Economie

Campagne agricole: Les clignotants au vert

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5213 Le 20/02/2018 | Partager
L’espoir reste toujours fondé sur les conditions climatiques
4,6 millions d’hectares semés dont 10% en irrigué
Les programmes des cultures sucrières sur la bonne voie
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Malgré l’amélioration de la moyenne de production, les importations des céréales sont restées sur un trend haussier sur les 5 dernières années. En moyenne, le pays importe pour l’équivalent de 8 milliards de DH par an

Les indicateurs de la campagne agricole s’améliorent. Les dernières pluies, à la fois intenses et généralisées, ayant en effet produit un impact positif sur les cultures et le couvert végétal. Avec les importantes chutes de neige, le déficit pluviométrique est en passe de se résorber dans plusieurs régions.

Pour le moment, la situation des retenues des barrages reste encore en retrait par rapport à la même période de la campagne précédente mais elle est promise à l’amélioration, vu l’ampleur des chutes de neige. Au lundi 19 février, le taux de remplissage des barrages s’établissait à près de 41% contre 55,5% à la même date de 2017. Selon le ministère de l’Agriculture, «les images satellitaires montrent un bon état végétatif des cultures qui évolue favorablement».

Ceci est valable pour les cultures d’automne et l’arboriculture fruitière. Le couvert végétal des parcours affiche également bon niveau, relève la même source. Il en est de même pour ce qui est du développement de la biomasse végétale  qui s’inscrit sur une trajectoire prometteuse. Ce qui laisse présager une production fourragère satisfaisante pour la couverture des besoins du cheptel national dont la part dans la production intérieure brute agricole s’élève à 30%.

Bien que les pluies aient accusé beaucoup de retard, les agriculteurs n’ont pas lésiné sur les efforts. D’après les chiffres du ministère de l’Agriculture, pas moins de 4,9 millions d’hectares ont été travaillés. Et les semailles ont porté sur 4,6 millions d’hectares dont 10% dans les périmètres irrigués. Par culture, les céréales s’accaparent, comme d’habitude, l’essentiel des superficies, soit 88%. Le reste est réparti entre les fourrages (8%) et les légumineuses (4%).    

En ce qui concerne les cultures sucrières, les programmes arrêtés sont proches des prévisions, avec à la clé 95% des semis en mono-germes. Sur les 48.300 ha, la zone des Doukkala se taille 35% du programme. Elle est suivie par le Tadla (28%) alors que le Loukkos et la Moulouya se partage le reste.

Par ailleurs, les cultures en place ont pu bénéficier de la combinaison des pluies avec le phénomène du froid qui les met en situation de faible demande en eau   et favorise le développement des racines. Ces conditions sont également très bénéfiques pour les cultures arboricoles et particulièrement les rosacées.

Pour le moment, les agriculteurs sont appelés à assurer l’entretien des cultures en place à travers le désherbage, l’épandage des engrais notamment azotés et la préparation pour l’installation des cultures de printemps (tournesol, pois chiche, maïs,…).

Du côté de la tutelle, on rassure que le dispositif de veille phytosanitaire et le programme de sensibilisation des agriculteurs sur l’importance des traitements phytosanitaires contre ces maladies seront renforcés. Car les conditions climatiques actuelles favorisent le développement de certaines maladies spécifiques aux céréales.

Ecrasements: 50% import, 50% blé local

La transformation des céréales est assurée par 164 minoteries industrielles. Elles totalisent une capacité d’écrasement de 11 millions de tonnes dont 87%  dédiées au blé tendre. Le reste est réparti entre le blé dur (10%) et l’orge (3%). Ces unités sont localisées dans les régions de Casablanca-Settat et Fès-Meknès. Une telle concentration limite en partie la capacité d’utilisation qui avoisine 54%.   
 Sur les quinze dernières années, les moulins industriels ont écrasé, en moyenne, près de 38,7 millions de quintaux de blé tendre et 8 millions de quintaux de blé dur. La part du blé tendre local a représenté 42% du volume de la même céréale. Le reste provient des importations. Depuis les années 2000, la structure de l’origine des blés écrasés n’a pratiquement pas changé: moitié import, moitié production locale.

Repères

Céréaliculture: Forte sensibilité sociale… et politique

  • Culture prédominante pour la quasi-totalité des exploitations agricoles
  • Interdépendances avec les filières animales, vu l’importance des céréales destinées à l'aliment du bétail (orge et sous-produits)
  • Importance primordiale dans la consommation des Marocains: 250 kg/habitant et par an
  • Autoconsommation importante: 30% des volumes produits
  • Un poids économique majeur
  • 75% de la superficie agricole utile (y compris les fourrages)
  • 10 à 20% du PIB agricole en fonction de la pluviométrie
  • Impact majeur sur la balance commerciale: 8 milliards de DH en moyenne, soit 70% des importations  agricoles

 

 

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