Economie

Petits fruits rouges: L’imbattable moteur à l’export

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5226 Le 09/03/2018 | Partager
3 milliards de DH de chiffre d’affaires dont 90% sur les marchés extérieurs
La valorisation touche toute la chaîne de valeur
Le périmètre du Loukkos concentre les 4/5e de la production
petits_fruits_rouge_026.jpg

L’essentiel des  objectifs fixés par le  contrat-programme 2014-2020 ont été atteints. Pour les cultures d’introduction récente, la dynamique est sur une bonne trajectoire

Des petits fruits qui rapportent gros. La filière des fruits rouges se révèle hautement rentable dès lors que les conditions favorables sont réunies. Et c’est le cas dans le périmètre du Loukkos. La zone concentre en effet, les 4/5e de la production nationale de la fraise, la framboise et la myrtille. Des cultures qui affichent une croissance à la fois rapide et soutenue sur la dernière décennie.

Elles génèrent aujourd’hui un chiffre d’affaires avoisinant les 3 milliards de DH et assurent plus de 6 millions de journées de travail durant 9 mois au niveau des exploitations agricoles et des stations de conditionnement. Et l’essentiel de la production est destiné à l’export. La zone du Loukkos compte une vingtaine d’unités de conditionnement et de surgélation installées pour la majorité par des investisseurs délocalisés.

Le périmètre du Loukkos dispose en effet de plusieurs atouts qui expliquent la dynamique. D’abord, la ressource hydrique ne fait pas défaut.  La proximité des marchés européens a ensuite favorisé l’installation de producteurs et exportateurs européens,  notamment espagnols. Le tout, stimulé également par les incitations à l’investissement  contenues dans la stratégie agricole.

Au niveau de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, la filière des petits fruits rouges génère 23% de l’emploi agricole. Quant à l’export, elle fait preuve d’un dynamisme sans commune mesure avec les autres cultures. Le volume exporté  représente 65% de la production totale des fraises, 90% des framboises et 95% des myrtilles.

De plus, ses marchés sont beaucoup plus diversifiés par rapport aux agrumes et primeurs. «Pas moins de 30 débouchés sont destinataires», précise la Direction régionale de l’agriculture.  Ces marchés se répartissent entre l’Union européenne,  les pays du Golfe, l’Australie et l’Amérique latine.  

Par culture, le fraisier prédomine. C’est la première culture introduite dans le périmètre  avec l’aménagement des secteurs irrigués de Drader, rive droite en 1978 et R’mel en 1980. Elle couvre actuellement  une superficie de 2.400 ha avec une production de plus de 10.800 tonnes.

Elle réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1 milliard de DH, 90%  à l’export en frais et en surgelé. Le fraisier contribue aussi à la création de 3 millions de journées de travail, soit 25.000 emplois par campagne. 

Avec les incitations du plan Maroc Vert, visant en particulier la diversification de la filière, les cultures des myrtilles et des framboises ont été introduites entre 2005 et 2008 dans le périmètre du Loukkos. Depuis, elles  sont en extension remarquable.

En ce qui concerne les framboises, la superficie a enregistré une forte croissance passant de 30 à plus de 840 ha actuellement. Parallèlement, la production a atteint  9.240 tonnes dont 90% sont exportés. Cette dynamique est le fait tout particulièrement  des grandes exploitations et des investisseurs étrangers et marocains qui disposent de moyens logistiques appropriés. Ceci, aussi bien au niveau de la production agricole que de la valorisation et de l’export.

Le myrtillier a démarré en 2008 avec 150 ha et occupe actuellement une superficie  de 1.400 ha, soit 30% des cultures de fruits rouges dans le périmètre du Loukkos. Malgré un coût d’investissement relativement élevé, la myrtille est un marché fructueux avec un prix de vente moyen de 70 DH/kg.

La quasi-totalité de la production est destinée à l’export vers l’Europe et l’Amérique du Nord. La part  d’exportation de cette culture est de 95%.  La myrtille est exigeante en eau: 15 à 20 m3/ha/jour et des pics pouvant aller jusqu’à 80 m3/ha/jour en été. Le dernier de la gamme de la filière est le mûrier dont l’introduction dans le périmètre remonte à l’année 2017. Il est actuellement mené sur 16 ha.

Organisation

La filière des petits fruits rouges vient de se doter récemment de sa Fédération interprofessionnelle. Celle-ci regroupe deux collèges d’opérateurs composés des associations professionnelles existant.
Le collège production  agricole: L’Association marocaine des producteurs des fruits rouges (AMPFR) et le collège valorisation constitué de l’Association marocaine des conditionneurs et exportateurs des fruits rouges (AMCEFR).

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc