Régions

Fès: Un milliard et demi de DH pour embellir la ville

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5277 Le 22/05/2018 | Partager
Voiries, éclairage public, espaces verts…remis à neuf en 5 ans
Grands axes, quartiers sous-équipés, médina…en priorité

■ Comment booster les investissements privés

Tout porte à croire que la ville de Fès aura un bel avenir. Les chantiers qui seront lancés vont certainement renforcer l’attractivité de la capitale spirituelle. Pour le premier responsable de la ville, «le rôle des autorités publiques est de mettre en place l’environnement propice à l’investissement, mettre en avant et injecter les ressources financières publiques nécessaires, et c’est au privé de suivre». A ce titre, El Azami encourage la construction d’un hôtel 5 étoiles et un palais des congrès au quartier Champs de courses. Du fait que «le lot de terrain dédié propose des prix de foncier qui défient toute concurrence». S’agissant des autres projets, El Azami promet de véritables avantages offerts pour tout investisseur…, retirés à tout spéculateur.

■ Une délégation de pouvoirs ou plutôt une gestion déléguée

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C’est un «non» catégorique de Driss El Azami El Idrissi. «Non. Le maire n’a pas délégué ses pouvoirs à AOF», dit-il. Et d’expliquer: «l’aménagement de la voirie nécessite une certaine compétence, comme nombre de projets d’infrastructures». De ce fait, ces projets, d’un montant global de 500 millions de DH,  ne peuvent être exécutés que dans le cadre d’un partenariat. La logique du conseil communal de la ville de Fès, de concert avec les autorités locales et centrales, est de faire émerger un partenariat réel autour de deux principaux axes. Le premier concerne l’aménagement des grandes avenues ainsi que  les rocades. Le but étant d’assurer une véritable mise à niveau urbaine. Ce volet sera financé principalement par les ressources du ministère de l’Intérieur. Il sera exécuté dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage déléguée par Al Omrane. Ceci étant, la Commune est le maître d’ouvrage. En outre, un comité assurera le suivi de tous les projets. «Il suivra tous les détails que ce soit le choix des projets et leur priorisation, ou bien la mise en œuvre des projets, le suivi et le contrôle des chantiers», souligne le maire. Le 2e axe, selon lui, concerne les quartiers sous-équipés. S’inscrivant dans le cadre d’un partenariat, notamment avec le ministère de l’Habitat, ce projet nécessitera également quelque 500 millions de DH. Un montant qui servira à l’équipement de différents quartiers relevant des six arrondissements de la ville, à l’exception de l’Intramuros. Car, l’ancienne médina bénéficie d’un autre programme.

■ Voiries, éclairage, espaces verts… au menu

Concrètement, El Azami parle d’un gigantesque programme de réhabilitation et d’élargissement des artères de la ville de Fès (2018-2022). Élaboré par le ministère de l’Intérieur (Direction générale des collectivités locales), la wilaya, la préfecture et la commune de Fès et la société Al Omrane, le projet de convention de partenariat porte sur la réalisation des travaux de mise à niveau urbaine, le renforcement des réseaux de l’assainissement liquide et de l’éclairage public et le réaménagement des grandes places. Ses axes prioritaires sont notamment la route de Wislane, les entrées principales, les rocades centre et Sud, la route de Meknès, les avenues Ahmed Chaouki, Lalla Meryem, Lalla Hasnaa, de l’Égypte, Ahmed Kouri et de la Palestine, outre les boulevards Mohammed V et Obaïda Ibn Al Jarrah. La réalisation de ce programme intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale relative à la politique de la ville, qui vise à garantir une croissance spatiale harmonieuse et équilibrée des villes et des centres urbains.

■ Plus d’un demi-milliard supplémentaire pour la médina

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Avec l’Agence pour le développement et la réhabilitation de la médina (Ader), la Ville a signé un accord visant la valorisation de l’ancienne médina et la préservation de son patrimoine architectural, matériel et immatériel. «L’Ader a développé une expertise formidable en matière de réhabilitation et restauration des monuments», atteste El Azami. Pour continuer ce chantier d’envergure, un programme complémentaire pour la valorisation de la médina a été signé, lundi dernier, devant le Souverain. Ce programme, adopté lors de la session communale, mobilisera près de 583 millions de DH. Cette enveloppe financera la restauration et la restructuration des ouvrages touristiques et la dynamisation de l’activité commerciale (Drazate, Foundouks…) et économique de la ville outre la réhabilitation des infrastructures de l’ancienne médina et le renforcement de son attractivité. Y participent notamment les ministères de la Culture et des Habous.

Une agence des équipements publics en gestation

La création et l’institutionnalisation d’une agence des équipements publics alimentent les débats au niveau du Parlement. «Nous discutons d’un projet de loi concernant cette agence», confie El Azami. Pour lui, «la maîtrise d’ouvrage déléguée est un métier…et la majorité des ministères opte pour cette démarche afin de réaliser leurs projets».  Ce sont les départements qui sont les maîtres d’ouvrages, font les choix, élaborent les projets et définissent les priorités. «La réalisation est déléguée à d’autres entités, et ceci se paye… La Ville de Fès a opté pour cette démarche. Sachant que nous avons été au minimum possible en termes de prix accordant 7% du montant investi à Al Omrane». L’essentiel, pour le maire, est que la Ville profite de l’expérience du délégataire en matière d’aménagement. «Aussi, et principalement nous voulons que ces projets soient réalisés par le Conseil en collaboration avec les autorités locales, selon une vision prédéfinie et des choix priorisés», conclut le maire.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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