Economie

Stress hydrique: Feuille de route royale

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5289 Le 07/06/2018 | Partager
Instructions royales pour construire, dans les plus brefs délais, des barrages de différentes capacités
Les premières conclusions de la Commission de l’eau soumises au Souverain
Une campagne de sensibilisation pour favoriser une meilleure rationalisation de l’utilisation de l’eau
stress-hydrique-089.jpg

Pour assurer une meilleure gouvernance des ressources hydriques, le Roi a donné ses instructions pour réaliser, dans les plus brefs délais, des barrages de différentes capacités, en plus de barrages collinaires, et de la mise en place de stations de dessalement de l’eau (Ph. Bziouat)

Le Maroc multiplie les initiatives pour se préparer à la menace de stress hydrique. La réunion, tenue mardi dernier au Palais royal à Rabat, consacrée à la problématique de l’eau, s’inscrit dans cette logique.

Lors de cette audience, le Souverain a fixé les priorités dans ce domaine pour la prochaine période. L’idée est de capitaliser sur les travaux de la Commission dédiée à cette problématique, présidée par le chef du gouvernement.

Mise en place suite au Conseil des ministres du 2 octobre 2017, cette commission a pour mission de trouver des solutions adéquates au problème de manque d’eau potable, d’irrigation et d’abreuvement. Lors de cette réunion, les premières conclusions de cette instance ont été présentées.

C’est sur cette base que le Roi a donné ses instructions pour «la construction, dans les plus brefs délais, de barrages de différentes capacités, des barrages collinaires, ainsi que la mise en place éventuelle de stations de dessalement». Cela devra s’accompagner de la poursuite du programme d’économie d’eau dans le domaine agricole.

L’objectif de la feuille de route royale pour faire face aux aléas climatiques est d’augmenter le nombre d’infrastructures hydriques, à même de répondre aux besoins croissants en eau. Lors des 18 dernières années, 30 barrages de différentes tailles ont été réalisés.

Au-delà de l’importance de ces installations, le changement de comportement des consommateurs d’eau est également décisif. L’idée est de renforcer la prise de conscience des enjeux de l’exploitation des ressources hydriques. Une campagne de sensibilisation est prévue. Elle sera lancée par le gouvernement en partenariat avec les ONG. La rationnalisation de l’utilisation de cette ressource est le principal mot d’ordre.

Cette dynamique sera accompagnée du déploiement du «Programme de l’eau». Piloté par le département de Charafat Afailal, il est censé résoudre la problématique d’approvisionnement en eau potable. Il «cible particulièrement les zones rurales et montagneuses, connues pour leurs ressources hydriques limitées», selon la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau.

C’est le principal objectif du volet urgent de ce plan. Sur le moyen terme, il ambitionne également d’accélérer la cadence des investissements dans les infrastructures hydriques. Cela concerne particulièrement les barrages à grande capacité, qui devraient être très sollicités durant les prochaines années. Surtout en raison des aléas climatiques, se traduisant par l’alternance d’années à grands taux de pluviométrie et d’autres marquées plutôt par la sécheresse.

Actuellement, le patrimoine national des barrages est composé de 140 ouvrages, avec une capacité de stockage de 17,6 milliards de mètres cubes, comme l’a expliqué Afailal, récemment sur nos colonnes (voir notre édition du 24 avril 2018).

14 nouvelles installations sont en cours de construction. Elles permettront de renforcer la capacité de stockage de plus de 3 milliards de mètres cubes. Ces dernières années, le taux de remplissage des barrages atteint de meilleurs niveaux en comparaison avec la période précédente.

Cela, malgré la persistance du problème d’envasement qui risque de grignoter sur la capacité de stockage de ces installations. Le département de tutelle assure mener un «suivi régulier via des études bathymétriques, permettant d’évaluer la capacité perdue par envasement».

Plan national

Avec le nouveau programme national de l’eau, la planification s’étale sur les 20 prochaines années. Ce plan s’étalant sur plusieurs années ambitionne d’atténuer les effets des changements climatiques et leur impact sur les réserves hydriques du pays. Ce nouveau mode opératoire en matière de planification de la gestion de cette ressource stratégique, est aux dispositions de la loi 36-15 sur l’eau. Celle-ci a également introduit une série de nouvelles mesures en matière d’élaboration des documents d’aménagement intégré des ressources en eau ou des plans locaux de gestion de cette ressource.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc