Economie

Protection sociale/Politiques de l’emploi: Aucune vision stratégique

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5289 Le 07/06/2018 | Partager
Les mesures d’incitation peu articulées
Le CESE propose un dispositif national contributif contre le chômage

Le constat est peu flatteur pour le gouvernement qui vient de décliner sa stratégie pour l’emploi. Le Conseil économique, social et environnemental, présidé par Nizar Baraka, le secrétaire général de l’Istiqlal,  juge inefficaces les politiques publiques en faveur de l’emploi et de la protection sociale des personnes sans emploi.

Les critiques visent aussi bien le niveau de ressources que la vision stratégique. A titre d’exemple, en 2018 un budget de 1,25 milliard de DH en faveur de la politique de l’emploi est prévu mais cela représente moins de 0,5% du total des dépenses de l’Etat!

Les mesures envisagées en 2018 portent principalement sur des actions d’intermédiation pour l’emploi, avec l’extension des agences Anapec à travers le territoire, des assouplissements fiscaux notamment une exonération pour 10 salariés au lieu de 5 actuellement, et une réduction d’impôts sur les sociétés suite à la participation au capital des jeunes entreprises innovantes en nouvelles technologies.

Ces mesures jugées faiblement articulées entre elles n’auraient pas un impact important en termes d’emploi! Le Conseil s’est également intéressé à la stratégie nationale pour l’emploi adopté en 2015 et couvrant  une période de dix ans. Une stratégie dont l’objectif est de mettre l’emploi  au centre de l’action grâce à une approche multidimensionnelle intégrée.

Cette stratégie avait relevé le caractère préoccupant du découplage entre la croissance économique et la crise du marché de l’emploi marqué par l’informel, des contrats précaires, l’évasion sociale, le chômage des jeunes… Elle a ainsi prévu de compléter la législation  en matière de protection sociale, assurer la couverture médicale de la population non couverte,…

Sauf qu’elle a omis de fournir des lignes directrices précises concernant le financement, le portage institutionnel, le calendrier de mise en œuvre ou les indicateurs de suivi de ses recommandations.  Le Conseil propose au gouvernement de ratifier  la Convention 168 de l’OIT relative à la politique de l’emploi et la protection contre le chômage et de mettre en œuvre ses recommandations.

Ensuite, l’institution estime nécessaire une définition officielle du chômage et du chômage partiel. Elle propose le développement, dans le cadre du dialogue social, d’un dispositif national contributif d’assurance contre le chômage. Le dispositif pourrait temporairement démarrer par une couverture des personnes ayant une famille à charge, puis augmenter le nombre des personnes protégées, et majorer progressivement le montant et la durée des indemnités.

Le Conseil est également favorable au versement  d’indemnités aux travailleurs à temps partiel qui sont effectivement en quête d’un emploi à plein temps. En tout cas, les personnes protégées en matière de chômage doivent représenter au moins 85%  de l’ensemble des salariés, y compris les agents de la fonction publique et les apprentis.

Moins 1% de la population au chômage a l’IPE

La stratégie de l’emploi s’est notamment traduite par l’insertion de  62.643 chercheurs d’emploi  dans le cadre du programme Idmaj,  et par l’indemnisation de 22.230 personnes au titre de l’indemnité pour perte d’emploi.  L’IPE est jugée limitée et peu appropriée au risque du chômage puisqu’elle s’adresse uniquement au salarié qui perd de manière involontaire son emploi.  Cette prestation a profité à près de 9.400 personnes par an. Rapporté à la population au chômage, estimée en moyenne à 10% de la population active, l’effectif des bénéficiaires de l’IPE est inférieur à 1%!

 

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