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Station de dessalement: A Chtouka Aït Baha, souscriptions massives

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5275 Le 18/05/2018 | Partager
L'adhésion des agriculteurs indispensable pour ce projet de 4,4 milliards de DH
10.400 ha raccordés sur les 15.000 ha du périmètre de sauvegarde de la nappe de Chtouka
La station devrait démarrer en 2020 avec 275.000 m3/j, entre eau potable et irrigation
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Ce méga projet, fruit d'un partenariat public privé, est pionnier en Afrique. Ses premiers m3 produits (275.000 pour arriver jusqu'à 100.000) seront destinés à l'approvisionnement à 100% du grand Agadir ainsi qu'à l'irrigation de la région de Chtouka Aït Baha (Ph. L'Economiste)

L’engouement pour la future station de dessalement de l’eau de mer de Chtouka Ait Baha va grandissant. Pour preuve, l’adhésion des agriculteurs qui se traduit par des souscriptions en hausse. Et qui représentent jusqu’à maintenant 10.400 hectares sur les 15.000 ha du périmètre de sauvegarde de la nappe phréatique de Chtouka.

«Nous avons réussi à atteindre ces résultats au bout de deux mois de travail au lieu des six sur lesquels nous avions tablé», explique non sans fierté Hro Abro, directeur de l’Office régional de mise en valeur agricole (ORVMA) Souss Massa. «Sur le chantier, les travaux hors site sont terminés et le raccordement en eau et électricité faits», a-t-il ajouté.

Il faut préciser que le projet de Chtouka, initié par le ministère de l’Agriculture, à la demande des agriculteurs et de leurs associations, est composé de deux piliers interdépendants: la sauvegarde de la nappe par la mise en place du Décret. Et la production d’eau dessalée pour l’irrigation du périmètre irrigué, en substitution des volumes sur-prélevés sur la nappe, qui accuse un déficit de près de 90 millions de m3 par an, calculé comme la différence entre le volume renouvelable de la nappe et les prélèvements qui y sont effectués.

La capacité de production initiale de la nouvelle station dont la mise en service est prévue pour 2020, est de 275.000 m3/j à raison d’un débit de 150.000 m3/j pour satisfaire les besoins en eau potable, et d’un débit de 125.000 m3/j pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. Sachant que l’ouvrage est construit avec des installations pour une capacité à terme de 400.000 m3.

Ce mégaprojet d’une enveloppe budgétaire de 4,4 milliards de DH, est le premier du genre en Afrique et l’ensemble des acteurs de la région sont parties prenantes pour sa réussite. Pour rappel, le projet de production d’eau dessalée mutualisée pour l’usage de l’irrigation et d’eau potable est le résultat de la combinaison de deux projets en partenariat public-privé entre le ministère de l’Agriculture et un délégataire privé, la société Aman El Baraka, qui va s’étaler sur une durée de 30 ans.

S’inscrivant intégralement dans les objectifs stratégiques du Plan Maroc Vert (PMV), et dans les objectifs du Plan agricole régional (PAR), la future station ambitionne essentiellement la sauvegarde des ressources en eau et leur développement, tout en garantissant le capital investi dans l’agriculture d’exportation.

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Source: Ministère de l’Agriculture
La future station de dessalement permettra la production d’eau dessalée mutualisée à double usage: potable et agricole. Ce projet est le fruit de la combinaison de deux projets partenariat public-privé qui va s’étaler sur 30 ans

Le stress hydrique menace sérieusement la pérennité agricole de la région Souss Massa, première région primeuriste du pays. En effet, elle assure 85% des exportations de primeurs et 97% des exportations de tomates vers des destinations comme, l’Union européenne, l’Amérique du Nord et la Russie... Ce qui permet de générer des entrées considérables en devises et des emplois pour près de 100.000 personnes.

Or, la nappe phréatique de Chtouka, à partir de laquelle sont irrigués près de 17.500 ha, subit une surexploitation qui engendre également une avancée du biseau salé dans les terres, détériorant ainsi la qualité de l’eau pompée. D’où tout l’intérêt de la future station de dessalement de l’eau de mer qui va permettre et de sauvegarder la nappe de Chtouka et de pérenniser les activités économiques liées à l’agriculture dans la région. Des ambitions tributaires de la bonne gestion des ressources hydriques et de l’engagement des différentes parties prenantes.

Concernant les droits de souscription, ils sont fixés à 5.000 DH par ha versés à la signature du contrat. Les droits de raccordement également fixés à 5.000 DH par ha sont payables à la réalisation du raccordement. Le tarif d’eau est quant à lui de 5,4 DH TTC le m3 rendu à la borne, soit 19.440 DH par an et par ha souscrit.

                                                                        

En complément du barrage Youssef Ben Tachfine

Le projet de la station de dessalement de l’eau de mer est situé dans la plaine de Chtouka, à 300 m de la côte et à 44 m d’altitude. Situé à une trentaine de kilomètres au Sud d’Agadir et à l’Est du Parc National du Souss Massa, très exactement dans la commune d’Inechaden.

L’idée du projet trouve son origine dans l’étude de préfaisabilité, réalisée par le département de l’Agriculture avec le soutien de la FAO, complétée par celle effectuée par l’Agence du Bassin Hydraulique du Souss-Massa et Draâ. Ces études ont mis en exergue le fait que le projet d’irrigation dans la zone de Chtouka à partir d’une ressource en eau non conventionnelle, à savoir l’eau de mer dessalée, est indispensable en parallèle avec des réelles mesures de contrôle des prélèvements sur la nappe.

Cette nouvelle ressource vient ainsi en substitution partielle ou totale de l’eau prélevée dans la nappe et en complément de celle du barrage Youssef Ben Tachfine pour les exploitations du périmètre public du Massa.

 

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