Analyse

Une lettre ouverte de 34 millions de consommateurs

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5285 Le 01/06/2018 | Partager
Des associations saississent le Chef du gouvernement
supermarche-085.jpg

La grande distribution est l’un des secteurs étudiés par le Conseil de la concurrence (Ph. Bziouat)

La Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC) ne manque pas d’humour: «Nous avons fait un pas en avant pour en faire plusieurs en arrière», écrit-elle dans une lettre ouverte adressée au chef du gouvernement et à dix ministres dont ceux de la Justice, du Commerce et des Affaires générales.

Le boycott remet au-devant de la scène la loi relative à la protection du consommateur et celle régissant le Conseil de la concurrence. La Fédération dénonce «les atteintes aux droits du consommateur», «les infractions caractérisées comme les ententes sur les prix» et «l’impunité» dont bénéficient certains opérateurs.

«Le mouvement consumériste reste dubitatif sur l’attitude et la démarche de l’Etat ainsi que la lenteur et la légèreté du traitement de la question du consommateur», selon l’ONG de défense des droits économiques. Les faits lui donnent raison.

Depuis sa publication au Bulletin officiel du 7 avril 2011, la loi protégeant le consommateur attend ses textes d’application! Malgré son statut constitutionnel, le Conseil de la concurrence reste gelé et la loi sur la liberté des prix et de la concurrence  inappliquée depuis 4 ans.

Ainsi, la fédération que préside le Pr Mohamed Benkadour réclame «la mise en œuvre urgente et immédiate des mesures d’accompagnement» afin de protéger 34 millions de consommateurs. Première revendication, «reconnaître aux associations de consommateurs leur droit d’ester en justice».

La seconde réclamation porte sur «le renforcement des mécanismes de contrôle» des prix et de la qualité des produits. L’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (Onssa) est particulièrement interpellé. 

Lassées par les fausses promesses gouvernementales, les associations de consommateurs veulent «un appui réel via le respect des engagements, des programmes et des délais fixés dans le cadre des conventions de coopération liant leur fédération et le ministère de l’Industrie et du Commerce».

Le Conseil consultatif supérieur de la consommation n’a pas encore vu le jour malgré 7 longues années d’attente. Les pétitionnaires appellent  aussi «à la réanimation du Conseil de la concurrence qui est en état de mort clinique» depuis 2013.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc