Politique

Le poil à gratter du PJD

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5290 Le 08/06/2018 | Partager
Le ministre a su rester indépendant dans ses prises de positions et parole
Le pjdiste le plus à l’aise et le plus cohérent en économie
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Les passages de Lahcen Daoudi devant les parlementaires se sont souvent transformés en véritables rixes entre majorité et opposition (Ph. Bziouat)

Daoudi est ce qu’on appelle « un bon client » dans le jargon journalistique. Ses déclarations donnent souvent lieu à des révélations qui ont l’effet d’une bombe. Depuis qu’il était député dans l’opposition, il avait le sens de la formule et parfois un côté grande gueule à la Mélenchon.

Lors de sa bataille avec Hamid Chabat autour de la circonscription de Fès, il sort sa fameuse phrase : « il faut déchabatiser Fès ». Dans le Maroc tendu de l’après-attentats du 16 mai 2003, et des soupçons qui allaient en découler sur les responsabilités idéologiques du PJD, il annonce que seuls « les Escobars » devaient avoir peur de son parti. Il ne manque pas de qualité ni d’idées de réformes pour autant.

Lorsqu’il était chef du groupe parlementaire du parti de la lampe à la Chambre des représentants, il défend alors la capacité de cette formation à conduire un gouvernement, sur la base d’un programme, « sans prétendre avoir des solutions clés en main». Plusieurs années avant qu’il ne dirige le ministère de l’Enseignement supérieur, Daoudi était pour une réforme en profondeur du système, afin que « les facultés ne soient plus des espèces de garderies pour adultes ».

Ce professeur universitaire est resté très attaché à ses principes. Il est l’un des rares cadres du PJD à avoir toujours défendu une vision moderne de l’économie. Au moment où le discours de sa formation se concentrait sur la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption, il a le courage de reconnaître que « le problème du Maroc est lié au manque de croissance pour faire sortir plus de familles de la pauvreté ».

Avant même d’intégrer le gouvernement, son discours économique était truffé d’expressions « tendance », du moins inhabituel sous les cieux du parti de la lampe, comme globalisation, libre échange, ou encore compétitivité. 

Ses prises de position lui ont également valu quelques polémiques. C’est le cas notamment lorsqu’il crée le buzz en plaidant la suppression de la gratuité de l’enseignement, suscitant au passage l’ire des syndicats et se mettant à dos une grande partie de l’opinion publique.

Il tente alors d’atténuer la tension en expliquant par la suite que dans cette nouvelle vision, « les riches doivent payer pour les pauvres ». Lors de son passage au département de l’Enseignement supérieur, il défendra également l’idée de la fusion des établissements afin de créer des pôles d’excellence.

Il déplore dans la foulée l’absence de taille critique chez les universités marocaines. Ce qui les empêche d’être compétitives face aux grandes institutions de formation à l’international.

 

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