Economie

Prix du carburant: Baisse des marges et des investissements

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5291 Le 11/06/2018 | Partager
La marge de distribution passerait à 6 ou 7% contre une moyenne de 10% actuellement
45 jours de stockage sur trois ans contre un objectif initial de 60 jours
prix_carburant_091.jpg

Le plafonnement des prix se traduirait par le retour à l’ancienne structure des prix et donc à des marges fixes. La Fédération des stations-service a mis en garde contre le risque d’un retour aux marges appliquées avant la libéralisation et qui pourrait se traduire par la faillite de plusieurs stations-service (Ph. Jarfi)

La démission surprise de Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance,  ne l’a pas empêché de poursuivre les réunions sur le prix du carburant. En attendant l’officialisation de ce départ, le ministre continue donc à expédier les affaires courantes dont l’épineux dossier du plafonnement du prix des produits pétroliers.

Ce qui devrait se traduire par la fixation du prix maximum de  vente  du gasoil et de l’essence. Un dispositif qui devrait s’accompagner par le retour de la structure des prix abandonnée depuis la libéralisation intervenue en décembre 2015.  Elle compte des marges fixes: marges détaillants et les frais et marges de distribution. Celles-ci sont aujourd’hui au centre des discussions avec le gouvernement. 

La Fédération des gérants de stations-service rejette le retour à l’ancien système dont l’application se traduirait par «la fermeture de la moitié des stations-service». Elle a néanmoins conditionné le retour à ce système par la valorisation de la marge des exploitants des stations-service.

Pour les distributeurs, la marge proposée est de 6 à 7% contre des taux  de 8,5 à 10% actuellement. Ce resserrement des marges devrait s’accompagner d’une revue à la baisse des investissements. Les  ambitions en matière de capacité de stockage devraient être tempérées. Les opérateurs proposent de passer à 45 jours sur trois ans alors qu’il était question de 60 jours. 

Car, à elle seule, l’obligation de 30 jours minimum est jugée contraignante puisqu’elle est en fonction des périodes, entre 7 à 8 milliards de DH. Aujourd’hui, près de 700.000 tonnes sont en cours de réalisation pour 4 milliards de DH d’investissement. Globalement, le secteur comptait réaliser des investissements de 10 milliards de DH sur 5 ans… mais le programme pourrait être revu à la baisse.

Le système de plafonnement des prix proposé par le gouvernement  serait testé pour une période de 6 mois. Contesté par les opérateurs, il est assimilé  à un retour sur la libéralisation. Ils estiment néanmoins qu’il aurait l’avantage d’éviter les polémiques sur les prix puisqu’ils seront en quelque sorte «certifiés» par l’Etat.

Le gouvernement veut s’inspirer du modèle belge. Pour le calcul du prix maximum, ce modèle tient compte du prix du produit à la sortie de la raffinerie  lié aux cotations internationales des produits finis sur le marché de Rotterdam, d’une marge brute maximale de distribution, des cotisations légales et des taxes.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc