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La Banque Populaire se positionne au carrefour des marchés africains

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5261 Le 27/04/2018 | Partager
Les filiales contribuent pour 50% aux crédits additionnels distribués
Déploiement de la même identité visuelle sur tous les marchés

Les marchés subsahariens sont résolument au cœur de la stratégie de la BCP. Cela se traduit par la création d’une direction générale totalement dédiée à l’international, ce qui est une première dans le secteur bancaire marocain. La dynamique et le poids des marchés subsahariens en dit long sur la place qu’ils occupent dans la nouvelle stratégie Elan 2020, adoptée par le groupe il y a moins d’un an.

Ce plan, qui cristallise ses ambitions sur le continent africain, commence à porter ses fruits. En 2017, la banque à l’international a contribué à hauteur de 50% pour l’additionnel des crédits distribués par le groupe. En pleine expansion sur le continent, il a récemment mis pied à Maurice et Madagascar.

Ce qui porte à 14 ses pays d’implantation. Il est par ailleurs présent dans 14 autres pays en dehors de l’Afrique. Ce qui en fait 28 dans le monde. Le groupe s’intéresse aussi au marché rwandais. Il y a quelques mois, la banque a exprimé son intérêt d’entrer dans le tour de table de Banque of Kigali. Pour les autorités rwandaises, la banque n’est pas prête à accueillir un partenaire industriel dans son tour de table.

En dépit de la réticence des autorités locales, le management est très ouvert à l’examen de nouvelles opportunités qui pourraient se présenter, y compris avec Bank of Kigali. «Pour nous, c’est un sujet différé dans le temps», précise Kamal Mokdad, Co-chief executive officer, Head of International Global Banking de la Banque Populaire.

Sa présence hors du Maroc répond à une logique stratégique: la proximité avec la diaspora marocaine. L’autre pilier de sa vision est l’ouverture sur l’Asie. «Nous pensons que l’île Maurice constitue un corridor extrêmement important pour capter un certain nombre de flux commerciaux et d’investissements destinés à l’Afrique anglophone.

Nous voulons jouer sur cet avantage pour constituer un pont entre l’Afrique et l’Asie, pour accompagner le développement du commerce et des investissements entre la partie anglophone de l’Afrique et la partie francophone», explique le management.

La BCP est aujourd’hui le seul groupe bancaire de l’Afrique de l’Ouest et du Nord à être présent sur ce marché. Maurice est le carrefour de plusieurs corridors: Inde-Maurice et Chine-Maurice. Avec sa présence dans le pays, la BCP s’affirme sur le marché du global banking (financement de projets stratégiques) en Asie et en Afrique anglophone.

Par ailleurs, la BCP harmonise son identité visuelle, en déployant l’emblème du cheval à l’ensemble de ses filiales en Afrique subsaharienne. Celles-ci conservent tout de même leur marque originelle et locale. Ce changement marque le début d’une nouvelle étape de développement stratégique du groupe, avec de fortes ambitions.

«Nous avons souhaité annoncer maintenant cette rupture parce qu’elle représente pour nous une nouvelle vision de l’Afrique. Celle-ci consiste à construire le premier groupe bancaire panafricain solidaire et ancré localement. A travers ce changement d’identité visuelle, nous voulons marquer notre prédisposition et notre capacité à adresser les besoins de la diaspora africaine», explique Kamal Mokdad. La BCP compte en tout, 16 filiales en Afrique subsaharienne.

Le déploiement de cette nouvelle identité accompagne un certain nombre d’innovations: un Tchat bot pour renforcer sa proximité avec la clientèle (communiquer sur son offre, les cours de changes, simulation de crédit…), le lancement d’une solution connectée (Wallet-to-account, bank-to-wallet) permettant de réaliser des transferts et retraits à partir des GAB et agences du compte wallet. La banque va également reconfigurer l’aménagement intérieur de ses agences.

D’autres innovations basées autour du Wallet sont annoncées. «Nous allons, dans les prochains mois, déployer une solution de mobile banking sur l’ensemble de nos marchés. Mais également des solutions innovantes pour nos clients dans le domaine agricole», annonce le management.

Celui-ci revendique la troisième position dans le secteur bancaire dans la région Afrique de l’Ouest, la 2e en Côte d’Ivoire, à travers la banque Atlantique de Côte d’Ivoire et la 1re position au Niger. Il revendique également une part de marché de 26% dans la collecte de dépôts. De même en termes de nombre d’agences et de contribution à l’inclusion sociale et financière des populations.

Ambitions dans le mobile banking

Au Maroc, la banque compte environ 1.500 agences. En Afrique de l’Ouest, le groupe en affiche près de 200. Le taux de bancarisation varie entre 10 et 15% en fonction des pays, contre 70% au Maroc. Pour pénétrer le marché, il est impératif d’innover en termes de modèles de distribution des services bancaires.

Le déploiement de solutions de mobile banking constitue une réalité incontournable au vu du fort taux de pénétration du mobile. Sur ce segment, le groupe est dans une logique «collaboration-compétition» avec les opérateurs télécoms. «Nous comptons déployer un réseau de distribution assez proche de celui des opérateurs télécoms pour promouvoir des services de microfinance, microcrédit, micro-épargne, micro-assurance et tout ce qui est transactionnel.

Nous annoncerons une nouvelle solution de mobile banking dans les prochains mois, dans la région Uemoa», souligne Mokdad. Au Maroc, le groupe a déjà annoncé le déploiement de la solution de paiement mobile B Pay. Mais celle-ci aura moins de fonctionnalités que celle sur les marchés subsahariens.

Modèle de présence

La BCP est le seul groupe bancaire à avoir fait le choix de créer une plateforme régionale (Atlantic Business International – ABI) en plus de ses filiales bancaires. ABI est la ligne de portage et de gestion de toutes ses filiales subsahariennes. La holding équivaut à la BCP (banque mère) pour ses banques régionales au Maroc.
Basée en Côte d’Ivoire, la plateforme a le statut de conglomérat financier et compte plus de 130 collaborateurs organisés comme une banque de plein exercice (même si elle n’est pas un établissement de crédit), avec des structures régaliennes: gouvernance, conformité, contrôle interne, fonction juridique, système d’information et innovation, retail, coverage, trade finance…Toutes ces fonctions sont déployées pour soutenir et faciliter la gestion de ses clients transversaux dans les 8 pays de l’Uemoa ainsi que la Guinée Conakry. A ses côtés figure Atlantic Microfinance for Africa (Amifa), la holding qui porte les filiales de microfinance du groupe dans la zone. Elle est déjà opérationnelle en Côte d’Ivoire, Mali, République de Guinée. Une demande d’agrément est en train d’être introduite pour une nouvelle filiale Amifa au Rwanda.

Contribution de la banque
de l’international dans les agrégats du groupe en 2017

  • L’international contribue à hauteur de 18% dans le PNB du groupe, contre 14% à fin 2016
  • Contribution d’environ 15% au résultat net, avec plus de 43% de croissance en 2017
  • Contribution de près de 15% au total bilan, avec 18% de croissance des encours de dépôts, 25% de croissance des encours de crédits
  • + 23% de croissance de la marge d’intérêt en 2017
  • - 21% de baisse du coût du risque
  • + 3 points d’amélioration du coefficient d’exploitation

De notre envoyé spécial à Abidjan, Modeste KOUAME

 

 

 

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