Politique

Gouvernement: Un nouveau naufrage, l'affaire Daoudi

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5290 Le 08/06/2018 | Partager
Le ministre poussé vers la sortie après sa participation à une manifestation anti-boycott
Une initiative qui traduit l’ampleur des divergences au sein du PJD
Une victime expiatoire pour calmer les pro-boycott du parti
lahced_daoudi_090.jpg

Dans une réunion d’urgence, tenue mercredi dans la soirée, le secrétariat général du PJD a pris acte de la démission de Lahcen Daoudi. Ses membres ont «apprécié le fait que le frère Daoudi ait assumé ses responsabilités en demandant d’être déchargé de ses fonctions ministérielles» (Ph. Bziouat)

La démission de Lahcen Daoudi est une première même si elle a été annoncée mercredi soir par un communiqué laconique du  PJD à l’issue d’une réunion du secrétariat général du parti. De sources proches du dossier, c’est le  ministre des Affaires générales et de la gouvernance qui a décidé de jeter l’éponge.

Sans assister à la réunion, il a présenté sa démission à l’état major du PJD qui en a pris acte. La balle est dans le camp du chef du Gouvernement qui doit soumettre cette proposition à l’appréciation de SM le Roi,  seule autorité habilitée à nommer ou démettre un ministre.

L’article 47 de la Constitution de 2011 stipule notamment que « le chef du gouvernement peut demander au Roi de mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs membres du gouvernement du fait de leur démission individuelle ou collective».  Voilà pour le fonds.

Pour la forme,  le PJD s’est comporté comme s’il était le seul maître à bord. La réunion qui a tranché le sort de Lahcen Daoudi s’est déroulée au siège du parti, avec les seuls membres du secrétariat général de la formation politique, sans se soucier de l’avis des autres alliés de la majorité. Ce qui aurait en somme aurait dû être la démarche la plus logique à suivre.

Ce rebondissement ne manquera pas d’être soulevé au niveau du conseil de gouvernement programmé jeudi, à travers des commentaires des alliés de la coalition aux commandes de l’exécutif. En tout cas, à l’heure où nous mettions sous presse, la réunion hebdomadaire du gouvernement n’était pas encore terminée.

A préciser que la majorité a tenu une réunion mercredi dans la soirée avec comme point à l’ordre du jour, la validation du principe de plafonnement des marges sur les carburants. Les modalités de mise en œuvre seront laissées à l’initiative du gouvernement.

Les divergences au sein du PJD ont éclaté à l’issue du sit-in de soutien  de Daoudi aux côtés d’employés de Centrale Danone. Une affaire qui pourrait bien avoir poussé El Othmani à servir une victime expiatoire pour calmer les pro-boycott au sein du parti.

Autre indice qui confirme l’existence de tiraillements au sein de la formation, la sortie de Benkirane qui s’est rallié à la thèse de Daoudi, en rappelant que «le boycott était négatif pour l’économie du pays».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc