il s’agit d'un représentant du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, un du CNDH, un de l’Union des écrivains marocains, un de l’Association des barreaux des avocats du Maroc et un du Conseil national des langues et de la culture marocaine. A cela s’ajoutent un ancien éditeur désigné par la FMEJ, la Fédération des éditeurs, et un journaliste honoraire choisi par le syndicat de la presse. Pour accomplir ses missions, le Conseil devra créer cinq commissions permanentes dont l’une chargée de la déontologie et des affaires disciplinaires, une autre de la carte de presse professionnelle et une de la médiation et de l’arbitrage. Par ailleurs, le Conseil élabore un rapport annuel portant sur les indicateurs relatifs au respect de la liberté de la presse, aux violations de celle-ci et à la situation des journalistes au Maroc. Ce rapport doit être publié au BO. Le Conseil peut également élaborer des rapports thématiques relatifs au secteur.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    courrier@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc