Politique

L’Istiqlal vend son nouveau modèle de développement

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5290 Le 08/06/2018 | Partager
Un mémorandum adressé à l’Exécutif et un modèle paritaire de développement en gestation
Des tournées régionales à Meknès, Beni-Mellal, Agadir et Bruxelles…
Objectif: réconcilier les jeunes avec la politique et réveiller le gouvernement

Face au pessimisme régnant, la sinistrose et surtout le manque de confiance, le Parti de l’Istiqlal (PI) réagit. A travers des rencontres régionales, la formation de Allal El Fassi interpelle le gouvernement sur la situation de déchéance et l’invite à s’approprier les alternatives proposées dans le mémorandum remis au chef de l’exécutif.

Après deux premières escales à Rabat et Tanger, Nizar Baraka, SG du parti, et Abdellatif Maâzouz, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI), ont rencontré les militants de Meknès. «Nous sommes venus défendre nos propositions, vendre et compléter notre projet du modèle de développement économique, paritaire et durable, dans le cadre d’une démarche participative», disent-ils.

Les dirigeants du parti de la balance se déplaceront également à Beni-Mellal, Marrakech, Agadir, le Sud, et Bruxelles. «En juillet, nous aurons un projet ficelé qui constituera notre feuille de route pour les dix prochaines années. Lequel inspirera notre programme de parti lors des élections législatives», explique Maâzouz. L’Economiste revient sur les principaux points qui ont marqué l’escale du PI à Meknès.

nizar-baraka-090.jpg

Nizar Baraka a tiré à boulets rouges sur l’Exécutif. Le patron de l’Istiqlal a noté qu’il faut réagir dans l’immédiat à travers des mesures qui restaureraient la confiance et limiteraient les dégâts  (Ph. L’Economiste)

■ Baraka tire à boulets rouges sur El Othmani et Daoudi
Pour Nizar Baraka, l’équipe gouvernementale a failli à ses engagements. «En octobre dernier, le Roi avait appelé à l’élaboration d’un nouveau modèle économique pour le pays. Huit mois se sont écoulés, et nous n’avons rien vu venir de la part de la majorité gouvernementale, qui évoque désormais la possibilité de tenir une conférence sur le sujet», indique le patron de l’Istiqlal. Pis encore, selon lui, l’exécutif est inactif. «Six semaines de boycott et le gouvernement n’a toujours pas saisi le message du peuple. Cette équipe a montré ses limites. Elle est dans l’incapacité de fournir des solutions immédiates», renchérit-il. En effet, le parti de la balance a suivi, «avec beaucoup de consternation, la manifestation du ministre de la Gouvernance aux côtés des salariés de Centrale Danone, et contre le gouvernement». «C’est un cas unique au monde», s’indigne Baraka.
 
■ L’Istiqlal appelle à la révision de la loi de Finances
Sans plus attendre, l’Istiqlal appelle à une révision de la loi de Finances. «Nous n’avons pas voulu déposer des amendements ou des projets de loi pour endiguer cette situation de malaise social et économique. Nous avons opté pour un mémorandum réclamant la présentation d’un projet de loi de finances rectificative pour 2018», précise Baraka. De cette manière, l’Istiqlal veut gagner du temps. Car, la situation est contraignante. D’où la nécessité d’une intervention urgente et rapide, en vue de décompresser les tensions sociales «dans un délai de 15 jours». Pour aller vite, l’Istiqlal propose l’amélioration des revenus, et par delà l’amélioration du pouvoir d’achat. «Il faut commencer par une hausse de salaire de 200 DH par mois pour les fonctionnaires à partir du 1er juillet. Une 2e hausse de 100 DH devrait être discutée avec les syndicats pour sa mise en œuvre au cours de 2019», invite Baraka. Les mesures qu’il défend prévoient également une déduction fiscale des frais de scolarité plafonnée à 6.000 DH par an et par enfant scolarisé dans le secteur privé. A cela s’ajoute l’augmentation du plafond exonéré de l’IR, qui passera de 30.000 à 36.000 DH.
 
■ Plafonner les prix du carburant et soutenir l’emploi
Une autre proposition du PI concerne les prix des carburants. A ce titre, il est demandé à l’équipe d’El Othmani de plafonner les prix et surtout les marges de gains des distributeurs. En clair, il faut mettre en place un système flexible de calcul de la TIC sur l’importation des hydrocarbures en lien avec les niveaux des cours internationaux. Ce système aura l’avantage d’alléger l’impact de la hausse des cours internationaux sur le pouvoir d’achat des citoyens. Surtout que le prix du brut est en hausse. «Nous demandons au gouvernement de réduire la TVA sur les carburants», souligne Baraka. En outre, ce dernier appelle au soutien à l’emploi et à l’amélioration du climat des affaires. Dans ce volet, il est recommandé d’élargir à toutes les PME, les coopératives et les associations, les exonérations d’impôts et des charges pour les nouveaux recrutements, dont les salaires sont plafonnés à 10.000 DH bruts, octroyées aux entreprises créées entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2019. Et afin de motiver les nouveaux diplômés et préparer leur insertion, il est proposé la rémunération de leurs stages dans les administrations, les établissements publics et les collectivités territoriales.

■ Le modèle paritaire de développement humain et durable livré en juillet

abdellatif_maazouz_090.jpg

Pour sa part, Abdellatif Maâzouz, président de l’AEI, a noté que «le modèle paritaire de développement humain et durable, en préparation par les cadres du PI, sera livré en juillet». L’élaboration de ce projet a été confiée à 16 experts istiqlaliens. Approuvé par le comité exécutif du parti, ce projet a nécessité 8 mois de réflexions approfondies.
Il concerne l’éducation, la santé, et l’investissement, et vise le développement humain, la dignité du citoyen, la sécurité, l’accélération du développement économique et la préservation des secteurs productifs traditionnels ainsi que le développement des capacités nationales d’investissements. Ceux-ci passent par l’instauration de l’Etat de droit, la bonne gouvernance, le renforcement de la démocratie, et l’engagement politique. «Il faut mettre l’emploi à la tête des priorités des politiques publiques et décisions économiques, renforcer l’attractivité du pays, numériser l’administration publique, et résorber définitivement la problématique du foncier et principalement la lutte contre la spoliation», estime Maâzouz. Le modèle paritaire proposé par l’Istiqlal appelle à libérer les jeunes en leur octroyant des crédits et en les encourageant à créer et innover.
L’ambition étant de renforcer la classe moyenne et restaurer la confiance. «Notre projet sera implémenté lors des rencontres régionales au Maroc et à Bruxelles avec les Marocains du monde», conclut le président de l’AEI.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc