International

La recette Toyota pour le véhicule à hydrogène

Par L'Economiste | Edition N°:5283 Le 30/05/2018 | Partager
Un objectif de 30.000 unités vendues par an à partir de 2020
Les prix seront divisés par 2 d’ici 2025
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Toyota souhaite écouler « au moins » 30.000 véhicules à hydrogène dès 2020 (Ph. AFP)

Le constructeur nippon Toyota ne manque pas d’ambition. Il vient d’annoncer la construction de 2 nouvelles installations au Japon dans le but d’accroître la production de piles à combustible et de réservoirs hydrogènes à haute-pression. Objectif : multiplier par 10 les ventes de véhicules à hydrogène à partir de 2020, pour arriver à « au moins 30.000 unités par an ».

Le constructeur japonais bénéficie déjà d’un avantage dans le domaine avec son modèle Mirai, disponible au Japon depuis décembre 2014 et commercialisé en Europe et en Amérique depuis octobre 2015. Alimenté par une pile à combustible de 114 kilowatts (soit 155 ch.), le véhicule dispose d’une autonomie de plus de 500 km et peut atteindre une vitesse de 178 Km/h.

Si le secteur en est à ses débuts, la Toyota Mirai peut être considérée comme un succès, notamment aux Etats-Unis où le modèle capte 80% des parts de marché. Plus globalement, le véhicule s’est écoulé à 3.000 unités sur la seule année 2017, soit une progression de 50% par rapport à l’année précédente.

Cette initiative s’inscrit dans le Challenge Environnemental 2050. Un programme qui vise à mettre en place des sites de production à zéro émission de CO2. L’opération répond également à l’impératif écologique, amenant une multiplication de régulations nationales.

Sans parler de la transition opérée au sein du secteur automobile, avec notamment l’investissement de 500 millions d’euros de Daimler dans son usine alsacienne pour le développement de véhicules 100% à l’horizon 2022 (cf. L’Economiste n°5279 du 24 mai 2018).

Face à cette concurrence, Toyota souhaite donc frapper un grand coup : la firme veut entamer « la popularisation » de son modèle à hydrogène. En effet, une Toyota Mirai coûte actuellement 66.000 euros HT (environ 730.000 DH): un prix hors de portée pour la majorité des consommateurs.

L’objectif d’ici 2025 est d’amener les véhicules à hydrogène au prix des hybrides, vendus dans une fourchette autour de 30.000 euros : une ambitieuse division par 2 du prix qui passera inévitablement par l’investissement et l’innovation. Une popularisation qui passe également par une extension des sites de vente.

Si la Mirai n’était réservée qu’au Japon, les Etats-Unis et 9 pays européens (dont l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni), Toyota réalise actuellement des essais pour commercialiser son modèle à hydrogène en Australie, au Canada, en Chine ou encore aux Emirats Arabes Unis.

Si le Maroc n’est pour l’instant pas concerné par la stratégie de Toyota, les initiatives en termes d’hydrogène se développent. A commencer par la technologie Stor-H, une capsule à hydrogène pouvant équiper différents véhicules, déjà implantée dans les régions de Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima et devant équiper plus de 50.000 véhicules d’ici 2021.

 

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