Politique

Boycott: Le mea-culpa d’El Othmani

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
Il a exprimé «ses regrets pour les dépassements et les propos enregistrés»
Mais a insisté sur l’importance du climat de confiance pour garantir la liberté d’investissement
Une «task-force» pour analyser les prix des produits les plus consommés
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Après plusieurs semaines de tension liée à la campagne de boycott, Saâdeddine El Othmani a appelé à tourner cette page. Pour lui, «l’avènement du mois de Ramadan, période de tolérance et de bienveillance, est l’occasion pour tous de se tourner vers l’avenir» (Ph. Bziouat)

Au moment où la Commission de contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants présentait son rapport sur les hydrocarbures, Saâdeddine El Othmani était malmené par les membres de la Chambre des conseillers, lors de la séance mensuelle des questions de politiques publiques.

Le chef du gouvernement a été interpellé sur la question de la protection du consommateur. Un thème d’actualité, coïncidant avec la campagne de boycott de certains produits de grande consommation. El Othmani a été violemment pris à parti par les membres de la 2e Chambre, particulièrement par les groupes de l’opposition, l’Istiqlal et le PAM en tête.

Le chef du gouvernement a fait profil bas, dans une tentative d’assurer un retour au calme, après des semaines marquées par la tension. Plusieurs conseillers ont attaqué et critiqué les déclarations de certains ministres contre les défenseurs du boycott. Dans une sorte de mea-culpa, El Othmani a exprimé «ses regrets pour les dépassements et les propos enregistrés dernièrement». Pour lui, «le gouvernement ne saurait se ranger contre les citoyens, comme cela a été véhiculé par certains». Mais «reste attaché à la défense des intérêts des citoyens, ainsi que ceux de l’économie nationale».

Il a appelé à tourner cette page. Il a avancé que «l’avènement du mois de Ramadan, période de générosité, de tolérance et de bienveillance, est l’occasion pour tous de se tourner vers l’avenir, pour un départ positif et une action collective. Celle-ci vise la protection du consommateur, le renforcement du pouvoir d’achat, l’amélioration des revenus des ouvriers et agriculteurs et la préservation des intérêts de l’économie nationale».

En face, le chef du gouvernement a aussi tenu à rassurer les entreprises. Il a insisté sur l’implication de son équipe dans la garantie de la liberté d’investissement et des conditions favorables à la production. Pour lui, le gouvernement doit assumer son rôle en matière de «consolidation de la confiance mutuelle». L’exécutif doit également «veiller à la paix sociale, contrôler le niveau de qualité, lutter contre le monopole et garantir une concurrence saine et transparente».

Une «task-force» a été mise en place, selon El Othmani, en vue de «se pencher sur l’analyse des prix des produits les plus consommés par les citoyens, et veiller à ce que leurs prix soient à la portée». Il a rappelé que «l’offre et la demande restent les facteurs qui déterminent les niveaux de prix dans une économie de marché libre et transparent».

Il a également lancé un appel aux entreprises produisant des denrées à forte consommation, ainsi que les professionnels de la distribution, «à prendre des initiatives visant à alléger le coût du panier de la ménagère».

A la veille du mois de Ramadan, le gouvernement compte renforcer le contrôle des marchés. El Othmani a annoncé que son équipe est mobilisée pour «s’assurer de l’approvisionnement des marchés en produits de première nécessité en quantités suffisantes, de leur qualité et de leur salubrité».

Veille

Face aux craintes de hausse des prix lors du mois de Ramadan, Saâdeddine El Othmani a estimé que «le suivi peut être fait par les associations de protection du consommateur, aux côtés des autorités compétentes, à l’instar des pays développés». Il a mis l’accent sur le combat mené «contre certaines pratiques qui entachaient le marché par le passé, comme les pénuries de certains produits, la spéculation, le monopole avec des retombées sur les prix». Pour lui, «ces pratiques sont définitivement révolues». Mais la vigilance doit rester de mise. Consommateurs et autorités doivent maintenir la veille et alerter en cas de dérapages. Depuis 2013, le suivi de l’évolution des prix des produits les plus demandés a montré «une relative stabilisation, avec certaines hausses circonstancielles et saisonnières, selon la nature du produit et l’ampleur de la demande». Les services de contrôle seront mobilisés, notamment dans les marchés locaux, pour «faire face à toute pratique illégale au niveau des prix, de la qualité des produits, des conditions d’hygiène et de sécurité». Les commerçants en infraction seront sanctionnés.

 

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